NETTALI.COM – De qui se moque Augustin Senghor, le Président de la Fédération sénégalaise de football, qui pour justifier le maintien d’Aliou Cissé, nous sert des exemples tirés par les cheveux ?

Il semble bien, au regard de sa posture d’après Can, que les africains aient un problème pour tirer des enseignements de leurs passages à des postes de responsabilités. La démission, ils n’y pensent presque jamais. Et pourtant des mécanismes par lesquels, on fait bénéficier l’organisation d’une amélioration, par un renouvellement des profils qui incarnent les responsabilités,  sont une règle de management bien intégrée et logique.

Une conception patrimoniale du pouvoir en Afrique qui incite ainsi les tenants du pouvoir politique, des autocrates à “s’éterniser” au pouvoir en Guinée Equatoriale, au Congo Brazzaville, ou encore au Cameroun. Il n’est pas exagéré de penser qu’en Afrique, la prétention narcissique et mégalomaniaque de régner à vie, nuit à la logique d’efficacité et d’efficience.

Cette pratique s’impose en règle, dans tous les domaines, et le football n’y échappe pas. Issa Hayatou s’est accroché pendant longtemps aux cimes de la Confédération africaine de football, avant de lâcher les rênes sur le tard.

L’antenne sénégalaise de cette instance fédérale, est dirigée depuis Mathusalem par un certain Augustin Senghor. De nombreux échecs à la CAN n’ont pas poussé ce dernier à rendre le tablier, alors que son départ est sans cesse réclamé par des voix autorisées. On n’a l’impression que le changement ne fait pas partie du vocabulaire d’Augustin qui, pour justifier la reconduction de Aliou Cissé, se fonde sur des arguments apparemment tirés par les cheveux.  « Prenez l’exemple de l’Allemagne : Joachim Low a été nommé en 2006, il est devenu champion du monde huit ans plus tard, et il n’a pas été limogé l’année dernière, après l’élimination de son équipe au premier tour de la Coupe du Monde », justifie Me Augustin Senghor.

Pourquoi le président de la Fédération sénégalaise de football ne cite-t-il pas l’exemple du sélectionneur de l’équipe nationale algérienne, Djamel Belmadi, qui a réussi à décrocher la Coupe d’Afrique des nations en moins d’un an, puisqu’il a été nommé le 2 août 2018, alors que Aliou Cissé est coach des Lions du Sénégal depuis le 4 mars 2015 ? Belmadi aura n’aura passé au total qu’11 mois à la tête de l’Algérie, au moment de la CAN.

Ferdinand Coly, ex-coéquipier de Cissé, n’émet d’ailleurs pas sur la même fréquence que le patron du football sénégalais. «On peut supposer qu’il est fatigué. Certains diront que l’équipe a peut-être besoin d’un nouveau discours, d’une nouvelle méthode. Je ne suis pas le seul à le penser, je ne suis pas toujours convaincu par le jeu produit, même si on gagne souvent. C’est parfois tiré par les cheveux, alors que nous avons des joueurs de très haut niveau dans l’effectif. Est-ce qu’Aliou saura donner une nouvelle impulsion à son équipe, la faire jouer autrement ? On le saura assez vite, mais une équipe, même si elle a des résultats, peut avoir besoin d’une forme de renouveau », s’est interrogé Coly.

Avant lui, deux autres gloires de l’épopée de 2002, en l’occurrence El Hadj Ousseynou Diouf et Amndy Moustapha Faye, ont milité pour la démission de l’actuel entraîneur de l’équipe nationale.

En définitive, le problème, ici, est moins la tête de Aliou Cissé que l’impossibilité où se trouve l’équipe nationale de se surpasser, en s’insufflant du sang neuf, un vrai mental de gagneurs aux joueurs. Il coule de source que le jeu monotone des Lions a besoin d’une cure de Jouvence pour mieux surprendre l’adversaire, qui connait déjà tous nos mouvements. Or, la stratégie, comme le pensait un général anglais, est la science des mouvements hors de la portée de l’ennemi.