NETTALI.COM-Pour Dr  Babacar Diop, le refus du ministre de l’Intérieur de délivrer un récépissé à son parti à cause du nom Guélewar est « une méprise ». C’est pourquoi, le secrétaire général des Forces démocratiques du Sénégal (FDS) /Les Guelewars, qui a rejeté cet argument, entend obtenir victoire devant la justice.   

Dr Babacar Diop ne comprend pas le refus du ministre de l’Intérieur de donner le récépissé à son parti les Forces démocratiques du Sénégal (FDS) à cause du nom Guelewar qui y est rattaché. Invité de l’émission « Jury du dimanche », il a rejeté l’argument ethnique avancé. Ce faisant, il a expliqué le choix de ce titre tout en faisant l’historique. « Nous avons voulu partir de notre propre imaginaire, de notre propre mémoire collective, de notre propre mémoire historique, de nous-même c’est-à-dire partir de nos propres réalités parce qu’il faut penser et agir en Africain. En prenant Guelewar, c’est que nous nous identifions aux valeurs de Guelewar. Guelewar vient du malinké qui signifie au sens propre guerrier de la bataille, fauve de la bataille. Et au sens figuré les seigneurs de la guerre, les seigneurs de la paix », dit-il.

Tout en soulignant que « ce n’est pas un groupe ethnique », le secrétaire général du FDS poursuit : « au départ, c’était un groupe de guerriers qui étaient dans le Nianing de Soundiata Keïta et qui vont migrer plus tard pour aller au Ngabou pour venir s’installer au milieu du 14e siècle dans le Sine Saloum. Les Guelewars ont traversé tout l’espace de la Sénégambie même tout l’espace ouest africain ».

Ce rappel historique fait, il déclare : « c’est pour vous dire que Guelewar on le retrouve chez les Sérères, chez les Malinkés, chez les Al Puular etc. C’est la raison pour laquelle le fait que le ministre de l’Intérieur refuse de nous donner le récépissé est une méprise (…) Guelewar, c’est le symbole de notre métissage linguistique, culturel et même j’allais dire ethnique ».

Par étayer ses propos, Dr Diop a évoqué l’œuvre littéraire de Ousmane Sembène intitulée « Guélewar » qui dit-il, « a donné un souffle nouveau à ce mot qui, aujourd’hui renvoie à la valeur, la dignité ». Partant de là, il ajoute : « La figure de Guélewar comme elle apparaît dans l’œuvre de Sembène Ousmane est la figure de l’insoumission, de la rébellion contre toute forme de domination, contre toute forme d’injustice. Et, nous nous identifions à ce Guélewar là. Vous me demandez que signifie Guélewar et je vous réponds que c’est l’autre nom du patriote, du citoyen, du militant engagé, du justicier qui agit en redresseur de tort, de celui qui consacre sa vie à la construction d’une patrie nouvelle jusqu’à rencontrer la mort et en ce sens il finit en martyr. C’est le symbole par excellence du héros patriotique. C’est cet exemple là que nous avons voulu pour la jeunesse de notre pays et pour la jeunesse africaine ».

« Nous gagnerons devant la Cour suprême »

Et c’est fort de ces arguments que Dr Babacar Diop dit avoir des arguments scientifiques pour gagner la bataille devant la Cour suprême. « Devant le juge nous gagnerons ce procès (…) Nous refusons de changer de nom parce que c’est une bataille culturelle », clame-t-il.

Quid de la médiation que mène Alioune Tine ? « Jusqu’au vendredi dernier il y a eu un blocage parce que le ministre est resté sur sa position. Le président Alioune Tine continue mais je pense que nous irons devant le tribunal », informe l’invité de iRadio.