NETTALI.COM - Invité de RFI et France 24, Ousmane Sonko a clarifié sa position sur ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye et sur l’attitude de la majorité parlementaire vis-à-vis du gouvernement. Le président de Pastef a écarté toute décision immédiate concernant une éventuelle exclusion de Diomaye Faye du parti et assuré qu’aucune logique de confrontation systématique ne guide l’action de la majorité à l’Assemblée nationale.
Le président de Pastef, Ousmane Sonko, a apporté plusieurs précisions sur l’avenir de ses relations avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que sur la posture de la majorité parlementaire face au gouvernement.
Dans un entretien accordé à RFI et France 24, l’ancien Premier ministre a notamment été interrogé sur l’éventualité d’une exclusion de Bassirou Diomaye Faye de Pastef. Une hypothèse qu’il juge prématurée à ce stade.
« Ça s’appréciera le moment venu », a déclaré Ousmane Sonko, avant d’ajouter que la question ne se pose pas actuellement. Selon lui, Pastef dispose d’instances et de procédures internes suffisamment solides pour traiter ce type de questions lorsque cela s’avérera nécessaire.
« Le parti Pastef est très structuré, très organisé. Il a des textes et des procédures très clairs sur les griefs à mettre sur la table pour pouvoir parler de l’exclusion ou non de quelqu’un », a-t-il expliqué. Le leader de Pastef a insisté sur le fait qu’une éventuelle décision relèverait exclusivement des organes compétents du parti.
Ousmane Sonko s’est également exprimé sur les rapports entre l’Assemblée nationale, désormais dirigée par lui-même, et l’exécutif. Il a rejeté l’idée selon laquelle la majorité parlementaire serait engagée dans une logique d’opposition ou de blocage vis-à-vis du gouvernement.
« Aucun chèque en blanc n’a été accordé au gouvernement », a-t-il affirmé, tout en précisant que la majorité ne s’inscrivait pas dans une stratégie de confrontation permanente. Selon lui, la position de Pastef repose avant tout sur le respect des principes institutionnels et sur la volonté de préserver l’efficacité de l’action publique.
Le président de l’Assemblée nationale a toutefois rappelé que les députés disposent de tous les instruments constitutionnels prévus pour exercer leur mission de contrôle de l’action gouvernementale. Parmi ces outils figure notamment la motion de censure, dont il reconnaît le caractère pleinement légitime. « Si les circonstances l’exigent, les députés pourraient parfaitement utiliser cet outil institutionnel », a-t-il indiqué.
Cette précision laisse entendre que la majorité parlementaire n’exclut aucun mécanisme constitutionnel, même si elle ne semble pas vouloir en faire usage dans l’immédiat. Ousmane Sonko estime qu’il est encore trop tôt pour porter un jugement sur l’action du gouvernement dirigé par Ahmadou Al Aminou Lô. Selon lui, l’équipe gouvernementale vient à peine d’être installée et doit disposer du temps nécessaire pour mettre en œuvre ses orientations.
Le président de Pastef appelle ainsi à éviter les conclusions hâtives et à privilégier une évaluation fondée sur les résultats.
Dans son intervention, Ousmane Sonko a enfin insisté sur la nécessité de respecter l’équilibre des pouvoirs consacré par la Constitution. Il rappelle que l’exécutif gouverne tandis que l’Assemblée nationale a pour mission de voter les lois et de contrôler l’action gouvernementale. « Nous n’avons pas besoin d’être de grands amis pour que cela fonctionne », a-t-il déclaré, estimant que le respect des règles institutionnelles demeure la meilleure garantie de stabilité pour le pays.
À travers cette sortie, le leader de Pastef cherche ainsi à rassurer sur sa volonté de privilégier le fonctionnement normal des institutions, tout en maintenant la capacité de contrôle et d’évaluation dévolue au Parlement.





