NETTALI.COM – Serigne Mboup est formel. Selon lui, les pays africains qui sollicitent l’annulation de la dette font preuve d’incohérence. Le président de l’Union nationale des chambres de commerce et d’industrie trouve paradoxal que ces pays continuent à alourdir leur dette.

 

Invité du Jury du dimanche, Serigne Mboup, PDG de CCBM et président de l’Union nationale des chambres de commerce et d’industrie s’est prononcé sur l’annulation de la dette africaine réclamée par des chefs d’Etat du continent. Cela, après que la pandémie du coronavirus a mis à terre les économies de leurs pays respectifs.  D’après lui, les pays africains doivent davantage travailler afin qu’ils puissent, demain, décider de leurs économies.

Car, à son avis, en réalité, les Etats africains ne décident pas de leurs économies. « Si nous sommes dans une situation qui fait que nous ne pouvons pas décider de notre économie, on ne peut que se rendre en France », a-t-il relevé pour le regretter. Cependant, pense-t-il : « nous devons leur laisser un héritage qui fera que ces générations africaines à venir puissent gérer leurs propres économies. Jusqu’à présent, les projets que nous faisons, ce sont des financements extérieurs. Et pourtant, on pouvait avoir des financements intérieurs ».

Très en verve, Serigne Mboup de marteler : « Je trouve paradoxal de demander l’annulation de la dette et continuer à emprunter de l’argent. L’Etat, c’est comme du business. Nous devons être fiers de nous-mêmes. Si l’on demande l’annulation de en retour les Etats doivent s’organiser pour ne plus aller emprunter. Ou bien s’ils le font que cela soit au niveau interne ».

En effet, Serigne Mboup estime que l’Etat du Sénégal, avec les énormes potentialités, les terres dont il dispose, pouvait financer son économie et ne plus emprunter de l’argent.

« Le Sénégal est assis sur une manne foncière »

L’opérateur économique s’est prononcé sur le Pap2A (Plan d’actions prioritaires) qui nécessite 14 000 milliards de F CFA à l’horizon 2023. A son avis, ce projet pourrait être financé ici au Sénégal. « On peut trouver de l’argent ici. Le Sénégal est assis sur une manne foncière. Si l’Etat décidait de titrer toutes les terres et les vendre, on n’aurait pas de problème. C’est comme Dubaï qui a valorisé son patrimoine immobilier pour financer son développement. Dubaï s’est aussi désengagé de toutes les charges qui alourdissent l’Etat. Aujourd’hui, si vous avez besoin de visa, vous allez à Sandaga. Parce que, ce sont les acteurs économiques qui vous envoient le visa avec la garantie de payer tous les jours de plus que vous restez sur le territoire de Dubaï ». Pour lui, il faut adopter le modèle de Singapour. Il faut réfléchir pour rentabiliser toutes les dépenses que vous faites », argue Serigne Mboup. Avant d’ajouter : « Si nous arrivons à réussir cela, vous allez vous rendre compte que le Sénégal pourrait bien économiser de son budget national et en même temps valoriser ce qu’il a comme patrimoine caché ou oublié ».