NETTALI.COM – A quelques mois de la tenue du sixième Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité, le ministre Amadou Bâ met les bouchées doubles pour relever le défi de la participation. Les précédentes éditions de ce forum n’ont pas enregistré une audience digne de la place du Sénégal dans l’échiquier sous-régional. Autant dire que c’est un test grandeur nature pour le nouveau chef de la diplomatie.

La dernière parution de la “Lettre du Continent” révèle que le ministre des Affaires étrangères devrait signer, mi-juillet, la convention de partenariat avec la ministre des armées françaises, Florence Parly, pour l’organisation du sixième “Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité”. Ce dernier se tiendra les 18 et 19 novembre. Plusieurs chefs d’Etat africains devraient être conviés à cette sixième édition à l’invitation du chef de l’Etat, si on en croit le journal en ligne.

C’est dire que Amadou Bâ devra ménager sa monture pour relever le défi de la participation. D’autant plus que la situation sécuritaire de la sous-région est très préoccupante, avec l’avancée du terrorisme au Mali, au Burkina Faso,  ou encore en Côte d’Ivoire. Pas plus tard que la semaine dernière, le numéro 1 sénégalais, au cours de la visite de travail de 72 heures qu’il a effectuée à Abidjan, a noué une alliance avec son homologue ivoirien. Les deux pays vont combiner leurs efforts dans la même perspective en coordonnant leurs actions.

En marge de la mini-tournée du  ministre français de l’Intérieur en Afrique de l’Ouest le mois dernier, Christophe Castaner a annoncé que son pays contribuerait à hauteur de 18 millions d’euros à la construction de l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme, implantée à Jaqueville, près d’Abidjan.

A l’étape sénégalaise de cette tournée, Castaner avait « inspecté » le dispositif  du  GARSI qui est le cadre d’intervention du Sénégal dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, en collaboration avec des pays de l’Union européenne, principalement la France.

Toutes choses qui nous amènent à écrire que le Sénégal pourrait jouer un rôle de pivot pour endiguer la percée du djihadiste. Malheureusement, le Forum de Dakar pour la paix et la sécurité en Afrique peine à enregistrer une audience digne de cette place ainsi convoitée.

En novembre 2018, en dehors du Gambien Adama Barrow, aucun chef d’État étranger n’a fait le déplacement pour assister au banquet.

Pis, l’édition 2016 de ce forum était marquée par l’absence de  l’Union africaine. Le président tchadien Idriss Déby, alors président en exercice de l’UA, celle qui était à l’époque la présidente de la Commission de l’Union africaine, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma,  le commissaire à la paix et la sécurité de l’UA, l’Algérien Smail Chergui, étaient tous absents.

L’an passé, s’exprimant sur l’absence de ses pairs, le Président Macky Sall a tenté de relativiser ce vide en ces termes : « J’avais sincèrement voulu que ce Forum de Dakar se tienne sans la présence des Chefs d’État, après les quatre premières éditions. Puisque je sais toujours qu’avec les chefs d’État, le protocole est lourd, on perd beaucoup de temps. C’est utile bien sûr, mais je veux que les participants soient totalement à l’aise pour exposer, échanger ».

La balle est désormais dans le camp d’Amadou Bâ, qui peut toutefois compter sur un de ses prédécesseurs, le néo-Mackyste Cheikh Tidiane Gadio en l’occurrence, pour passer ce test avec maestria.