NETTALI.COM - Dans une déclaration reçue à notre rédaction, le vendredi 13 février, le Parti de l’Indépendance et du Travail (PIT-Sénégal) dresse un réquisitoire sévère contre la gestion économique du régime en place. Le parti dénonce une aggravation de la crise financière, une spirale d’endettement préoccupante et appelle à des négociations sérieuses avec le FMI, ainsi qu’à un consensus national pour éviter l’impasse.

Le ton est grave, presque alarmiste. Dans une déclaration signée par le Secrétariat du Comité central, le PIT-Sénégal affirme que le pays “s’enfonce chaque jour davantage dans une profonde crise économique et financière”, qu’il attribue à une gestion “approximative et erratique” de l’équipe au pouvoir depuis près de deux ans.

Selon le parti, les indicateurs économiques témoignent d’un net ralentissement : investissements à l’arrêt, progression du chômage, réduction des dépenses sociales et revendications syndicales non satisfaites malgré des accords formellement signés avec le gouvernement. Les plans de redressement engagés, notamment le Plan de redressement économique et social (Pres) et le Plan spécial d’investissement et de financement (PSIF), sont jugés inefficaces, faute de financements suffisants et d’une vision cohérente à moyen et long terme.

Le PIT reconnaît une hausse des recettes budgétaires de 13,3 % entre 2024 et 2025, attribuée à une forte pression fiscale et à l’élargissement de l’assiette. Mais cette progression serait neutralisée par l’explosion des charges liées à la dette extérieure. Les intérêts et commissions auraient ainsi augmenté de 28 % sur la même période. Plus préoccupant encore, le service de la dette extérieure aurait représenté, en 2025, 25 % des recettes budgétaires. Une situation qualifiée d’ “ alarmante” par le parti, qui dénonce le recours à des emprunts obligataires contractés à des taux élevés, entre 6 % et plus de 7 % sur le marché financier de l’Uemoa, principalement pour financer des dépenses de fonctionnement.

Pour le PIT, cette dynamique enferme le Sénégal dans un “cercle vicieux d’endettement” à des conditions de plus en plus contraignantes, réduisant considérablement les marges de manoeuvre de l’État pour investir dans les secteurs productifs, créer des emplois ou honorer la dette intérieure due aux entreprises nationales.

Les effets des “révélations controversées”

Le parti établit également un lien entre la situation actuelle et les révélations sur la prétendue “dette cachée” et les “données statistiques falsifiées”. Selon lui, ces révélations ont contribué à la dégradation de la note souveraine du Sénégal par les agences de notation et à la fermeture des marchés financiers internationaux, privant le pays de financements à taux plus faibles et à maturités plus longues.

Dans cette perspective, la crise financière liée à la dette serait devenue, aux yeux du PIT, la principale source des difficultés économiques et sociales actuelles. Elle serait aggravée par un faible taux de croissance hors hydrocarbures, estimé à 3,4 % par an, et par l’effondrement du secteur des BTP, en recul de 20 %, conséquence de l’arrêt de nombreux chantiers publics. Le PIT critique, par ailleurs, ce qu'il qualifie de “fétichisation” d’un souverainisme mal compris, reprochant au pouvoir de tergiverser sur l’ouverture de négociations sérieuses avec le Fonds monétaire international (FMI).

À ses yeux, un accord équilibré pourrait ouvrir la voie à une sortie maîtrisée de la crise financière. Le parti met en garde contre les “conséquences désastreuses et durables” qui entraînerait, selon lui, la persistance du gouvernement dans une posture jugée rigide et contre-productive sur la question de la restructuration de la dette.

Restaurer la confiance et réduire le train de vie de l’État

En guise de sortie de crise, le PIT appelle à l’élaboration urgente de stratégies “pertinentes, réalistes et opérationnelles”. Il préconise notamment la restauration de la crédibilité du Sénégal auprès des marchés financiers internationaux et des investisseurs, ainsi qu’une réduction drastique du train de vie de l’État.

Au-delà des mesures techniques, le parti insiste sur la nécessité d’un consensus national, d’une culture de paix civile et d’un renforcement de l’État de droit pour mener à bien une restructuration économique profonde et durable. “Nulle part au monde les problèmes économiques et financiers ne sont solubles par la politique de l’autruche”, conclut le PIT, estimant que l’heure n’est plus aux postures mais à la prise de responsabilités.