NETTALI.COM - Devant des milliers de militants réunis à la Dakar Arena à l'occasion du premier congrès ordinaire de Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko a livré un discours mêlant reconnaissance, clarification politique et démonstration de force. Élu à l'unanimité à la présidence du parti, le leader des Patriotes a profité de cette tribune pour réaffirmer son attachement à la base militante, revenir sur les turbulences récentes traversées par son mouvement et défendre le bilan des réformes engagées depuis l'accession au pouvoir.

Dès l'entame de son intervention, Ousmane Sonko a tenu à adresser un message de fidélité aux militants qui l'accompagnent depuis les débuts de l'aventure Pastef. « Je ne trahirai jamais les militants que vous êtes », a-t-il déclaré sous les applaudissements des congressistes. Le président de Pastef a reconnu que son parti regorge de cadres compétents, de profils qualifiés et d'hommes et de femmes disposant de solides parcours professionnels et politiques. Toutefois, il a souligné que les militants lui avaient accordé leur confiance pour porter le projet collectif. « Beaucoup d'entre vous ont un meilleur parcours, de meilleures idées et de meilleurs profils. Mais vous avez choisi de me faire confiance. Je suis donc votre serviteur », a-t-il affirmé. Une manière de rappeler que son leadership repose, selon lui, sur un mandat militant et non sur une quelconque logique de domination personnelle.

Au cours de son discours, Ousmane Sonko est revenu sur les valeurs qu'il considère comme les fondements de son engagement public. « Ma dignité, ma religion, mon éducation et mes valeurs ne connaissent pas la trahison », a-t-il lancé. Le leader de Pastef a présenté son parcours politique comme l'aboutissement d'un engagement de longue date au service de ses convictions et du projet qu'il porte avec ses partisans. Dans un contexte marqué par des tensions politiques et des accusations réciproques entre anciens alliés, cette référence à la loyauté apparaît comme l'un des messages centraux de son intervention.

Sans citer de noms, Ousmane Sonko a également dénoncé certaines attitudes qu'il observe dans l'exercice du pouvoir. Selon lui, certaines personnes, une fois investies de responsabilités publiques, finissent par se considérer comme le centre de toutes les décisions. « Il existe des personnes qui, une fois élues, regardent les autres de travers et se croient au centre de tout. Ce n'est pas mon cas », a-t-il soutenu. À travers cette déclaration, le président de Pastef semble vouloir se démarquer d'une conception personnalisée du pouvoir et réaffirmer son attachement à une démarche collective.

Le leader des Patriotes est également revenu sur les dissensions qui ont secoué son camp ces derniers mois. Il affirme avoir alerté très tôt sur l'existence de divergences susceptibles de fragiliser l'organisation. « Quand j'ai commencé à souligner certaines divergences au sein du parti, on disait que j'étais pressé. Pourtant, j'avais parlé d'un avant, d'un pendant et d'un après novembre-décembre », a-t-il rappelé. Pour Sonko, les événements récents ont finalement confirmé les inquiétudes qu'il exprimait depuis plusieurs mois. Il estime toutefois que cette phase de tensions appartient désormais au passé.

Le président de Pastef considère que le parti a désormais retrouvé sa cohésion et sa lisibilité politique. « Nous sommes sortis de la première phase de clarification », a-t-il déclaré devant les militants. Selon lui, loin d'avoir affaibli le mouvement, les remous internes ont permis de consolider l'organisation. « Pastef est plus que jamais la plus grande force politique du pays. Si nous sommes à 54 % aujourd'hui, nous serons à 75 % demain », a-t-il lancé, affichant sa confiance dans l'avenir du parti. Cette projection traduit l'ambition de Pastef de renforcer encore davantage son ancrage politique et électoral dans les prochaines années.

Ousmane Sonko a également consacré une partie importante de son intervention à la défense des réformes engagées lorsqu'il dirigeait le gouvernement. Il a notamment revendiqué le leadership des actions menées dans plusieurs domaines stratégiques. Parmi les réalisations citées figurent la lutte contre la corruption, les efforts de reddition des comptes, les renégociations de contrats stratégiques ainsi que les initiatives visant à récupérer des ressources publiques considérées comme indûment perdues. « Pendant mes mois au gouvernement, la bataille contre la corruption, pour la justice, pour la renégociation de nos contrats et la récupération de nos avoirs se faisait à la Primature », a-t-il affirmé.

À travers cette déclaration, l'ancien Premier ministre entend rappeler le rôle central qu'il estime avoir joué dans la mise en œuvre du projet politique porté par Pastef depuis l'alternance.

Au terme de ce congrès, Ousmane Sonko ressort conforté dans son leadership par une investiture unanime des délégués.

Son discours marque également l'ouverture d'une nouvelle séquence politique pour Pastef, entre consolidation de l'appareil partisan, clarification des lignes internes et préparation des prochaines échéances.

Le message adressé aux militants est clair : malgré les tensions traversées ces derniers mois, le parti entend préserver son unité, poursuivre ses réformes et renforcer son influence dans le paysage politique sénégalais.