NETTALI.COM - Le nouveau ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a officiellement pris fonction, marquant ainsi son retour aux responsabilités gouvernementales dans un contexte où les questions de sécurité, de cohésion sociale et de gouvernance publique occupent une place centrale dans le débat national.
Lors de la cérémonie de passation de service, le nouveau ministre a tenu à remercier le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, ainsi que le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, pour la confiance placée en lui. Mais au-delà des formules protocolaires, Mouhamadou Makhtar Cissé a surtout esquissé les grandes lignes de ce qui constituera sa doctrine d’action à la tête de l’un des départements les plus stratégiques de l’État.
Dès ses premiers mots, le nouveau ministre a souhaité rassurer les citoyens sur l’orientation qu’il entend donner à son action. Selon lui, la mission fondamentale du ministère demeure la protection des personnes et des biens, la préservation de l’ordre public ainsi que le renforcement de la paix sociale sur l’ensemble du territoire national.
Toutefois, il a insisté sur un principe qu’il considère comme non négociable : le respect des libertés publiques et de l’État de droit. « Il s’agira de garantir la sécurité des personnes et des biens, de consolider la paix sociale et ce dans le strict respect des libertés publiques », a-t-il affirmé. Cette déclaration intervient dans un contexte où les rapports entre les forces de sécurité et certains segments de la population ont suscité de nombreux débats ces dernières années.
Le passage le plus remarqué de son intervention concerne sans doute sa vision de l’autorité et de l’action des forces de défense et de sécurité. Face aux critiques et aux controverses qui ont parfois entouré certaines opérations de maintien de l’ordre, Mouhamadou Makhtar Cissé a tenu à poser une ligne de conduite claire. « Je ne demanderais jamais, jamais, jamais aux forces de défense et de sécurité ce que la loi ne leur permet pas. Je ne tolérerais pas non plus que l’autorité de l’État soit détournée au service d’intérêts particuliers » , a-t-il déclaré. Par cette formule, le ministre entend affirmer son attachement à une gestion de la sécurité fondée sur la légalité, la responsabilité et le respect des textes qui encadrent l’action des forces publiques. Cette position vise également à renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions chargées de leur protection.
Au-delà des questions sécuritaires, Mouhamadou Makhtar Cissé a plaidé pour une transformation des relations entre l’administration territoriale et les populations. Le nouveau ministre souhaite construire une administration davantage tournée vers les citoyens, capable d’être présente et accessible sur l’ensemble du territoire national. Selon lui, les services relevant du ministère de l’Intérieur doivent être « proches », « à l’écoute » et capables de répondre efficacement aux préoccupations des populations. Cette approche repose notamment sur le renforcement de la déconcentration administrative et sur une meilleure présence des services publics dans les différentes régions du pays.
Longtemps perçu comme un ministère essentiellement centré sur le maintien de l’ordre et la gestion des questions sécuritaires, le département de l’Intérieur pourrait ainsi connaître une évolution dans son mode de fonctionnement. À travers son discours, Mouhamadou Makhtar Cissé semble vouloir promouvoir une administration davantage orientée vers le dialogue, la prévention des conflits et l’accompagnement des citoyens. L’objectif affiché est de rapprocher l’État des populations tout en préservant son autorité républicaine.
Le nouveau ministre hérite d’un portefeuille particulièrement stratégique dans une période marquée par de nombreux défis : sécurité intérieure, gestion des manifestations publiques, cohésion sociale, administration territoriale, prévention des risques sécuritaires et modernisation des services de l’État.
À travers cette première déclaration, Mouhamadou Makhtar Cissé donne ainsi le ton d’un mandat qu’il souhaite placer sous le signe de l’autorité républicaine, de la proximité avec les citoyens et du respect des principes de l’État de droit.





