NETTALI.COM – « Chers amis(es), aujourd’hui, à la veille de la commémoration de la Fête internationale du Travail, le 1er mai, qui se trouve être, aussi, le jour de l’anniversaire de ma naissance, j’ai été nommé, à la demande du Président Macky Sall, par le Conseil d’Administration de la Société MIFERSO à sa Présidence. C’est un merveilleux “cadeau d’anniversaire” que j’apprécie hautement ». Ainsi jubilait Ibrahima Sène au lendemain de sa nomination, en 2015.

Nous n’userons pas d’une formule elliptique pour souligner que l’homme est sorti des reliques du communisme cramoisi sous les décombres du Mur de Berlin pour une rente confortable dans la proximité du Grand capital. « La vertu a besoin d’un minimum de bien-être », laissa méditer St-Augustin. Pendant longtemps le chargé des questions économiques du PIT a fait de la harangue anti-occidentale la trame de son combat politique.

Soudainement, les vents et variations de la Fortune l’entrainèrent vers le reniement. Il se propose de  « Mettre fin à l’enfumage pour faire passer Wade comme un nationaliste anti-français, et présenter Macky, comme serviteur de la France! ». C’est le titre de la dernière tribune qu’il a signée dans la presse locale.

Pourtant, pas plus tard qu’en septembre 2015, dans le livre « Déconstruire le discours néolibéral » dans le cadre des « Samedis de l’économie », il écrivait ceci :
« Le Plan Sénégal émergent, par son mode de fonctionnement, et ses engagements sur la flexibilité du marché du travail, et la mise à disposition du foncier au profit des investisseurs privés étrangers, a été perçu comme le signal fort d’une volonté politique de renforcement de la mainmise étrangère sur notre économie. Et par-dessus tout, il s’est développé une politique active de marginalisation des entreprises autochtones dans les grands marchés publics, notamment dans les BTP, et même de leur exclusion de certains secteurs où elles avaient déjà pignon sur roue (Affaire Necotrans, et Affaire Eiffage / Total / SONATEL) » ?

Dès la campagne pour la présidentielle de 2012, il alertait sur les connexions entre Macky Sall et une certaine France. Plusieurs mois après l’accession du leader de l’Alliance pour la République au pouvoir, il sera fidèle à cette ligne dure contre l’Occident et brûlait tous les symboles de celui-ci.

Dans un texte publié en janvier 2014 et titré « La crise du marché du sucre au Sénégal», il disait à propos du traitement royal réservé à la Compagnie sucrière sénégalaise :  « Le Chef de l’Etat qui disait, fort opportunément, en s’adressant à l’Armée nationale et au peuple, lorsqu’ il rendait hommage à nos deux soldats tués à Kidal, au Mali, que le « Sénégal sera toujours debout », ne devrait donc  pas perdre de vue, qu’il devrait aussi le rester au plan économique et financier, en combattant  sans états d’âme, le « chantage » que des « intérêts privés » exercent sur l’Etat,  à des fins de préservation de privilèges indus ».

A la pointe du combat contre la signature des Accords de partenariat économique (APE) au mitan des années 2010, il ravissait la vedette à Guy Marius Sagna.

Aujourd’hui, Ibrahima Sène semble s’éloigner de la cause des prolétaires. Si le séjour dans l’eau ne transforme pas le tronc d’arbre en crocodile, il change sa couleur.