NETTALI.COM – L’Intersyndicale Sutsas-Sas-Sames/PNA fustige le changement de statut de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (PNA), initié par le ministère de la Santé et de l’Action sociale. And Gueusseum  non plus n’est pas d’accord.

Le changement de statut de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (PNA), initié par les autorités du ministère de la Santé et de l’Action sociale, ne rencontre pas l’agrément de l’Intersyndicale Sutsas-Sas-Sames/PNA.

Pour mémoire, à travers un comité mis en place, la tutelle souhaite proposer un nouveau statut.

Ainsi, l’Intersyndicale rejette vigoureusement le choix du statut d’association à but non-lucratives (ASBL) que le comité mis en place par la tutelle a annoncé. De l’avis de l’intersyndicale, cette décision ne garantit aucunement la pérennité de la structure et de sa mission de service public.

Sutsas-Sas-Sames/PNA s’oppose donc catégoriquement à toute transformation institutionnelle hasardeuse et aventurière de la PNA, qui mettra en péril ses acquis. L’Intersyndicale souligne qu’elle n’acceptera de ce comité aucun choix de statut imposé ou fait sans leur totale implication et la prise en compte de toutes les préoccupations des travailleurs. Elle juge que la PNA, actuellement établissement public de santé non-hospitalier, ancrée dans la réforme hospitalière de 1998, qui totalise une expérience de plus de 60 ans comme centrale d’achat et par ailleurs bras armé de l’État en matière d’approvisionnement en produits pharmaceutiques, ne nécessite, d’une part, qu’une dérogation au Code des marchés publics.

Cela, soutiennent les syndicalistes, pour éviter les longues procédures de marchés qui constituent le principal obstacle à sa mission de service public. D’autre part, souligne-t-on, la mobilisation de ses ressources financières liées, entre autres, à la Couverture maladie universelle (CMU) et aux programmes prioritaires dont les déficits budgétaires sont souvent supportés par la PNA pour éviter des ruptures de produits

En outre, l’Intersyndicale pense qu’une tentative de changement de statut, surtout dans le contexte de la pandémie à Covid-19 où le monde scrute encore les contrecoups et la relance économique dans un climat d’incertitude, serait une aventure risquée et qui peut mettre en danger sa mission de service public.

Le coup de gueule de And Gueusseum

L’Asas Sutsas-SUDTM-Sat santé D-CNTS/Santé And Gueusseum s’insurge aussi contre la privatisation de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (PNA) commencé avec le régime d’Abdoulaye Wade sous la bannière de la Convergence SutsasSAS. Elle soutient et prend en charge la lutte continue, avec la section Sutsas/PNA, ‘’contre la nouvelle tentative aventureuse, nouvelle trouvaille du ministère de la Santé et de l’Action sociale qui veut changer le statut de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (PNA). En effet, And Gueusseum considère que la PNA, grossiste répartiteur de médicaments et de produits essentiels, riche de soixante ans d’expérience, résiste et tient bon, malgré, d’une part, une absence de subvention d’exploitation depuis 2004 et, d’autre part, les lourdes créances de l’Etat sur ses comptes, mais surtout des procédures draconiennes du Code des marchés publics. Elle n’a donc nullement besoin d’un changement de statut’’, informe la centrale syndicale dans un communiqué.

A cet égard, And Gueusseum interpelle l’opinion sur ce qui motive réellement cette ‘’aventure périlleuse’’ pour un établissement qui tire son statut d’établissement non-hospitalier de santé de la loi hospitalière de 1998. Et qui, selon eux, qui ‘’ne réalise pas de richesses’’ comme une entreprise classique, mais une personne morale devant équilibrer ses comptes. ‘’Ce qu’elle fait très bien jusqu’à date. C’est pourquoi And Gueusseum rappelle au ministre de la Santé et de l’Action sociale que la PNA ne demande qu’un accompagnement dans sa mission de service public par une subvention d’exploitation substantielle au prorata de ses charges aggravées par d’autres activités exigées par les nombreux programmes qu’elle couvre, un assouplissement des procédures d’acquisition de médicaments et le recouvrement de ses créances dues par l’Etat qui semblent irrécouvrables’’.

And Gueusseum, qui plus est, rappelle à l’Etat que la souveraineté sanitaire convoque tout autant que celle pharmaceutique, que la privatisation déguisée de la PNA ‘’ne saurait réaliser’’. La priorité est dans la mise en place d’une véritable industrie pharmaceutique, le développement de la pharmacopée et la lutte héroïque contre le médicament de la rue. La nationalisation de l’unité locale de fabrication de médicaments (Medis) en est, pour eux, ‘’un jalon important’’ dans ce contexte.