NETTALI.COM – Un médecin qui se donne la mort après avoir tué ses trois enfants. Une jeune femme, accusée d’avoir tué son nouveau-né, en appuyant son pied sur une brique déposée sur le ventre de l’enfant. Un roman primé du Goncourt et dont les critiques ont viré au débat sur une supposée apologie de l’homosexualité. Voici des sujets globalement traités par une certaine presse, avec beaucoup de spéculations, d’approximations, d’incompétence et de déficit de professionnalisme. Voilà en somme l’ambiance qui a rythmé le quotidien médiatique des sénégalais, ces derniers jours, avec une dose de politique politicienne, sur fond de contestations.

Un drame familial qu’on ne voit pas tous les jours au Sénégal, eh bien, il a mis en émoi tout un pays cette semaine et installé une grande tristesse et désolation. C’est surtout la violence de l’acte et l’incompréhension qui en résulte qui rendent l’affaire tragique. L’on imagine aussi la détresse des familles du père décédé et celle de la mère des enfants. Entre surprise, questionnements ininterrompus sans réponse et colère. « Il ne faut pas qu’il ait une descendance de ce mariage sans amour. Trouve-toi un mari qui t’aimera ; peut-être et vous ferez d’autres enfants. Tu m’as dit avoir réfléchi à tous les cas de figure, mais tu ne t’attendais pas à une telle éventualité. Visiblement, il y a un qui t’a échappé ». Voilà comment le docteur Paye a conclu sa lettre d’adieu.

Un drame survenu, dimanche 7 novembre, dans une clinique dentaire à Sacré-Coeur. Une source très proche de la famille, citée par le journal Enquête, situait le docteur à Mbour avec sa petite famille, lorsqu’il a été interpellé, suite à un post sur Facebook, racontant le calvaire qu’il a vécu avec son ex-femme. Il ne supportait pas d’être privé de ses enfants. Dans ledit post, il disait que son ex-femme voulait refaire sa vie, en prenant ses responsabilités. Lui aussi a pris les siennes. Mais personne ne savait qu’il voulait se donner la mort. Même si, d’après ses collègues, il faisait une dépression, depuis le départ de sa femme.

Le très tragique événement est commenté et a donné lieu à toutes sortes de fantasmes, de commentaires et d’explications. Si d’aucuns parlent de crime passionnel voire de dépit amoureux, d’autres évoquent une vengeance froide, sans toutefois savoir de quoi cette affaire retourne. Certains sont tout simplement dans le jugement, et ce qu’il y a de plus simpliste : « une femme n’en vaut pas la peine ». D’autres y sont allés de leurs réquisitoires sur une éventuelle dépression. Bref, ils n’en savent au fond rien. Mais qui pour les empêcher de parler ou de s’émouvoir ? Ce sont des Sénégalais, bon sang !

Des émissions de matinales que l’on peut classer sur une tendance faits divers qui visent une cible populaire, n’ont pas été absentes de l’évènement. Bien au contraire, elles ont pour beaucoup abordé l’affaire sous l’angle du sensationnel et n’auront pas en réalité apporté grand-chose, si ce ne sont que commentaires approximatifs, inappropriés augmentant à l’émotion déjà bien vive. De la spéculation pour beaucoup, dénuée d’intérêt et qui n’a contribué qu’à davantage embrouiller les esprits. Elles ont finalement servi d’exutoire pour ces nombreux indignés.

Et pourtant, c’est le rôle des médias que d’aller au-delà des apparences et de la surface des choses, en éclairant l’opinion, mais avec précaution pour des sujets aussi sensibles. Et certains d’entre eux sont sortis de leur rôle en allant au-delà de ce qui est permis. D’où ce recadrage du Conseil pour l’Observation des Règles d’Ethique et de Déontologie dans les médias (CORED) qui a «constaté que des organes de presse ont montré ou publié les photos des trois enfants tués par leur père qui s’est suicidé par la suite, sans les précautions requises en la matière. » Le conseil a aussi relevé que certains « ont publié in extenso la lettre contenant des détails sensibles, laissée par le père». Des images qui « auraient dû être floutées ». Ce d’autant que leur publication,  «est une atteinte grave à la dignité et aux droits de ces enfants et des familles des victimes de cette tragédie. » Le CORED ne s’est pas arrêté là puisqu’il a fait savoir que «le traitement des faits quand ils sont tragiques ou touchent de surcroît des mineurs, requiert une autre approche qui intègre le respect de la dignité des victimes mais aussi de la douleur des familles ».

A la suite du Cored, c’est la Commission de protection des données personnelles (Cdp) du Sénégal qui a, elle, informé avoir «reçu une plainte relative à la diffusion sur les sites d’information en ligne et sur les réseaux sociaux des photos de la plaignante N.A.D, l’ex-femme du père, à la suite de l’assassinat de ses enfants par son mari et la publication d’une lettre jugée diffamatoire».

Mais heureusement que dans cette confusion médiatique, certains journaux ont pris la peine d’interroger des spécialistes, question d’avoir des éclairages sur l’origine d’un acte aussi extrême et pas si courant. Le quotidien “L’Observateur” a par exemple interviewé le professeur Abou Sy, psychiatre criminologue, qui sans entrer dans les détails du drame survenu à Sacré-Cœur, a parlé de ce qui peut pousser un individu à en arriver à un tel stade de désespoir. «Pour ce cas-ci, si l’enquête conclut à un suicide, cela pourrait entrer dans les suicides altruistes où la personne se tue et donne la mort à des proches dans un cadre bien défini. Quand de tels faits se produisent, les gens sont très attristés parce qu’ils se focalisent sur la violence de l’acte. Mais au-delà de l’aspect de jugement, très souvent, quand on fait l’autopsie psychologique, on se rend compte que ce sont des gens qui étaient en souffrance. On se rend compte que ce sont des gens qui étaient en dépression.

Et l’acte qu’ils posent, c’est un acte d’amour par rapport à son fils, à son conjoint ou à une personne qu’il aime et qu’il veut soustraire de la souffrance qu’il a eu à vivre. Cela peut expliquer quelques fois qu’un individu, dans un cadre bien déterminé, donne la mort à un proche et se tue par la suite. Ce n’est pas forcément un acte barbare et de méchanceté. A contrario, il peut s’agir d’un acte d’amour envers la personne qui est tuée pour lui éviter une souffrance. Je donne l’exemple d’un père de famille qui pense que la vie n’est que souffrance et qui décide de se donner la mort. Il va se poser énormément de questions sur l’avenir de son enfant qu’il va laisser derrière lui : ‘’Qui va s’occuper de lui, si je meurs ? Comment il va vivre dans ce monde qui m’a donné tant de souffrance ? Qui va s’occuper de lui ?’’ La personne va préférer tuer son enfant pour le soustraire de la souffrance. On doit mettre l’accent sur la souffrance de la personne qui décide de se suicider. », a expliqué le professeur.

Des explications d’expert qui, sans être catégoriques, pourront au moins avoir le mérite de réduire les commentaires hasardeux et de fournir des hypothèses d’explications à l’opinion.

Mais une question qui mérite toutefois d’être posée, est de savoir si notre société ne serait pas devenue violente avec cette histoire antérieure du bébé mort et qui serait écrasé par sa mère. Difficile d’arriver à cette conclusion en ne citant que quelques cas. Les infanticides sont un phénomène bien connu dans notre société, mais pas avec cette forme d’atrocité. La jeune dame qui était jugée pour cet homicide, est en effet accusée d’avoir tué son nouveau-né, en appuyant son pied sur une brique qu’elle avait déposé sur le ventre de l’enfant. La jeune dame, a-t-on appris, est une domestique qui a mis au monde son enfant le 14 mars à 4 h, chez ses employeurs où elle dormait. Et c’est pour se débarrasser du nouveau-né, afin d’éviter la honte qu’elle aurait agi ainsi. L’affaire est mise en délibéré, le 22 novembre prochain.

Ces drames sont loin d’être les seuls sujets traités sous l’angle sensationnel. Et les journaux affectionnent ce genre d’infos rangées dans la rubrique faits-divers. Certains sites d’informations en ligne qui y sont allés sans précaution, méritent quand même qu’on les recadre lorsqu’ils ne prennent pas la peine de flouter les visages des enfants mineurs, ou encore lorsqu’ils se lancent dans des détails sordides voire traiter certains aspects de la vie privée pouvant nuire à la réputation des personnes ou encore en fournissant des données personnelles.

La cible Mbougar Sarr !

Nuire à la réputation de Mbougar Sarr, voilà ce qui semble désormais être la mission que certains chroniqueurs se sont assignés, en interprétant à leur manière ses écrits. Le roman a soulevé a en tout cas soulevé occasionné beaucoup d’interprétations. Entre discours profanes, gratuits et fabulations. Mais heureusement qu’il y a eu des faits qui ont été rétablis dans cette brume hélas bien épaisse. Et s’il y a des personnages qui ont vraiment besoin d’être recadrés, ce sont bien ces chroniqueurs, journalistes ou encore animateurs sans background digne de ce nom et sans culture littéraire significative qui peuplent désormais nos émissions télévisuelles et radiophoniques.

A l’émission « Penco » de ce vendredi sur Walf TV, Pape Matar Diallo, chroniqueur présenté partout comme écrivain, évoquait le fameux ouvrage de Mbougar. Il partait certes d’une belle intention, mais il aura malheureusement produit la preuve d’une grande ignorance du sujet, ne sachant même pas ce qu’est le Goncourt. En effet, lorsqu’on parle d’un livre, le minimum est de l’avoir lu, de connaître des détails liés à ce livre, à savoir, ne serait-ce que sa date de publication, la maison d’édition, le nombre de pages, etc. Mais sauf que dans le cas du chroniqueur, il ignorait même jusqu’à la date de publication des deux livres sur lesquels, il y a une confusion terrible entre celui qui ferait l’apologie de l’homosexualité ou encore participerait au « dénigrement du peuple noir ».

« La fierté que l’on doit cultiver doit être la fierté nationale. Je pense que le talent d’un sénégalais n’a pas besoin d’être reconnu ailleurs d’abord pour être reconnu au Sénégal. Ce livre qui est sorti depuis 2018, on est en 2021 et on se dirige vers 2022. Je ne vais pas le lire en 2022. Si je devais le lire, je l’aurais fait depuis sa sortie si le livre m’intéressait. Je ne vais pas le lire uniquement parce que tout le monde en parle. C’est ce qui ramène la phrase selon laquelle, l’émotion est nègre (…) », avait déclaré le chroniqueur. Et même sur l’expression « l’émotion est nègre », il y a un problème de compréhension du sens. Mais bon passons.

Heureusement qu’El Hadji Kassé, conseiller du président et de formation de philosophe,  était sur le plateau pour rappeler à Pape Matar que l’ouvrage en question vient de paraître et qu’en 2018, Mbougar a publié « De Purs Hommes ». Répétant encore une fois de plus que : « La plus secrète mémoire des hommes » vient de paraitre (…). Et c’est pour cela que c’est le Goncourt 2021 et a lieu chaque année. » Mais le comble a été lorsque ce dernier a remercié El Hadji pour la précision, tout en ajoutant : « donc le livre n’est pas sorti hier en tout cas ». Comme pour s’obstiner à asseoir son raisonnement.

Sur un autre plateau d’une émission matinale sur la Sen TV, « Subateel », là aussi même constat. Le titre du roman était méconnu. Et c’est Pape Assane Seck, comme dans une sorte de colle, qui demande de lui rappeler le nom du livre. Et une des jeunes femmes de répondre qu’elle n’a retenu que le mot « mémoire ». Avant qu’une autre ne rétorque : « Moi quand j’ai entendu parler d’homosexualité, j’ai su que les avis vont diverger. Les uns parleront comme ceci, les autres d’une autre manière. Certains disent que c’est juste un bref passage, qu’il n’a pas fait l’apologie de l’homosexualité. » Et visiblement, il était bien difficile de croire que Pape Assane connaissait le titre du roman, puisqu’il a été obligé de consulter son téléphone pour enfin prononcer, non sans hésitation, le titre. Il ne manquera d’ajouter : « Avant de venir ici, nous avions déjà pris connaissance du contenu, mais pour que des échanges soient intéressants et fructueux, il faut y mettre un peu de suspense ».

Difficile en effet de savoir ce qu’on aurait pu attendre d’une telle émission car presque personne dans l’assistance ne semblait connaître le sujet. Il fallait, de ce qu’on a pu constater, juste rajouter à la confusion et faire une émission bruyante comme dans une cour de récré, avec des piaillements et jacassements à tout va. Mon Dieu, ils auraient mieux fait d’occulter ce sujet et aborder des questions plus à leur portée. Mais, la vérité est qu’ils allaient mourir, s’ils ne parlaient pas de ce sujet qui fait à priori le buzz.

Que penser des écrits que Dame Mbodji, sur la même chaîne, Sen TV, a fait endosser à Mbougar Sarr  : «  Dès qu’on entre dans ce livre, chacun peut se rendre compte qu’il se moque des africains et des sénégalais. Si on prend un passage dans la partie nommée journal estival, il y dit que la barbarie des africains n’est pas qu’imaginaire, ce qui veut dire que leur étroitesse d’esprit n’est pas uniquement imaginaire, mais quelque chose de réel. Dans un autre passage, il dit que la colonisation doit continuer et la christianisation de ces âmes damnées se poursuivre. Toutes ces pages sans grâce montrent que la civilisation n’a pas encore pénétré les veines de ces négrillons (négrillon signifie un enfant à la peau noire) ».  On croit en réalité rêver. Soit Dame Mbodji  a lu sans savoir lire ;  ou alors il fait exprès d’attribuer ces écrits à Mbougar, pour on ne sait d’ailleurs quel dessein ! Dans ce passage aux pages 85-86 de la version numérique, c’est un personnage du livre, un journaliste du Figaro raciste qui apostrophe ainsi le personnage central du livre l’écrivain TC ELIMAN. Mais il ne s’est nullement agi de propos de Mbougar, comme le fait croire le syndicaliste. Ce qui a d’ailleurs poussé un internaute à qualifier Dame Mbodji d’ «expert de tout en rien», en réaction à cette vidéo.

Ce dernier est pourtant enseignant et syndicaliste. Il a par conséquent un vaste chantier pour lequel, il pourrait faire des plaidoyers, vu le niveau de délabrement du secteur. De quoi l’occuper fortement au lieu de chercher à embrasser tous les sujets possibles et imaginables. Que l’on sache, la critique doit avoir sa part d’actif et de passif. Pour ce qui est de ce roman, ce sont les angles jugés les plus négatifs par ses détracteurs qui ont été mis en avant. Qu’ont-ils fait de ce qui pouvait être vu comme pertinent ? Du style ? Ils les ont volontairement ignorés ! Tout simplement.

Quoi que l’on fasse, quoi qu’on en pense, le génie de Mbougar a été récompensé. N’en déplaise à ses détracteurs. Dans ce roman, le lecteur ne se perd jamais. Il savoure un style succulent, une langue élégante d’une grande fluidité et des mots tellement bien agencés et mis en musique, qu’il est entraîné par le rythme et pénètre dans l’histoire au point d’en devenir un acteur. Un fait loin d’être courant. Il est construit sur des récits dans des récits, s’appuyant sur divers formats de narration. Une œuvre de création si appréciable et presque parfaitement bien écrite que la critique française a salué un écrivain original, travailleur et perfectionniste. « La plus secrète mémoire des hommes » démontre ainsi tout le talent et la puissance de l’œuvre de Mouhamed Mbougar Sarr, malgré les critiques sur ses terres sénégalaises qui ne peuvent toutefois manquer.

L’auteur a ainsi préféré ne pas se lancer dans la polémique et encore moins l’entretenir. « C’est vrai que pour ma part, je ne sais même pas si j’ai quelque chose à dire à ce propos (ndlr- référence aux critiques). Je suis écrivain et je tente simplement de faire mon travail comme écrivain. Et cela peut parfois évidemment entraîner des malentendus, des incompréhensions ou des réactions qui sont vives, suite à des choses que j’aurais pu écrire. Mais moi, je demande simplement toujours qu’on lise ce qui est écrit, qu’on sache lire aussi. Savoir lire, c’est aussi quelque chose qui s’apprend. Je respecte toutes opinions tant qu’elles s’expriment dans le respect et la liberté qui est la mienne d’écrire et aussi celle aussi que les autres ont de faire leurs critiques, tant que la critique fait l’effort d’être le plus juste possible », a simplement commenté celui-ci.

Le Goncourt est attribué à Mbougar, et difficile de faire machine arrière. Avec l’actualité de ce prix et toute cette polémique créée autour du roman et entretenue pour la plupart par un grand public non averti, ce qui est curieux, c’est de voir que bon nombre de médias n’aient pas cru bon d’inviter des professeurs de littérature de niveau supérieur, des écrivains reconnus ou encore des critiques littéraires, de manière à éclairer une opinion manipulée ou qui ne sait plus quoi croire et quoi ne pas croire. Ce qui est surtout déplorable à voir et à lire, c’est l’indigence du niveau de ceux qui menaient certaines émissions ou de ceux qu’ils avaient invités. A la vérité, ce livre n’est pas destiné à monsieur tout le monde. Savoir lire ce genre d’ouvrages, nécessite tout de même quelques compétences, un capital culturel, un certain background, une certaine culture littéraire et surtout un bon niveau d’études.  

La question de l’homosexualité est vieille comme le monde et soulève forcément les passions dans ce pays de croyants qu’est le Sénégal. Que d’aucuns veuillent brandir ce tweet de Cécile Coudriou, la présidente d’Amnesty qui a écrit : « Et qui sait, il fera peut-être aussi avancer la cause LGBT au Sénégal » pour accréditer l’idée que Mbougar promeut la cause des homosexuels, se trompent. Ceux qui militent en faveur de cette cause, ont cette fameuse tendance à s’engouffrer dans toutes les brèches possibles et imaginables. On se rappelle d’Obama face à Macky Sall ou encore du canadien Justin Trudeau qui avait soulevé la question.

Face à cet environnement mondialisé, le seul combat qui vaille pour tous ces Sénégalais opposés à l’homosexualité et qui pourrait être efficace, est celui du renforcement de l’éducation, des méthodes et de la pédagogie qui l’accompagnent. Il consiste surtout et surtout à donner les clefs de la compréhension et de l’identification des subtilités et artifices utilisés pour contrer ces tentatives et assauts pour faire accepter l’homosexualité. Les telenovelas et les dessins animés, sans oublier certaines tribunes politiques, sont bien plus pernicieux qu’on ne le pense. Les idées favorables à l’homosexualité sont subtilement introduites dans ces émissions pour enfants ou dans ces films où l’on met en scène des hommes et femmes de même sexe qui s’embrassent ou font l’amour. Des canaux en vue de la banaliser bien plus toxiques et plus dangereux qu’ils ne paraissent.

Pour l’heure, nous devons célébrer ce livre qui consacre le rayonnement de l’excellence sénégalaise après Souleymane Bachir Diagne, Félwine Sarr, Boubacar Boris Diop, etc qui ont posé leurs pierres à l’édifice et nous évertuer à critiquer à chaque fois que nécessaire. Mais des critiques avec les bonnes armes fondées sur le savoir, la compétence, la culture générale, la raison et non cette mauvaise foi qui caractérise ces objecteurs de conscience d’un nouveau genre, sans background, ni savoir reconnu et encore moins en possession d’une expertise.

Le Sénégal est décidément un pays où les gens se croient capables d’avoir une opinion sur tout.  Ce qui caractérise bon nombre de personnes, c’est surtout l’esprit de critique. Amusez-vous à interroger ces nombreux internautes sur leurs connaissances des courants littéraires existants, il sera bien hélas difficile d’en tirer quelque chose ! Et dans cet ouvrage, l’approche littéraire, permet évidemment de mieux comprendre ce qui est écrit et ce qui est à comprendre. C’est cela savoir lire et savoir comprendre.