NETTALI.COM - Face aux tensions persistantes entre le président de la République et l’Assemblée nationale, Me Doudou Ndoye estime que la solution la plus démocratique réside dans le recours au référendum. L’ancien ministre de la Justice s’appuie sur un précédent datant de 2001 pour défendre l’idée d’un retour à l’arbitrage du peuple souverain, même si cette option continue de susciter des débats juridiques.
Alors que les relations entre l’exécutif et l’Assemblée nationale alimentent les débats politiques depuis plusieurs semaines, Me Doudou Ndoye avance une piste pour sortir de l’impasse : consulter directement le peuple sénégalais par voie référendaire.
Invité d’EMedia, l’ancien ministre de la Justice considère que la Constitution offre au président de la République un moyen de résoudre un blocage institutionnel durable en sollicitant l’arbitrage des citoyens. Pour étayer sa position, Me Doudou Ndoye rappelle l’expérience vécue au début du magistère du président Abdoulaye Wade.
À l’époque, le chef de l’État faisait face à une Assemblée nationale dominée par une majorité socialiste. Dans ce contexte, un référendum avait été organisé dans le cadre d’une vaste réforme institutionnelle. Selon l’ancien garde des Sceaux, le Conseil constitutionnel, saisi sur la question, s’était déclaré incompétent pour apprécier un acte relevant de la conduite des affaires de l’État. Pour lui, ce précédent démontre qu’en cas de désaccord profond entre les institutions, la consultation populaire demeure la voie la plus légitime. « La solution la plus respectueuse de la souveraineté populaire consiste à redonner la parole au peuple », soutient-il. Cette réflexion intervient dans un contexte politique marqué par les bouleversements survenus à la tête de l’État ces dernières semaines.
Le 22 mai 2026, le président Bassirou Diomaye Faye avait mis fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko, ouvrant une nouvelle séquence politique. Quelques jours plus tard, le leader de Pastef était élu président de l’Assemblée nationale avec 132 voix sur 165, après la démission du titulaire du poste. Ces événements ont profondément modifié les équilibres institutionnels et alimenté les interrogations sur les relations futures entre le Palais de la République et l’hémicycle. Pour Me Doudou Ndoye, une consultation populaire pourrait permettre de clarifier les rapports de force et de redonner une légitimité politique forte aux institutions.
Selon lui, une telle démarche pourrait déboucher sur une recomposition du paysage politique sénégalais et contribuer à stabiliser durablement les institutions. L’ancien ministre considère que, dans un système démocratique, le peuple demeure l’ultime arbitre des grandes crises politiques.





