NETTALI.COM – Sur bien des questions appelant l’implication de plusieurs départements, le gouvernement, formé au lendemain de la réélection de Macky Sall, souffre d’interférences imputables à un déficit de coordination et de clarté dans les attributions.  

Mercredi 15 janvier 2020, en Conseil des ministres, le chef de l’Etat, « revenant sur l’intensification de la mise en œuvre des programmes présidentiels pour accélérer la création d’emplois décents et durables sur l’ensemble du territoire national, a demandé aux membres du gouvernement de lui rendre compte des emplois créés, dans chaque secteur, à partir de l’exécution des programmes et projets publics ».

Cette demande est emblématique de la logique d’efficacité qui présida à la suppression du poste de Premier ministre.

Ainsi, même si lors de la conférence de presse qu’il a animée le 31 décembre 2019 le président Macky Sall, qui a expliqué la suppression de la Primature par l’absence d’une courroie de transmission que devait pourtant incarner le chef du gouvernement, n’a-t-il pas nommé récemment deux secrétaires généraux adjoints à la Présidence de la République face aux lenteurs imputables au nouveau secrétaire général Boune Abdallah Dionne, même s’il révèle qu’il a fait sauter la Primature pour éviter que l’occupant du poste ne soit perçu comme un dauphin, auquel on porterait ombrage, quitte à préjudicier à l’action du gouvernement ? Quid des attributions de entre Maxime Ndiaye, secrétaire général du gouvernement, de Dionne et de ces deux secrétaires généraux adjoints à la Présidence ? Les observateurs n’y voient pas bien clair.

A l’occasion de cette même réunion du Conseil des ministres, le président Sall a jugé utile de demander au ministère de l’Environnement et du développement durable, compétent sur la gestion des ordures, de travailler avec son collègue de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique Abdou Karim Fofana, en ce qui concerne Mbeubeuss ? Mêmes si les attributions sont claires au départ, il arrive des moments où, le caractère transversal d’une question, comme c’est le cas avec cette décharge qui touche à l’urbanisme et à l’environnement, appelle l’implication de plusieurs départements.

En fait, des sources que nous avons contactées, déclarent qu’entre Abou Karim Sall et Abdou Karim Fofona, la boite de Pandore a été ouverte quand le premier nommé voulut exercer sa tutelle sur l’Unité de coordination des déchets (Ucg), finalement placée sous le joug du second. Qui plus est, Sall, conformément à une vielle doléance des populations de Mbao où il milite, exhortait à la fermeture de la décharge de Mbeubeuss,  là où son collègue souhaitait que cette décharge devienne un centre de tri et de transformation des déchets. Le président Macky Sall arbitrera en faveur de Abdou Karim Fofona, dont d’aucuns pensent qu’il est son cheval de Troie pour la reconquête de la ville de Dakar. A cet égard, Fofana est décrit comme un adepte du centralisme, voulant à marche forcée remplir son agenda politique secret et qui ne délègue pas assez de rôles aux différents directeurs des services rattachés à son département. Même pour une simple opération de désencombrement, il se substitue aux gouverneurs et aux préfets pour se mettre en vedette.

Pourtant, ce qui précède n’est pas un cas isolé

Dans une de ses dernières publications, le journal Walf Quotidien a rapporté que Abdoulaye Daouda Diallo, ministre des Finances et du Budget et son collègue de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Amadou Hott se sont accrochés verbalement en Conseil des ministres. Cela, en présence de Macky Sall. Le journal de préciser que Abdoulaye Daouda Diallo, qui siège au niveau du Conseil d’administration du Fonds monétaire international (Fmi) et de la Banque mondiale (Bm), marche sur les plates-bandes du ministre de l’Economie, qui devrait y siéger. De plus, nous apprenait-on, chacun veut avoir la haute main sur la gestion du pilotage des opérations de levée de fonds comme les Eurobonds. Il y a de cela quelques mois, la très stratégique direction de la Coopération et des financements extérieurs alors dirigée par Lat Diop faisait les frais de ce conflit de compétence, suite à la scission de l’ex-super-ministère de Amadou Bâ. On ne savait plus qui était ordonnateur des dépenses entre Amadou Hott et Abdoulaye Daouda Diallo. En mai 2019, la direction de la Coopération et des financements extérieurs a été transformée, par le chef de l’Etat, en Direction de l’ordonnancement des dépenses publiques, histoire de trancher la pomme de discorde.

Dans le cas de Sorry Kaba, on a entendu le ministre des Affaires étrangères Amadou Ba, sur les ondes de I-Radio, soutenir, comme un aveu d’impuissance, que la sortie de l’ancien directeur des Sénégalais de l’Extérieur sur le « 3e mandat», était hors de son champ de contrôle. Amadou Ba S’était d’ailleurs plu à rappeler à qui voulait le savoir qu’il n’a jamais parlé au téléphone à L’ex directeur des Sénégalais de l’extérieur et encore moins partagé une réunion. L’on a compris qu’il se démarquait de Sory kaba dans un contexte où il a été accusé d’avoir activé M. Kaba. Et même à supposer qu’ils n’ont jamais eu de contact, c’est à se demander dès lors s’il y a une activité dès lors dans ce ministère ?

Toutes choses qui laissent douter de l’efficacité globale de l’action gouvernementale.