NETTALI.COM – Difficile au Sénégal, de s’accorder sur les questions de football. Sur beaucoup d’autres choses d’ailleurs ! Les deux matches Sénégal-Congo et Sénégal-Eswatini ont été les facteurs déclencheurs d’une polémique sans précédent sur le cas Aliou Cissé. Si certains souhaitent qu’il soit purement et simplement limogé, doutant de ses capacités à conduire l’équipe à l’efficacité et à l’acquisition d’un fond de jeu digne de ce nom, d’autres invitent à la prudence et veulent voir Cissé parachever son travail en équipe nationale. Mais avec toutefois des mais…

Tel un ouragan, la presse en particulier sportive du jeudi 1er avril s’était abattue sur le coach Aliou Cissé, suite à ses deux matchs nuls. Le quotidien sportif « Stades » y était allé de son interrogation : « faut-il compter sur Cissé pour gagner la Can ? » avec les commentaires suivants : « Lions sans identité de jeu en 6 ans – joueurs de classe mondiale mal utilisés en sélection – Une équipe avec autant de talents… – Il urge pour la fédération de reprendre en main la situation – Laisser Cissé continuer jusqu’en 2022… – Nous n’avons pas une direction technique supérieure hiérarchique d’Aliou Cissé -. Le journal « Record » lui, a préféré se focaliser sur les « statistiques mirobolants et le jeu insipide » soulignant le paradoxe d’une équipe « 1ère en Afrique, meilleures attaque et défense ; 6 matches, 39 joueurs alignés ; Kouyaté, l’épine dorsale », alors que la veille, le 31 mars, il avait titré : « Sénégal-Eswatini – Les Lions frôlent la correctionnelle » ; Relai de la presse quotidienne. Dans “l’As” Sadio Mané est apparu à la une pour asséner ses vérités : « il y a des choses à régler dans cette équipe ». Sud lui parle des « lions qui ont « frôlé l’humiliation » face à Eswatini ; L’Observateur, pour sa part, a fait dans la provocation en usant du jeu de mots : « Cissé, un coach, cent limites ». Sur les plateaux-télé, le débat qui a suivi, a plutôt été défavorable au coach. A tel point que nous ne pouvons ne pas nous demander s’il ne faudrait pas désespérer de Cissé ?

A « Jakarloo » de ce vendredi 2 avril, en tout cas, l’on a eu droit à un débat bien passionné sur le sujet comme le sont d’ailleurs tout le temps les sujets sur l’équipe nationale. Un débat ponctué par des accords mais… et des désaccords sur la conduite de la sélection nationale. Ce sont deux journalistes sportifs qui se sont fait face, sans oublier Baba Tandian, ancien membre de la fédération de foot et de basket, Charles Faye et Papis Diaw, journalistes sportifs également.

Condé, un invité de l’émission a préféré poser des questions sur l’organisation autour de l’équipe plutôt que de tirer des conclusions hâtives sur le cas Aliou Cissé, là où Bouba Ndour s’est focalisé sur l’état du terrain et l’absence de patron dans l’équipe. « Aliou Cissé doit associer tout le monde. Il est l’entraineur mais, est-ce que le directeur technique donne son avis ? Est-ce qu’il en tient compte ? Pourquoi on ne regrouperait pas les anciens joueurs et recueillir leurs idées ? Ou alors consulter des personnalités sportives ? Mais il ne doit pas se dire qu’il fera uniquement ce qu’il pense. L’équipe est bonne. Si c’était un match nul contre l’Egypte, le Cameroun, l’Algérie, on aurait pu dire. Mais une équipe comme l’Eswathini !», s’étonna Condé.

La question de la voie hiérarchique et des capacités techniques de Cissé, semblent poser un grand souci à Bacary Cissé du journal « Record », invité sur le plateau. « Le seul problème de l’équipe nationale du Sénégal, c’est Aliou Cissé et je le dis pour plusieurs raisons. Le fait de ne pas considérer le Directeur Technique National, est un problème même si ce dernier y trouve son compte puisqu’il voyage avec l’équipe et se prélasse. (…) En lisant le rapport, Mayacine Mar disait aux gens :”je suis en train de lire le rapport, mais sachez que je le découvre en même temps que vous”. Voilà pourquoi je vous dis qu’il y a un problème autour du sélectionneur. La FSF a nommé Aliou Cissé pour être un sélectionneur, mais c’est lui qui dirige en vérité. Il fait ce qu’il veut de son équipe et parle quand il veut. De toutes les façons, les résultats sont là. Et, je disais dernièrement que le seul problème de l’équipe nationale, c’est Aliou Cissé. Et, effectivement, c’est lui », dira Bakary Cissé.

« Plus on avance, ajoute le journaliste, plus on découvre que les compétences d’Aliou Cissé sont très limitées. Quand il prenait l’équipe nationale (2015), l’objectif était d’atteindre les quarts de finales de la Coupe d’Afrique (2017). Ce qu’il avait fait (Ndlr : au Gabon). Sur le plan comptable, Aliou Cissé peut être irréprochable. Les journalistes que nous sommes, nous n’avons pas la prétention de dire qui doit être sélectionneur et qui ne doit pas l’être. Notre travail, c’est d’alerter. C’est ce que je fais. Et, je suis prêt à démontrer que c’est lui le problème face à la Namibie, deux joueurs avaient eu à permuter en changeant de postes en cours de match, mais Aliou Cissé avait failli les taper à la pause. Le discours d’Aliou Cissé ne passe plus. Je parle à la télévision et les fédéraux qui me suivent savent bien de quoi je parle. Aliou oublie que son temps de footballeur est révolu et essaie de toujours ravir la vedette à ses joueurs. Son discours est plus centré sur sa personne que sur l’essentiel. »

Baba Tandian, ancien de la Fédération sénégalaise de football et du basket également invité, semble plus nuancé, mais n’en propose pas moins d’étoffer le staff en ces termes : « Un entraineur doit avoir un staff derrière lui. Si vous voyez l’Angola gagner pendant plusieurs années au basket, c’est qu’ils ont pris les anciens joueurs et les ont mis sur le banc. Ils ont 5 ou 6 anciens joueurs qui regardent les failles et durant le temps mort, ils les répercutent à l’entraineur. Si on avait fait cela, je pense qu’on aurait réglé le problème. Mais à lui tout seul, je ne crois pas qu’il puisse gérer l’équipe. Les Sénégalais sont rapides à liquider un entraineur. Les résultats ne sont pas aussi bons qu’ils le veulent, mais qu’ils le laissent poursuivre. Il fait des résultats tant bien que mal. C’est étriqué. Il court derrière cette coupe d’Afrique depuis, mais il n’est pas loin. Couper court comme ça en choisissant un nouvel entraineur ? Le temps que la mayonnaise prenne. C’est être dans un éternel recommencement. »

Amédyne Sy de « Sport 221.com » lui, a un point de vue différent puisqu’il pense que l’entraineur a atteint les objectifs à lui fixés. Il relève : « Aliou Cissé est là depuis 6 ans parce qu’il fait des résultats. On est en éliminatoires de la Can 2022. Il a fait quatre (4) matches d’affilée et obtenu 4 victoires. Il est le 1er qualifié sur le continent africain. On a joué deux (2) matches qui ont créé du bruit. Sur 6 points, on en a eu 2. Je peux comprendre que les gens critiquent. Qu’ils disent que les 2 derniers matchs ne sont pas bons, je peux comprendre. A chaque fois qu’il a des contre-performances, ce sont des matchs sans enjeu. Si l’entraineur est déjà qualifié, c’est lui le technicien, c’est à lui de voir ce qu’il veut de ces 2 matchs. Si j’observe bien, c’est qu’Aliou avait besoin de certains joueurs, il les a trouvés à travers ce match. Donc ça c’est positif. Quand tu décroches 3 bi-nationaux comme Abdou Diallo, ancien capitaine de l’équipe de France Espoirs ; quand tu as Ballo Touré latéral gauche à Monaco. Côté gauche, c’est un peu le maillon faible car ce sont des droitiers qui jouent côté gauche ; et Nampalis Mendy qui joue en milieu de terrain. Donc abondance de bien ne nuit pas. Maintenant, on le critique sur le jeu. Aliou Cissé n’a pas de fond de jeu, c’est ce qu’ils disent. Il faut faire avec ce qu’on a comme effectif. Sur le match contre Eswatini, sur le plan jeu, c’était mieux… Contre le Congo c’était pas ça. (…) Le nouvel entraineur arrive et fait ce qu’on appelle un grand chelem. Toutes les éliminatoires, il n’a pas eu de défaite. A la can, il a fait 2 matches et est sorti de sa poule. En ¼ de finale, le Cameroun l’a éliminé. On est restés 16 ans sans aller à la Coupe du monde et il nous a qualifiés »

Son de cloche plutôt orienté conseils, de l’ancien international Joseph Antoine Bell. Celui-ci s’est voulu prévenant quand il recommande : « Il faudrait que le Sénégal, en tant qu’équipe et en tant que pays, sache que désormais, il sera confronté à ce que le Barça et toutes les équipes reconnues fortes, rencontrent tous les jours : c’est-à dire que les adversaires reconnaissent leurs faiblesses. C’est ce qui avait perdu le Sénégal en 2017 contre le Cameroun. La tactique de Hugo Broos, alors sélectionneur du Cameroun, avait consisté à se dire : “Ils (les joueurs sénégalais) sont plus forts, mais on va les battre, en adoptant une tactique qui pourrait les gêner”. Bell d’ajouter : « la tactique d’une équipe faible contre une équipe forte, c’est de jouer plus bas. Désormais, ce sera le lot du Sénégal, 8 matchs sur 10, notamment en Afrique. Tout comme le Barça, le Sénégal ne peut plus se plaindre face à un bloc bas. Ça demande une préparation technique, tactique et psychologique. Il ne faut pas croire que c’est toujours aux autres de s’adapter. On doit adapter sa réflexion ». Selon Joseph Antoine Bell, le Sénégal ne doit pas faire de son envie de remporter le trophée continental « une fixation ou une obsession, pour ne pas créer une tension qui fera trembler les gens ».

« Dans le passé, ajoute-celui-ci, vous aviez de bons joueurs, sans avoir une bonne équipe sur la durée. Ce qui est vrai en 2002, ne l’est plus en 2013. Aujourd’hui, vous commencez à bâtir quelque chose sur la durée. Le Sénégal a l’avantage d’avoir de bons joueurs qui sont jeunes, ça permet d’avoir du matériel pendant longtemps ». « Vous allez finir par gagner, mais laisser les jouer pour aller gagner, pas avec le devoir de gagner », a-t-il poursuivi en parlant de l’attitude à adopter à l’égard des pensionnaires de l’équipe nationale du Sénégal. « On joue pour gagner, mais attention à ne pas surcharger les joueurs et les dirigeants. La compétition est déjà assez difficile. Vous risquez de vous handicaper tout seuls », a conclu Joseph Antoine Bell.

Concernant la nouvelle configuration tactique adoptée par le sélectionneur sénégalais contre le Congo et l’Eswatini pour le compte des dernières éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2021 décalée à janvier prochain, Joseph Antoine Bell juge qu’il est « fait à Aliou Cissé un procès de riche, parce qu’il n’a pas gagné ses deux derniers matchs. Il ne faut pas non plus laisser croire qu’il y aurait une équipe qui va aligner 20 matchs de haut niveau, sans jamais baisser de rythme. Il faut accepter de faire une photographie et la photo est l’image de l’instant, du moment ».

Il fait remarquer qu’après 4 matchs gagnés et 12 points engrangés, « c’était le moment pour Aliou Cissé de faire jouer d’autres éléments », ajoutant que la critique du match contre le Congo ou l’Eswatini « ne doit pas être celle des six matchs. Ce match raté” contre l’Eswatini étant « à demi sans importance, (il) ne doit pas être analysé comme si c’était le plus important de la série. Quand vous essayez quelque chose, vous sortez de votre confort habituel. Dans ce cas, vous êtes prêts à accepter le résultat de votre expérimentation. Les chercheurs trouvent des vaccins en faisant des choses qui ne marchent pas », fait-il valoir.
Selon Joseph Antoine Bell toujours, Aliou Cissé « pense qu’un jour, il pourrait être amené à jouer dans un système 3-5-2 et a voulu l’essayer sur un match moins important. Et sur deux matches où il était déjà qualifié, il a vu comment son équipe s’est comportée ».

                                                                          Le management d’Aliou Cissé en question

Ainsi va Aliou Cissé. Il semble bien sourd aux interpellations, suggestions, critiques et donne l’impression de n’en faire qu’à sa tête. Se sent-il pas protégé ? Ecrase-t-il ses supérieurs ? C’est vouloir lui plaisir que lui faire croire que tout roule dans son équipe. Son parti pris semble être de toujours vouloir toujours et toujours se barricader. Une posture d’autant plus frileuse qu’elle empêche l’équipe d’être conquérante et efficace face à l’adversaire. Etre coach nécessite aussi d’aller au-delà de simples connaissances tactiques et du diplôme d’entraineur. Il requiert aussi des capacités managériales importantes, de l’expérience mais également de l’ouverture nécessaire qui permet d’être à l’écoute des suggestions et remarques, mais encore et surtout de l’audace.

La question légitime à dès lors se poser, est de se demander comment un entraineur peut être aussi prévisible qu’Aliou Sow ? C’est ce que Bacary Cissé du journal « Record » semble lui reprocher en ces termes : « en conférence de presse d’avant finale, Djamel Belmadi avait fait le classement du Sénégal et avait clairement dit comment le Sénégal allait jouer face à son équipe. Pourtant, la veille de la finale (Ndlr : perdue contre l’Algérie), Aliou Cissé avait dit à ses joueurs qu’ils allaient jouer avec un bloc bas, mais il avait fini par se disputer avec eux. Car, ses hommes lui avaient dit que la solution était d’aller prendre les Algériens très haut pour déjouer leur plan au lieu de les attendre. Et nous avons vu le résultat de la rencontre après. »

Dans cette fameuse inale d’ailleurs, il convient de relever que l’Algérie avait battu le Sénégal sur le score d’un but à zéro en match de poule, avant de réitérer ce (1-0) en finale. Et pourtant, le Sénégal a été dominateur sur l’ensemble du match sans jamais arriver à marquer. Hormis cet arbitrage considéré comme «une escroquerie» sur le plateau de L’Equipe avec ces arrêts de jeu non pris en compte et ce penalty attribué au Sénégal avant d’être annulé, une réflexion sérieuse est à mener sur la compétitivité des Lions. Aliou Cissé ne pouvait pas gagner contre l’Algérie car il s’était vite fixé des limites en criant rapidement à l’atteinte de son objectif qui était de hisser le Sénégal en finale ! Quel manque d’ambition de la part d’un coach que de n’avoir comme objectif, que la qualification en finale, alors que même l’algérien Belmadi avait vu, bien avant la Can, le Sénégal comme un favori ! «Le Sénégal est l’une des équipes les plus accomplies. C’est le favori n° 1…», avait déclaré celui-ci au cours d’une interview avec “Bein Sport”.

Et en interrogeant le parcours de ces deux équipes finalistes, il était bien aisé de se rendre bien compte de la différence de performance. Elles étaient deux finalistes avec deux parcours différents ! Lors de la première journée, le Sénégal bat la Tanzanie (2-0) ; 2ème journée, le Sénégal s’incline devant l’Algérie (0-1) ; 3ème journée, le Sénégal écrase le Kenya 3-0. Au second tour, les Lions sortent l’Ouganda en 8ème de finale (1-0) ; en quart de finale, il domine le Bénin (1-0) ; en demi-finale, le Sénégal élimine la Tunisie (1-0) avant de perdre la finale 1-0 encore devant l’Algérie, sa bête noire de tout temps.
De son côté, l’Algérie, lors de la Première journée, s’impose face au Kenya (2-0) ; lors de la 2ème journée, les Fennecs dominent les «Lions» (1-0) ; 3ème journée, l’Algérie écrase la Tanzanie (3-0). Au second tour, l’Algérie atomise la Guinée Conakry (3-0), en quarts de finale, elle élimine la Côte d’ivoire aux tirs au but (1-1) ; en demi-finale, les Fennecs sortent le Nigéria 2-1 et enfin en finale, elle s’impose à nouveau face au Sénégal toujours sur le même score 1-0. L’Algérie sur le toit de l’Afrique avec un parcours sans faute donc.

Au-delà, c’est à la fois la personnalité, les aptitudes managériales du coach et son staff que le journaliste Bacary Cissé pointe du doigt. « Le problème, fait-il remarquer, c’est qu’il y a beaucoup de choses à régler dans cette sélection, avant qu’on ne parte à la prochaine Coupe d’Afrique des Nations. Aliou Cissé a failli en venir aux mains avec Moussa Sow au Burklina Faso, où il a fallu l’intervention des gens qui s’étaient interposés entre eux. Le problème, c’est qu’il y a beaucoup de choses à régler dans cette sélection, avant qu’on ne parte à la prochaine Coupe d’Afrique des Nations (…) Aliou Cissé a passé plus de deux heures de temps à discuter avec les cadres de la sélection sur la question du brassard de capitaine. Le courant ne passe pas entre l’adjoint d’Aliou Cissé (Régis Bogart) et son analyste vidéo (Nouredine Bouachera) qui était dans le staff de Corentin Martins. Ce dernier ne se limite pas à son rôle. Quand Régis est sur le terrain, il fait tout pour perturber son travail. Le cas El Hadji est un sérieux problème parce qu’il n’est pas intégré dans les vestiaires. C’est le conseiller du Président de la FSF. Il n’a peut-être pas le même rôle que Jules Bocandé qui était le coordinateur de la sélection, mais dès l’instant qu’il s’entraine avec les joueurs, il doit aussi être dans les vestiaires au lieu de s’habiller en civil et d’être dans les gradins pendant les matchs. Les joueurs l’aiment et l’écoutent attentivement. »

Mais l’on ne peut ne pas se demander si Aliou Cissé n’est pas ce technicien limité qui se méconnaît. Il peine encore à satisfaire certains observateurs et à rassurer le public sénégalais. Et les deux dernières journées des éliminatoires de la Can Cameroun 2022 ne l’ont pas beaucoup aidé à démontrer le contraire. En effet face au Congo Brazzaville, comme face à l’Eswatini, Aliou Cissé a rangé ses systèmes classiques à savoir le 4-4-2 et le 4-3-3 pour essayer un 3-5-2 ennuyeux. Un système expérimental et inédit qui a montré ses limites. Même aligné deux fois en 2018 (en amical contre la Bosnie et l’Ouzbékistan), ce fameux système lui a encore donné des cheveux blancs. Une ultime journée pourtant largement à la portée des vice-champions d’Afrique, mais Aliou Cissé s’était enfermé dans son 3-5-2 et s’est même, à un moment donné du match, perdu dans ses calculs. Il avait opéré des changements à tout-va, allant même jusqu’à créer un pêle-mêle à son insu. Il fallait être un magicien pour savoir quel joueur jouait tel ou tel autre rôle.

Ce qui avait fait dire à Sadio Mané sans doute déçu, toute sa frustration. “Ça été un match très compliqué. Cela prouve que dans la vie, il fait essayer de toujours bosser avec du sérieux, je pense que c’est ce que l’Eswatini a fait aujourd’hui. Ils nous ont tenus en échec, mais ces choses peuvent parfois arriver dans le football. Maintenant, il faut se remobiliser et mettre tous les atouts de notre côté pour pouvoir remporter ces genres de match pour continuer notre progression. Il ne fallait pas perdre aujourd’hui avec tout le respect que j’ai pour l’Eswatini. Surtout à domicile, si tu perds ces genres de matchs, il faut se poser la question. Heureusement nous n’avons pas perdu”, a laissé entendre l’attaquant de Liverpool qui a fini par ajouter : ” Nous sommes le Sénégal et on va essayer de poursuivre la progression. Cependant, il faut reconnaitre qu’il y a des choses à régler dans cette équipe. Nous espérons que le coach et son staff le feront de la meilleure des manières pour pouvoir entamer la qualification de la Coupe du Monde, se qualifier et aller chercher la CAN qui nous reste”, dit-il.

Concéder l’ouverture du score, voilà une chose que n’aime pas Aliou Cissé. Cette situation ne lui sourit pas souvent pour ne pas dire jamais. En réalité, le Sénégal sous l’ère Cissé, ne gagne pas après avoir concédé l’ouverture du score. Avec plus de 50 matchs depuis qu’il a pris les rênes de l’équipe nationale, l’ancien joueur du Psg a renversé une seule rencontre. C’était en 2019, contre le Mali en match amical. Sorti du banc, Sadio Mané avait égalisé avant de délivrer la passe décisive du but de la victoire (2-1). A part ça c’est le vide total. Soit le Sénégal perd le match, soit au meilleur des cas, les Lions arrachent le point du nul.

L’Algérie a, à trois reprises battu le Sénégal par 1-0. Face à la Colombie, en coupe du monde, le Sénégal était incapable de revenir au score après le coup de casque de Yeri Mina. Et ce mardi, le but matinal de l’Eswatini a été rattrapé…à la 96ème. Miracle ! Dès lors, l’on se demande si un technicien qui traîne toutes ces carences, peut offrir au Sénégal sa première étoile continentale. Ce qui est sûr et certain, est que l’inquiétude persiste depuis…6 ans. Que ceux qui se fondent sur le classement de 1er en Afrique, se détrompent. La comparaison du Sénégal ne devrait se faire qu’avec les grandes équipes, telles que le Cameroun, l’Egypte, l’Algérie, la Côte d’Ivoire, etc mais pas avec ces pays précités. A moins que l’on ne soit devenu un petit poucet qui s’ignore !