NETTALI.COM - La décision de Pastef-Les Patriotes de ne pas participer au prochain gouvernement continue de provoquer de vives réactions au sein de la majorité. Parmi les premières voix à s'être exprimées figure celle du député Guy Marius Sagna, qui a directement mis en cause le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

Alors que la publication de la nouvelle équipe gouvernementale est attendue dans les prochaines heures, le leader de Pastef, Ousmane Sonko, a annoncé que son parti ne serait représenté par aucun ministre au sein du futur exécutif. Une décision prise à l'issue de discussions avec le chef de l'État qui n'ont pas permis de parvenir à un accord sur la place et le rôle de la majorité dans le nouvel attelage gouvernemental.

Réagissant à cette annonce, Guy Marius Sagna a estimé que la responsabilité de cette rupture incombe entièrement au président de la République.

« Un Président de la République qui ne s'entend pas avec Pastef pour la constitution d'un gouvernement est un Président qui refuse d'appliquer le résultat des urnes issu des élections législatives du 17 mars 2024 », a déclaré le parlementaire.

Le député a rappelé que Pastef dispose d'une majorité écrasante à l'Assemblée nationale, avec 130 députés sur les 165 que compte l'hémicycle. Selon lui, cette réalité politique devrait naturellement se refléter dans la composition du gouvernement.

Pour Guy Marius Sagna, l'absence de Pastef au sein de l'exécutif constituerait une remise en cause directe du choix exprimé par les électeurs lors des dernières élections législatives. Le parlementaire va plus loin en accusant le chef de l'État de ne pas respecter la volonté populaire. « Il est coupable de déni démocratique en refusant de respecter la souveraineté populaire issue des urnes », a-t-il affirmé.

Dans une formule particulièrement sévère, l'élu a même qualifié la situation de « braquage électoral ». « C'est un braquage électoral contre Pastef et ses électeurs », a-t-il martelé.

Cette sortie intervient dans un contexte de fortes tensions politiques entre la Présidence et la direction de Pastef, quelques jours seulement après le départ d'Ousmane Sonko de la Primature et son élection à la présidence de l'Assemblée nationale. Elle traduit également l'inquiétude d'une partie des cadres et militants du parti majoritaire qui considèrent que la nouvelle configuration institutionnelle pourrait éloigner l'exécutif des orientations politiques portées par Pastef depuis son accession au pouvoir.

La réaction du député risque d'alimenter davantage le débat sur les rapports entre le président Bassirou Diomaye Faye et la majorité parlementaire, au moment où le Sénégal s'apprête à découvrir la composition du nouveau gouvernement.