NETTALI.COM - Espéraient-ils vraiment s’en tirer à bon compte avec leur plainte, malgré tous les actes anti sportifs et tracasseries qu’ils ont fait subir aux Sénégalais ? Des spéculateurs, doux rêveurs devant l’éternel, avaient même prédit une défaite sur tapis vert pour le Sénégal. Figurez-vous que les marocains avaient de leur côté, à défaut d’un retrait de la coupe, imaginé le scénario d’une coupe non attribuée. Bref du parfait délire dans cette opération visant à salir la victoire sénégalaise jusqu’au bout, alors que les Marocains eux-mêmes ont contribué à polluer l’ambiance de la Can qu’ils voulaient à tout prix gagner.

Saïbari tout comme Hakimi, sans oublier la fédération marocaine, auteure de la plainte, ont écopé de sanctions. Comment pouvait-il en être autrement après les désagréments qu’ils ont eux-mêmes créés : l'obligation imposé aux Sénégalais de voyager par train ; l’accueil des joueurs exposés en pleine gare au milieu du public, avec seulement cinq policiers affectés à la sécurité ; un hôtel pas à la hauteur du standing de l'équipe et la galère à trouver un de remplacement ; ce terrain d’entraînement attribué aux lions dans le camp de base des Marocains, où tous leurs secrets allaient être livrés à la partie marocaine, mais finalement remplacé par le terrain annexe sur insistance de la fédération sénégalaise ; ces autorités sénégalaises qui ont failli ne pas accéder au stade, avec l'argument des billets vendus depuis le premier match ; ce spectacle indigne et honteux des serviettes, avec ces stadiers complices, ces officiels passifs, malgré toute la manipulation autour des images et séquences visant à accabler la partie sénégalaise.

Comment expliquer les malaises de krépin Diatta, Ousseynou Niang et Pape Matar Sarr, alors que les analyses n'ont rien pu expliquer ?

Bref la liste est longue des exactions commises dans un seul but qui est de destabiliser les Lions.

Sur l’arbitrage de la finale, tous les spécialistes, qu’ils soient anciens arbitres ou connaisseurs des règles sur le bout des doigts, se sont accordés sur l’incurie d’un arbitre aux décisions douteuses dont la partie sénégalaise ne découvrira l’identité qu’à 22 heures, à la veille du match ; n’oublions pas aussi que ces deux arbitres de touche qui n’ont jamais officié à une Can.

L'arbitrage, ce gros point noir 

Sur le sujet arbitrage d’ailleurs, le journal d’investigation « Enquête » nous a livré dans un papier documenté, tout le scénario construit autour en vue de favoriser le Maroc, citant ainsi une tribune. Il faut en effet noter que dans une tribune largement diffusée sur les réseaux sociaux et dans certains médias, certains attiraient l’attention sur ce qu’ils ont appelé “l’accord de Kinshasa : comment la commission des arbitres a été vendue au Maroc”.

Dans ladite tribune, on évoque notamment un audit accablant contre le secrétariat général de la CAF, dirigé par le tout-puissant Véron Mosengo-Omba : un autre Congolais, au sommet de la pyramide, très proche de Gianni Infantino avec qui il a étudié à l’université de Fribourg. En l’absence de Motsepe pris par ses affaires, Mosengo-Omba dirige presque de main de fer l’organisation, avec le soutien des vrais boss : le président de la CAF et son influent vice-président Fouzi Lekjaa….

Ce qui est constant, c’est que des accusations accablantes ont bel et bien eu lieu contre le bras droit de Motsepe et Lekjaa : Mosengo-Omba. Un audit a d’ailleurs été ordonné par la CAF en 2024. Mosengo-Omba était aussi visé par une enquête ouverte en Suisse, après des soupçons graves de blanchiment d’argent émis par une banque auprès du MROS, le bureau de communication central helvétique en matière de renseignement financier. “Ces allégations portaient notamment sur des bonus supposés excessifs perçus par le dirigeant – jusqu’à cinq fois le montant prévu dans le contrat qu’il avait signé avec la CAF en mars 2021 –, mais également sur des soupçons de gestion déloyale, fraude et falsification de documents financiers”, informait Le monde, qui précisait que l’enquête suisse n’est pas allée plus loin “faute de preuves”. La CAF également en était arrivée presque à la même conclusion.

Officiellement. Le SG Véron Mosengo-Omba est ainsi devenu plus puissant que jamais. Mais d’après ses détracteurs, il est aussi redevable à Motsepe et surtout à Lekjaa qui, lui, voulait surtout sa coupe d’Afrique. C’est dans ce contexte que le Congolais Olivier Safari a été désigné président de la commission des arbitres en remplacement du Béninois Hugues Alain Adjovi en octobre 2025, à quelques petits mois de la CAN. Dans le même temps, la CAF mettait un terme aux fonctions de l’Ivoirien Désiré Noumandiez Doué, sur fond de contestations majeures du Maroc, toujours mécontent d’avoir perdu chez lui la Coupe d’Afrique des nations féminine devant le Nigéria.

Jusque-là directeur de l’arbitrage, c’est-à-dire celui qui exécute la politique définie par le président de la Commission, à l’époque le Béninois Adjovi, l’Ivoirien a été limogé en pleine mission. Nous n’avons d’ailleurs pas connaissance de son remplacement. Après avoir écarté le président de la Commission (le Béninois Adjovi), le directeur de l’arbitrage (l’Ivoirien Noumandiez), les maîtres de la CAF pouvaient dérouler leur plan, avec leurs pantins Safari et Omba. Pour désigner l’arbitre du match d’ouverture et de la finale de la CAN, le duo n’a pas cherché très loin. Ils ont juste pris leur compatriote et ancien patron de Safari, Jean Jacques Ndala. Pour être sérieuse, la CAF ne peut pas se limiter aux sanctions contre les sélections et des joueurs. Il faudra aller bien plus loin et situer toutes les responsabilités, au-delà même de la finale chaotique. Si elle ne le fait pas, la FIFA doit l’y soumettre.

Et au-delà de la question de l’arbitrage, difficile de ne pas être surpris par le gênant et malheureux commentaire de cet encombrant invité d’honneur de président de la Fifa qui a manqué à son devoir de réserve. Que penser de cette attitude dédaigneuse et condescendante voire même arrogante du frère de Mohamed VI ? Une posture loin d’être royale pour un pays qui se dit ami et frère du Sénégal.

Comment également expliquer, dans ces conditions, l’attribution du trophée Fair-Play au Maroc, alors même que la Commission de discipline l’a sanctionné pour ne pas avoir respecté les règles du fair-play ? Et celui de "meilleur entraineur" à Regragui ?

Une contradiction qui interroge la cohérence des décisions disciplinaires et l’esprit même du fair-play que ce trophée est censé récompenser. A moins que ces sanctions n’aient été motivées que par un objectif financier, avec ce pactole de plus d’un million de dollars récolté grâce aux amendes.

A la vérité, le Sénégal aurait été sanctionné financièrement d’un montant d’1 milliard de F CFA, que le jeu en vaudrait la chandelle. La réponse servie par Pape Thiaw a été à la hauteur de ce qui se planifiait, car il fallait à ce moment précis, abdiquer ou dire stop car elle en était bien pleine cette coupe, de manigances et de favoritisme.

Mais alors que la partie marocaine a décidé mardi 3 février de faire appel de la décision, dans un communiqué rendu public, la Fédération sénégalaise de football a officiellement notifié à la Confédération africaine de football, sa décision de ne pas faire appel des sanctions sportives et financières infligées à la suite des incidents de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Une renonciation, précise la FSF, qui concerne également les sanctions disciplinaires individuelles visant le sélectionneur national Pape Bouna Thiaw, ainsi que les joueurs Ismaïla Sarr et Iliman Cheikh Baroy Ndiaye.

Un appel qu’elle motive par des faits suivants : "matchs marqués par le retrait des joueurs et du staff sénégalais, l’envahissement du terrain par leurs supporters et les troubles et émeutes qui s’en sont suivis", qui l’amènent à penser que "les sanctions prononcées par la Commission de Discipline sont disproportionnées au regard de la gravité des faits comme souligné dans la correspondance officielle adressée par le Président de la Fédération Royale Marocaine de Football au Président de la Confédération Africaine de Football".

Que Motesepe se déclare, lors d’une communication à la presse, "très déçu", ne devrait émouvoir personne. Il devrait plutôt songer à réparer le mal qui ronge l’organisation qu’il dirige et que les publics africains et au-delà même du continent, ont tous noté.

Et ironie de l’histoire, le chroniqueur sportif Rémy Ngono a rappelé un fait que beaucoup ignorent. A savoir que les Marocains qui crient aujourd’hui à l’injustice, ont été les premiers à se retirer du stade, l’année où ils ont gagné leur seule et unique Coupe d’Afrique, face à la Guinée en Ethiopie, en 1976 avec la formule du championnat. Relatant les évènements, Ngono informe que le premier but de la Guinée est contesté par des Marocains qui sortent du stade sur fond de discussions intenses avant que le Maroc ne retourne dans le stade pour égaliser par Faras. Ce qui lui offre la Can. Une raison selon le chroniqueur sportif de ne pas contester la coupe au Sénégal.

Mais une fois tous ces constats faits, à l’heure du bilan, c’est mission accomplie pour Pape Thiaw dont le contrat devrait être renouvelé et son salaire revalorisé.

La comparaison malvenue !

Sur le plan financier, la ministre des sports Khady Diène Gaye a exposé un bilan aux allures de comparaison : 5,125 milliards mobilisés jusqu’à la finale ; un budget de 6,5 milliards pour la Can 2021 ; 11 milliards pour le mondial passé avec une élimination en 8ème de finale et 7 milliards à la Can en 8ème de finale.

Mais ce qu’elle aurait dû plutôt faire, c’est surtout relativiser un peu mieux les chiffres qu’elle a annoncés dans ce qui apparaît comme une comparaison peu pertinente. Car dès lors qu’on se projette dans un tel exercice, il devient plus logique d’intégrer des paramètres tels que les différents postes de dépense, le contexte des compétitions, le coût de la vie des pays de compétitions, le coût des déplacements, le nombre de personnes prises en charge dans les délégations, etc.

Le journaliste sportif Mbaye Jacques n'a d'ailleurs pas manqué sur "D Sport" à faire une précision de taille : "Est-ce que l'objectif est juste de gagner la coupe d'Afrique ? Pape Dieng a dit un élément très importants. Il faut raisonner sport dans sa globalité, en termes de gestion du sport. Il ne faut pas se lancer dans des études comparatives de budget, il faut dire que le Cameroun est plus cher que le Maroc, alors qu'on sortait en plus d'une période post-covid ; la Côte d'Ivoire est plus chère que le Maroc et je peux séjourner durant 1 mois avec 500 000 F, alors que je ne peux le faire au Cameroun et en Côte d'Ivoire. Il ne faut pas faire de comparaison. Lorsqu'on vous confie une mission, l'essentiel est de voir quels actes poser pour faire évoluer le secteur. On a félicité la ministre, elle a remporté la coupe d'Afrique, c'est le deuxième ministre, il n y a rien d'inédit, ni d'historique. Mais je pense que 8 milliards...Qui va se promener avec des milliards et par où on va passer avec. Je ne voulais même en parler, mais je savais que les gens allaient lui répondre. Chaque déclaration, sa réponse. Ce sont eux qui sont au pouvoir et c'est le bon Dieu qui l'a voulu.  Il faut faire ce que les autres n'ont pas encore fait. Il faut poser des actes forts. Le sport n'a pas connu d'actes forts depuis qu'elle est là. Il faut avoir le courage de le dire. Depuis juillet, on a adopté en conseil des ministres, ce soit disant code, alors que c'est une charte améliorée, c'est même pas un code et il n y a pas de portage pour l'amener à l'assemblée, le voter afin qu'il devienne une loi. Cette coupe d'Afrique, elle est éphémère et les gens vont s'occuper d'autres choses. Il n y a pas d'infrastructures sportives au Sénégal....Il faut qu'on arrête de faire des comparaisons..."

Précisons tout de même que cette équipe du Sénégal n’est pas devenue championne d’Afrique par hasard. Elle est en effet le fruit d’une construction entamée depuis l’époque Aliou Cissé, Pape Thiaw lui-même ne sortant pas du néant pour avoir auparavant gagné le Chan. Ce qui veut, en d’autres termes, dire que cette victoire est le résultat de graines semées qui ont germé pour enfin porter les fruits actuels. Pape Thiaw a donc perpétué l’œuvre de son prédécesseur en apportant une touche plus offensive qui faisait défaut chez un Aliou Cissé bien trop frileux sur ce plan. A la vérité, tous les deux ont été influencé sur le plan du jeu par une culture d’ancien défenseur et d’ancien attaquant.

A cela, il faut ajouter le fait que le coach a su faire confiance aux jeunes joueurs tels que Ibrahima Mbaye, Mamadou Sarr par exemple qu’il a su faire jouer progressivement de manière à acquérir cette confiance qui leur a permis de combler les absences de Koulibaly lors de la finale, ainsi que les insuffisances d’attaquants tels qu’Ismaila Sarr et même remplacer, en certaines occasions, Ilimane Ndiaye. La relève semble en tout cas bien assuré avec une transition en douceur qui est en train de se faire.

N'oublions pas aussi qu'Augustin Senghor a passé le flambeau à Abdoulaye Fall, avec une bonne de la Fédération qui est encore présente.

La détention des 17 supporters sénégalais en question

Mais ce qui demeure inquiétant et reste un gros point noir de cette compétition, ce sont les 17 supporters sénégalais toujours en détention dans les prisons marocaines. L'audience prévue ce mardi 5 février a encore été reportée au 12 février pour cause de grève des avocats. Ce qui n'est pas de nature à apaiser l'inquiétude des familles des supporters en détention, plongées dans l'incertitude la plus totale, ne maîtrisant ni les conditions de détention, ni le sort qui leur sera réservé, alors que la question de leur assistance digne de ce nom est posée par des familles des supporters cités par Le Témoin du vendredi 6 février. Des supporters qui ont d'ailleurs  fini par se déclarer en grève de la faim, ce vendredi 6 février, si on en croit un message transmis à l’AFP par leur avocat, Patrick Kabou.

Devant une situation manifeste de non-garantie du procès équitable et de non-respect du principe des droits de la défense, ce dernier a informé que nos compatriotes, les 17 supporters incarcérés au Maroc, ont décidé de ne pas se présenter devant un juge sans au préalable savoir, ni comprendre les éléments de l'accusation.

Selon l’avocat, ils exigent que les infractions qui leur sont reprochées, leur soient communiquées dans une langue qu'ils comprennent.

Les supporters sénégalais réclament en outre que leur droit logique et naturel à leur avocat d'accéder librement au Tribunal de Première instance de Rabat, leur droit logique et naturel de s'entretenir avec leur avocat en prison et dans les geôles du Tribunal de Première instance de Rabat avant les audiences, et le suivi médical nécessaire en prison.

En effet, malgré plusieurs promesses, l'un d'eux ne dispose pas de son traitement. Ils continuent le jeûne et le recueillement annoncés depuis le vendredi 6 février 2026

Une détention qui commence à durer, alors que l'on pensait que la diplomatie mise en branle, avec la visite du premier ministre, aurait aidé à dénouer l'affaire. Soulignons que des bruits avaient circulé sur les réseaux au sujet de leur libération, suite à la présence du premier ministre au Maroc. Mais lors de la récente annonce du report de l'audience, beaucoup d'internautes avaient découvert qu'il n'en était rien.

Ce mercredi  et jeudi 4 et 5 février, le député Tahirou Sarr nous a appris que selon certaines informations, Macky Sall se serait impliqué dans leur libération.

Une affaire qui semble de plus en plus virer à la prise d'otage ainsi qu'une vengeance qui ne dit pas son nom.