NETTALI.COM – Depuis quelque temps, le débat afférent au mandat de Mme Aminata Tall, à la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE), refait surface. Une certaine presse nous annonce que l’ex-secrétaire générale des femmes du Pds est sur siège éjectable et que son remplaçant a déjà été choisi.   

Vérité ou simples élucubrations journalistiques ? La question que l’on devrait se poser, a trait à l’opportunité du maintien de cette institution et son impact sur le réel vécu des Sénégalais, dans un environnement de rareté des ressources qui laisse redouter le spectre des tensions de trésorerie.

En effet, perçue comme une institution budgétivore créée pour uniquement recaser une clientèle politique, le CESE, est avec le Haut conseil des collectivités territoriales, ce gros machin qui a fini d’associer son image au népotisme caractéristique de la démocratie à l’africaine. Personne ne peut vous dire l’impact de ces structures sur la conception, la mise en œuvre et la finalité des politiques publiques. Pour leur conférer un semblant de crédibilité, on y fait se cohabiter, avec « les politiciens professionnels », des hommes d’affaires à succès, de brillants intellectuels, de grandes figures du monde des médiats et des personnalités de la société civile !

Les membres du Hcct et du CESE jouissent d’un traitement royal et ont les mêmes avantages que les députés. Une retraite dorée pour Aminata Tall et Ousmane Tanor Dieng ! L’acte 3 de la décentralisation n’a poussé qu’à la cantinisation à outrance de nos communes et la pollution visuelle de nos villes (floraison d’affiches publicitaires) par une recherche effrénée de ressources de la part des collectivités, alors que le personnel politique pléthorique du Haut conseil des collectivités territoriales est incapable de justifier, par la pertinence de ses propositions, sa raison d’être, pour une meilleure administration de proximité.

Reparlons des députés. Leur nombre a augmenté, mais l’Assemblée nationale est plus jamais cette « arène nationale » où l’argument de la force est préféré à la force de l’argument. On est loin de ce temps-là, quand les joutes oratoires dignes de Danton et Robespierre opposaient dans l’hémicycle Habib Thiam à Me Abdoulaye Wade.

D’impertinents conseillers demandent que soit ressuscité  le Sénat. Lançaient-ils un ballon de sonde ? Question oh combien légitime. On pourrait juste chercher à recaser des politiciens à l’issue du rapport des forces qui s’est dégagé de la dernière présidentielle. Nous, nous disons resserrer “le resserrement organique”.