NETTALI. COM- L’Association des juristes sénégalaises (AJS) a exprimé sa profonde préoccupation face à la quasi-absence de femmes dans la nouvelle équipe gouvernementale formée le 1er juin 2026. Dénonçant un recul démocratique et le non-respect des engagements constitutionnels, l’organisation réclame des mesures correctives urgentes pour une gouvernance plus inclusive.

La publication de la liste des nouveaux ministres a suscité une vive vague d'indignation chez les défenseurs des droits humains. L'Association des juristes sénégalaises (AJS) n'est pas en reste. Dans un communiqué, elle souligne que sur les 30 portefeuilles que compte la nouvelle équipe, seules quatre femmes ont été nommées, dont une comme ministre déléguée, et « aucune à un poste régalien ».

Pour l'association, ce choix politique est injustifiable dans un contexte où « les Sénégalaises démontrent chaque jour leur compétence, leur engagement et leur capacité à exercer les plus hautes responsabilités dans tous les secteurs de la vie nationale ».

La présidente Aminata Fall Niang et ses collaboratrices rappellent que l’accès aux responsabilités n'est pas un privilège octroyé selon l'humeur des dirigeants. Elles considèrent ainsi que « la place des femmes dans la gouvernance publique ne saurait être perçue comme une faveur accordée au gré des circonstances politiques ». Selon elles, cette représentativité « relève d’une exigence de justice, d’égalité et de respect des engagements pris par l’État du Sénégal en matière de promotion des droits des femmes et de leur participation inclusive à la vie publique ».

Cette décision du pouvoir exécutif est perçue comme un coup d'arrêt brutal pour l'égalité des genres dans le pays. L'association prévient que cette faible présence « envoie un signal préoccupant aux jeunes filles, aux femmes professionnelles, aux élues, aux militantes » et qu'elle « risque de fragiliser les acquis obtenus au prix de longues années de plaidoyer et de mobilisation collective ». L'AJS insiste sur le fait que « les femmes constituent plus de la moitié de la population sénégalaise » et que « leur présence dans les instances de décision doit être à la hauteur de leur contribution à la Nation ».

Face à ce recul, les militantes demandent l'application stricte des textes en vigueur. L’AJS exhorte donc les autorités à « prendre pleinement en compte le droit à un égal accès des femmes aux mandats et fonctions consacré par l’article 7 de la Constitution ».

Pour l'avenir, elle exige de « rendre ce droit effectif notamment à travers des mesures correctives dans les futures nominations », car « le Sénégal ne peut prétendre construire un projet de société juste et équitable en laissant les femmes à la périphérie des lieux où se décident les orientations majeures du pays ». L'organisation promet de poursuivre « avec détermination son action de veille, d’alerte, de plaidoyer et de mobilisation ».