NETTALI.COM - Candidat au poste de Secrétaire général des Nations Unies, l'ancien président sénégalais prône une refondation du multilatéralisme basée sur la reconstruction de la confiance, l'inclusivité des États membres et une articulation forte entre développement économique et paix durable.
Le système international traverse une crise de légitimité profonde, marquée par des clivages de plus en plus marqués. C'est du moins l'avis du candidat africain au poste de Secrétaire général de l'ONU, Macky Sall, lors d'une sortie ce mardi. Ainsi, face à ce constat d’une gouvernance mondiale à bout de souffle, l’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, positionne sa candidature à la tête du secrétariat général de l'Organisation des Nations Unies sous le signe de la rupture constructive et du rassemblement.
Un bâtisseur de ponts pour restaurer la confiance
Pour l'ancien chef d'État, le diagnostic du blocage actuel de la diplomatie mondiale est clair. Il identifie la crise relationnelle entre les puissances comme le principal frein à l'action collective. Selon ses termes, la paralysie actuelle découle directement d'un déficit relationnel aigu entre les nations. “Je crois que le système international est fragmenté parce que la confiance a été affaiblie. Et sans confiance, le multilatéralisme ne peut pas donner de résultats.”
Pour y remédier, sa diplomatie repose sur le refus des exclusions et le choix délibéré du dialogue permanent. Il entend ainsi redéfinir le rôle de l'institution pour en faire une plateforme où chaque nation trouve sa place, indépendamment de son poids économique ou militaire. “Si je suis élu Secrétaire général, je défendrai trois changements concrets. Premièrement, je m'efforcerai de rapprocher les Nations Unies de l'ensemble de ses États membres. La réforme doit être portée par les pays, grands et petits, du Nord comme du Sud. L'ONU doit être davantage à l'écoute et agir avec plus d'inclusivité. En tant que Secrétaire général, je serai un bâtisseur de ponts, quelqu'un capable de parler à tout le monde, d'écouter tout le monde, de rapprocher les positions et de maintenir le dialogue, même en période de fortes tensions.”
Rationalisation et efficacité du déploiement onusien
Le deuxième axe de sa profession de foi s'attaque directement à la lourdeur bureaucratique souvent reprochée à l'organisation internationale. Le candidat sénégalais plaide pour une gestion plus rigoureuse et une culture du résultat ancrée dans les réalités du terrain. Il s'agit de transformer l'appareil administratif en un outil agile, capable de répondre avec pertinence et rapidité aux crises humanitaires et sécuritaires. “Deuxièmement, je rendrai l'ONU plus efficace sur le terrain. Les mandats doivent être rationalisés et clairs, les ressources mieux utilisées et les résultats mieux évalués.”
S'appuyant sur son expérience à la tête d'un État sahélien et ses mandats au niveau de l'Union africaine, Macky Sall récuse l'approche purement militaire des conflits actuels. Il affirme que la stabilité globale ne pourra s'obtenir sans une justice économique et climatique globale, liant intrinsèquement la sécurité humaine à l'épanouissement social des populations les plus vulnérables.
“Troisièmement, tout en veillant au respect des droits de l'homme, je ferai également du développement un pilier central de la paix. Nous ne pouvons pas lutter contre le terrorisme, l'instabilité ou la migration uniquement par des réponses sécuritaires. Nous devons gagner la bataille du développement en favorisant l'emploi des jeunes, des femmes, l'investissement, les infrastructures, la justice climatique et un accès équitable aux financements.”
En rappelant les limites structurelles de la fonction, l'ancien président souligne que l'influence du Secrétaire général ne repose pas sur la contrainte, mais sur une posture éthique irréprochable. C'est cette indépendance qui doit, selon lui, redonner à l'ONU son rôle de boussole dans un monde multipolaire. “Le Secrétaire général n'a pas d'armée, ni de police. Sa véritable force réside dans sa crédibilité, son impartialité et son autorité morale.”
Cette candidature africaine se veut ainsi un engagement de service plutôt qu'une ambition personnelle, portée par la volonté de redynamiser une institution indispensable à la survie de la coopération internationale. “Je ne suis pas candidat pour faire carrière. Je suis candidat pour avoir un impact : pour reconstruire la confiance, restaurer le dialogue et aider à faire des Nations Unies un outil plus fort d'action collective.”





