NETTALI.COM – Les mœurs du pays de Senghor, sont-elles à ce point en train de se dégrader ? Au regard du spectacle qui se déroule sous les yeux des Sénégalais, les tendances sur internet et les réseaux sociaux, vont dans le sens d’utiliser tous les moyens possibles et même le mensonge pour attirer l’attention des gens sur un événement à venir ou un produit à promouvoir.

Ce sont en effet majoritairement des artistes et animateurs qui sont les principaux auteurs de ce phénomène appelé buzz. On n’a même plus besoin de définir le terme puisque chaque utilisateur des réseaux sociaux en a au moins vécu un au cours de son expérience web.

Tenez-vous bien cette information qui apparaît tout d’un coup sur le net et qui relaie une supposée union entre Youssou Ndour et Mbathio Ndiaye, photos à l’appui. Si le premier a accompli une carrière très exemplaire et honorable au point d’être surnommé « la star planétaire », ce n’est point le cas de Mbathio Ndiaye. Danseuse de son état, passée chanteuse depuis quelques temps, elle a fourbi ses armes aux côtés d’Oumou Sow. Sauf que la danse ne nourrit pas son homme et n’a pas non plus l’image d’un métier très honorable et encore moins respecté. Le seul vrai gain qu’en tirent celles qui l’exercent, c’est certainement celui de faire fantasmer quelques hommes et d’être les cibles parfaites pour ces derniers qui ne manquent de manifester leur intérêt à coups d’espèces sonnantes et trébuchantes. Elles sont pour la plupart devenues ces sortes d’aguicheuses des temps modernes qui attirent ces mecs qui ne vivent que de fantasmes. L’histoire des photos de nue attribuées à la danseuse, est passée par là !

Quoi qu’il en soit, l’information relative au supposé mariage de You et Mbathio, a fait le tour des chaumières. S’en suivit un déchaînement sur les réseaux sociaux. Si d’aucuns ont estimé que ce mariage est impossible du point de vue de la différence de rang et de statut social de ces deux-là ; du côté des admirateurs de Mbathio, l’on a eu droit à une riposte qui va dans le sens de se demander si la danseuse est si indigne d’être l’épouse de Youssou NDour. Ils égratigneront même au passage le chanteur qui manifestement n’y est pour rien dans ce débat d’une grande vacuité. Ainsi va la vie sur les réseaux sociaux, ce seront toujours et toujours des affrontements sans grand intérêt pour le grand public mais dont se délecteront aussi longtemps les voyeurs et badauds du web.

Interrogé sur le sujet, la danseuse tantôt annoncée en Chine, se fendra d’un « ceux qui le disent sont des deums « sorciers », laissons les continuer à parler, on verra bien ce qu’ils vont en tirer ».

En écoutant l’audio de l’artiste, la première impression qu’elle laisse évidemment, est le manque de crédibilité dans son discours. Très peu convaincante, l’on a senti qu’elle n’est ni mécontente, ni affectée par la situation. De la pure comédie. Tout simplement. Au royaume de la bêtise et de la niaiserie, il y a de quoi s’étrangler. La réaction de Charles Faye de Futurs Médias n’aura même pas été nécessaire, la supercherie est manifeste.

La rumeur aura en tout cas réussi la prouesse de tenir en haleine les réseaux sociaux pendant au moins 48 heures. Une information fausse que les plus lucides d’entre les internautes et lecteurs ont vite fait d’attribuer à la chanteuse elle-même. En effet, pendant qu’on évoquait le sujet, Youssou Ndour était en voyage en compagnie de son épouse au Kenya, puis en France.

La technique du buzz a en tout cas de beaux jours devant lui. Déjà en 2011, Viviane Chidid avait fait «fuiter» une information relative à une photo. La chanteuse affirmait en effet avoir découvert sur son téléphone portable, après un pèlerinage dans la cité sainte de Touba, l’image de Serigne Fallou Mbacké. Une image qui était mystérieusement apparue quand elle a photographié son mausolée, le jour du Magal, autour de 5h du matin. Une information qui avait d’ailleurs bizarrement coïncidé avec le moment où elle s’apprêtait à sortir son album «Wooya yoy ! ». Elle était tout simplement fausse.

Avec Adiouza, le buzz a été aussi au rendez-vous. La fille du maestro «Ouza» avait également usé de cette technique alors qu’elle s’apprêtait à sortir son album «Daddy». Grâce à l’aide d’une de ses amies journalistes dans un quotidien à fort tirage de la place, des informations relatives à son mariage qui battait de l’aile, avaient été relayées avant d’être finalement démenties par la chanteuse quelques jours plus tard.

Queen bizz elle aussi, est connue pour être des chanteuses qui affectionnent manipulations et accoutrements osés pour attirer l’attention sur elle, à chaque fois qu’elle prépare la sortie d’un opus.

Au-delà de la recherche de publicité, le déficit de talent est pour beaucoup dans le recours au buzz. L’on cherche à combler le manque de popularité et de pérennité de ses activités, ignorant que seul un travail de qualité avec du fond, est susceptible de produire du succès, là où le buzz reste bien éphémère.

Le Sénégal, plaque tournante de la drogue ?

Mais pendant que la question du buzz lié à Mbathio Ndiaye occupait les réseaux sociaux, un spectacle moins glorieux pour le Sénégal, défraie la chronique ces derniers temps. C’est la question des nombreuses prises de drogue et les suspicions qu’elles entraînent quant à leur gestion. Les quantités prises, l’identité et la nationalité des trafiquants et la gestion de la drogue par la justice, sont en effet largement relayées par les médias. Et des questions ne manquent pas d’être posées, à savoir si le Sénégal n’est pas devenu une plaque tournante du trafic de drogue en Afrique de l’Ouest ? Dakar reconnaît en effet qu’il se trouve désormais dans une zone de transit sur la route internationale de la cocaïne, mais refuse d’être considérée comme une plaque tournante de la drogue dans la région

Mais toujours est-il que fin juillet 2019, les autorités sénégalaises ont procédé à l’incinération de plus d’une tonne de cocaïne. Soit la totalité de la drogue saisie en moins d’un mois par les services des douanes au Port autonome de Dakar. De même la gestion par la justice sénégalaise a suscité maintes interrogations de la part des médias qui n’ont pas manqué de s’interroger sur leur sortie du territoire sénégalais, alors que le couple allemand était en liberté provisoire. Au nombre de sept (7), deux autres sénégalais ont été libérés et trois autres placés sous mandat de dépôt en plus du couple allemand.

Le temps passe et les saisies opérées par la douane, la police, la gendarmerie et même la marine se multiplient. Mais faits plus qu’inquiétants, ce sont des scellés de drogue qui disparaissent, suite à ces saisies. A titre d’exemple, en juillet, une partie de la drogue saisie par la Douane s’est retrouvée dans la nature. Une infime partie avait ensuite été retrouvée dans le milieu interlope par les fouineurs de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis).

Un manquant de 500 kg est également signalé dans la cargaison de cocaïne récemment interceptée par la marine. Si d’aucuns pensent que la drogue a disparu, d’autres vont dans le sens de dire que les autorités se seraient trompées dans sa pesée.

Un vent de suspicion souffle en tout cas contre les forces de l’ordre depuis qu’en juillet 2013, la police sénégalaise avait été secouée par un scandale mettant en cause des gradés qui s’accusaient mutuellement de couvrir des réseaux de trafic de drogue dure, en mettant à leur disposition des scellés de drogue contre des espèces sonnantes et trébuchantes.

Dakar, plaque tournante de la drogue ? En tout cas, dans son rapport 2018, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a en tout cas noté que le Sénégal, à l’image de tous les autres pays d’Afrique de l’Ouest situés sur la route du trafic international, est un zone touchée par toutes les drogues. “On n’en est pas encore à des phénomènes ultra-violents, mais il y a une pénétration du marché par ces criminels“, reconnaît Pierre Lapaque, représentant régional de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Ouest. Une région transformée non seulement en zone de transit, mais aussi en zone de consommation et de production. “Des saisies importantes par les douanes sénégalaises de méthamphétamines et d’amphétamines, très prisées par le marché asiatique, laissent penser que des filières de production destinées à l’exportation existent“, a indiqué un rapporteur de l’ONUDC

La drogue,  un fléau qui continue en tout d’inquiéter. Mais comment ne pas évoquer cette grosse affaire de faux billets impliquant le député Seydina Fall alias Bougazelli, arrêté en flagrant délit avec plus de 50 millions d’euros, soit plus de 32 milliards de francs Cfaà Ngor le jeudi 13 novembre, suite à l’arrestation de ses présumés complices, la veille. Ces derniers avaient en effet confié aux enquêteurs qu’ils travaillaient pour Bougazelli. C’est à la suite de ces confidences qu’il a été piégé et arrêté en possession des produits prohibés. Pour le ferrer, les pandores se sont fait passer pour des clients. Ce dernier, qui ne se doutait de rien, s’est alors présenté au lieu de rendez vous. Libéré et sommé de se présenter le lendemain, pendant que ses six présumés complices dont un burkinabé sont placés en garde à vue, celui-ci n’a tout simplement pas déféré à la convocation. Que de supputations depuis lors sur son absence. Si certains médias ont évoqué la thèse d’une fuite à Touba où on l’aurait aperçu le samedi 16 Novembre, selon des sources concordantes et autres proches du député de la majorité présidentielle, M. Fall a vu son état de santé se détériorer soudainement, ce vendredi 15 novembre, en début de journée, avant d’être hospitalisé.

Et l’on ne peut manquer de se demander si le député ne chercherait pas à gagner du temps et manœuvrer afin de se prémunir contre toute poursuite ?  L’on nous signale qu’il ne reste qu’au procureur de la république de jouer sa partition afin que le député soit arrêté dans cette affaire de flagrant délit où ne pourrait nullement jouer son immunité de parlementaire.

Le Sénégal, ce pays qu’on dit si religieux,  qui aurait cru une telle atteinte à nos mœurs ? Le dossier lié aux homosexuels, est aussi une autre grosse épine au pied des Sénégalais et sur laquelle tente d’appuyer l’Organisation des Nations unies. Celle-ci ne recommande ni plus, ni moins au Sénégal de dépénaliser des délits liés à l’homosexualité. Mais heureusement que Serigne Babacar Sy Mansour et bien d’autres veillent.