NETTALI.COM - "Ce parti, j'ai assisté à sa naissance au moment où on a pensé créer un parti politique. Je n'ai eu à rater qu'une seule réunion, jusqu'à l'obtention de nos statuts, du choix de nos couleurs et emblèmes, sans oublier la devise" (le don de soi pour la patrie) que j'ai inspirée. J'étais là lorsqu'on envisageait une fusion avec Taxaw Temm, depuis ma participation à la rédaction des statuts partagés par la suite et validés, en passant par la réécriture des statuts que j'ai fait seul, la rédaction du règlement intérieur sans oublier la charte de la commission de placement des cartes de Pastef que j'ai faite également seul. Si on prend les mouvements de Pastef, que cela le mouvement des jeunes, des cadres, des domou dara, des artisans, j'ai été au comité d'initiative jusqu'à l'installation ; c'est au moment de la mise en place du mouvement des transporteurs que j'ai été emprisonné ; il n ' y a que le mouvement des handicapés que je n'ai pas installé puisque j'étais en prison. Il n y a aucun programme qui ai abouti et dans lequel j'ai pas mis la main. Lors du Ndogou des coordonnateurs départementaux au palais, je suis passé par le nom de ceux qui m'ont serré la main et je connais les collaborateur de chacun d'eux dans sa localité. Donc ce parti, je l'ai battu de ma main en toute humilité en compagnie des patriotes...", a précisé Bassirou Diomaye Faye qui répondait à une question de Moustapha Diop.

Avant d'enchainer : "Et lors de l'AG de Pastef à l'université, on m'a désigné pour établir la feuille de route du comité de pilotage provisoire que j'ai fait et présenté seul. On a par la suite dit que le parti souffrait d'un déficit de notoriété et on s'est dit qu'il faut bâtir le parti autour d'un individu, d'une personnalité. On a donc choisi Ousmane Sonko qui a fait un travail remarquable. Il faut reconnaître à chacun son mérite.

Par la suite, lorsqu'on a envisagé la présentation du livre "Solutions", c'est à moi qu'est confiée l'organisation de la cérémonie de bout en bout et j'ai dû travailler avec El Malick et d'autres. Et en 2019, avec la radiation, les gens ont commencé à faire de personnification, alors qu'Ousmane Sonko prenait de l'envergure, il s'est montré lucide et il disait même que le Sénégal n'avait pas besoin de messie, de prophète, et encore moins de héros, mais plutôt d'une masse critique de citoyens conscients des enjeux et je le taquinais en lui disant qu'à chaque fois que tu fais quelques chose, j'ai besoin de compléter "une masse critique de citoyens conscients des enjeux et d'agir. A son corps défendant, Ousmane n'a jamais cru au messianisme et à des histoires de guide et encore moins de guide d'une quelconque révolution.

Si Pastef ne se méfie pas, au regard de la trajectoire qu'il est en train de prendre, tout va s'écrouler. Quand on parlait de projet, on pensait automatiquement à Pastef, mais le projet venait en complément de "le Sénégal n'a pas besoin de messie, ni de héros, mais d'une masse critique de citoyens", parce qu'on voulait distinguer tout le temps le projet qui devait être dépersonnalisé du leader qui l'a incarné, à un moment M, quel que soit son mérite et quel que soit son courage. C'est pourquoi, on a toujours voulu orienter tout le temps les militants vers l'essentiel et l'essentiel c'est Le  Projet.

On ne connaît pas la durée de vie des humains et si Le Projet doit se poursuivre sur 50 ans, ça signifie qu'on doit transcender d'aller au-delà de cette génération actuelle. On ne peut pas bâtir cela autour d'une personnification outrancière du Projet". L'authenticité de Pastef, c'est cela, ce sont la délibération, la contradiction, le choix démocratique. J'ai été souvent mis en minorité, comme on m'a a souvent rejoint  dans mon analyse et dans mes positions. J'ai toujours prôné la loyauté au leader et la fidélité au Projet"