NETTALI.COM – Dans une missive publiée le mercredi 2 mai 2018 par Afp, Vincent Bolloré parlait de son «  futur successeur à la tête de la société » éponyme en exhortant ce dernier à « plus de transparence, plus de confiance », sans pour autant le nommer. « Son plus jeune fils, Cyril, actuellement patron de la filiale Transport and Logistics est pressenti pour prendre sa place à la tête du groupe d’ici 2022 », devinait notre confrère.

L’Histoire lui donne raison, puisque Bolloré, qui avait prévu de partir le 20 février 2022(marquant le 200e  anniversaire du groupe familial), a surpris son monde ce 14 mars en cédant le témoin à son fils Cyril, qui devient président-directeur général.

En avril 2018, Vincent, qui avait quitté auparavant la tête de Canal+, s’était fait remplacer à la présidence du Conseil de surveillance du géant des médias Vivendi par un autre de ses fils, Yannick, en l’occurrence. Ce dernier dirige le groupe de publicité Havas, cumulativement aux fonctions susmentionnées.

« Vincent Bolloré laisse son groupe, mais pas le pouvoir », écrit le site Challenges.fr, précisant que l’entrepreneur garde 64% du capital (représentant les parts de la Financière de l’Odet qu’il manage).

Nous devons à la vérité de rappeler que « cette retraite anticipée » est consécutive aux déboires judiciaires de Bolloré qui a été, le 25 avril 2018, mis en examen, après deux jours de garde à vue dans les locaux de la police anticorruption, pour « corruption » dans l’affaire des ports africains.

L’entreprise est dans le collimateur de la justice française pour avoir supposément utilisé les activités de conseil politique de sa filiale Havas. Cela, aux fins de décrocher, à la florentine, la gestion des ports de Lomé et de Conakry.