NETTALI.COM- L’hôpital Aristide Le Dantec est-il plus malade que les malades que les patients qu’il accueille ? Une question qui a toute sa pertinence, à la vue des problèmes auxquels l’établissement sanitaire est confronté.

En effet, la Commission médicale d’établissements (Cme) de l’hôpital Aristide  le Dantec peint un tableau très sombre de la situation qui prévaut dans la structure.  Surendettement, baisse des recettes, ruptures de réactifs et de médicaments, pannes en série et défaillances graves de l’infrastructure sont, entre autres, les difficultés enregistrées dans cet hôpital où  la réfection de plusieurs services et des blocs opératoires entamée depuis plus de 2 ans n’est toujours pas finalisée tandis que d’autres n’ont jamais démarré. « En réalité, l’ensemble des services de l’hôpital est dans un tel état que l’administration de soins de qualité aux patients y est quasiment impossible. En plus, sont apparues des dégradations, pour la plupart liées au non entretien d’un bâtiment ancien mais aussi à la mauvaise qualité des travaux de réfection qui y sont effectués », rapporte le document de presse.

Lequel renseigne que le projet de reconstruction, la seule véritable solution devant cet état de fait, tarde à voir un début de réalisation. Cela, malgré la finalisation de la rédaction et de la révision du projet d’établissement de l’hôpital selon les recommandations du Ministère de la Santé et de la Banque Mondiale. « Concernant le fonctionnement de l’établissement, l’audit de la masse salariale inscrit dans le mémorandum ne paraît pas être une urgence pour l’administration de l’hôpital alors que le déficit en personnel qualifié est évident », regrette le communiqué, ajoutant que l’informatisation des services avance, mais risque de s’arrêter faute de budget. Ce qui fait dire à la Commission que « le conseil d’administration ne joue toujours pas son rôle de contrôle des finances et des investissements et à ce jour les ruptures répétées et durables de médicaments et de réactifs persistent et les renouvellements de matériels ne sont toujours pas assurés ».

En effet, le document de presse fait constater qu’au niveau du service des urgences qui est la vitrine de l’hôpital, la prise en charge des patients continue de poser problème. Pour cause, la mise à disposition d’analyses, d’examens d’imagerie et de traitements urgents sans attendre le règlement des patients n’est pas effective. « Tous ces manquements rendent à suffisance compte de graves soucis de gouvernance de l’hôpital. Le soutien apporté par le ministère de la santé est insuffisant pour régler les problèmes auxquels l’hôpital est confronté et l’impact attendu du travail réalisé depuis un an est largement en deçà de nos espérances avec comme principales raisons : l’insuffisance de la subvention ministérielle et le non-respect voire l’absence de procédures transparentes de gestion », renseigne le communiqué. Qui, toutefois, signale que malgré toutes ses difficultés, Le Dantec continue encore de participer de façon importante à la prise en charge des patients Covid depuis le début de la pandémie. Mieux, une partie des charges non négligeable a été financée sur fonds propres. « A ce jour le nouveau service d’accueil des urgences de l’hôpital a été consacré à la prise en charge des cas graves ou oxygéno-nécessitants. Ainsi nous mettons à la disposition des populations 6 lits extensibles à 10 de réanimation entièrement équipée et 16 lits pour patients à risque ou oxygéno nécessitants », informe le document.