NETTALI.COM - Au cours de la grande interview du samedi 2 mai, le chef de l’État a exprimé son incompréhension suite à la décision des députés de Pastef qui ont voté une loi modifiant les articles L29 et L30 du code électoral. Pour lui, il n'y avait pas urgence puisque le problème d'élibigilité de Ousmane Sonko ne se pose plus.

« Je n’ai pas vu l’urgence de faire cette proposition. Nous étions dans une dynamique consensuelle. Je n’ai pas compris pourquoi on a extrait un seul point pour proposer une procédure d’urgence pour le voter. C’est comme si c’était pour court-circuiter une dynamique en cours, alors que le nouveau code à venir avec tout ce que ça comporte (en plus de la même disposition) ; lorsque vous irez dans les dispositions transitoires, elles diront que les dispositions de la loi qui porte le code électoral  révisé, sont abrogées», a déclaré le président Bassirou Diomaye Faye, bien qu'il reconnaisse la légitimité de l'initiative parlementaire.

Toutefois, il a tenu à rassurer sur la solidité technique et la transparence de ladite proposition. Il a en effet expliqué que  ceux qui sont dans le comité de relecture, figurent mon conseiller  juridique, le conseiller juridique du  premier ministre, le président de l’Assemblée nationale, le directeur général des élections (DGE) qui était dans le comité d'experts (qui est là pour clarifier certaines choses), le président du groupe parlementaire et le ministre Amadou Ba et le ministre de l'intérieur. « Quand ils ont emmené le projet, j’ai regardé, il y a quelque chose qui était à introduire au dernier moment sur lequel, il fallait discuter. J'ai pris le temps de lire. je suis très pris mais J'ai tenu à lire certains projets de loi ; j’ai relu la Constitution, la cour constitutionnelle, la loi sur les partis politiques, je pense que c'est la loi sur le code électoral que je n'ai pas eu le temps de lire  », affirme-t-il, mettant en avant une démarche de transparence et de rigueur destinée à éviter toute contestation.

Pour ce qui est de la question de l’éligibilité d’Ousmane Sonko, le président de la République soutient que celle-ci ne souffre d'aucune ambiguïté, affirmant que l'actuel Premier ministre a pleinement recouvré ses droits. Il a ainsi rappelé que si Ousmane Sonko avait été empêché de se présenter par le passé en raison de son statut d’électeur, cette situation est désormais « dépassée ». Car, dit-il, « il a voté lors des élections, puis encore en novembre 2024, et il a été élu avec un mandat en suspens, mais en cours ». Pour ce qui est donc de l’éligibilité de Ousmane Sonko, le message est sans ambiguïté : pour le président, le débat est clos.Une position tranchée qui, loin d’éteindre totalement la polémique, pourrait au contraire alimenter les critiques de ceux qui dénoncent un dossier encore sensible dans le paysage politique sénégalais.

Au-delà de la controverse, Bassirou Diomaye Faye insiste sur l’essentiel : la réforme du système électoral dans son ensemble. Il évoque des consensus issus du dialogue politique, notamment sur le bulletin unique, la révision permanente du fichier électoral ou encore le renforcement de la Commission nationale indépendante.