NETTALI.COM- Avec les dérives constatées sur les réseaux sociaux , l’ Etat du Sénégal envisage de réguler ce secteur. Ce projet de régulation fait craindre chez les organisations de la  société civile et de la presse en ligne qui alertent sur d’éventuelles violations de la liberté d’expression.

L’Association des Editeurs et Professionnels de la Presse en Ligne, l’Article19 Sénégal/Afrique de l’ouest, Citoyens Numériques, l’Organisation des Volontaires d’Afrique “OVA” et la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme ont fait un communiqué pour alerter sur le projet de régulation des réseaux sociaux au Sénégal. Ces organisations disent être préoccupées par ce projet car s’il est mis en œuvre, il s’agirait d’une violation des principes de la liberté d’expression consacrée par la constitution Sénégal et les normes internationales auxquelles le Sénégal a souscrit.

A les en croire, le Sénégal dispose déjà d’un arsenal juridique riche relatif à la liberté et d’autres lois comme celles de la cybercriminalité, la cryptologie, la protection de la réputation, les transactions électroniques, la protection des données à caractère personnel. Mais, constatent-elles : « Malgré cette richesse juridique, l’environnement dans lequel les médias opèrent reste difficile au Sénégal. Et, il n’est pas opportun de réguler les réseaux sociaux ». D’après ces organisations ce qu’il faut c’est : « un modèle d’autorégulation adapté qui pourrait offrir plus de flexibilité tout en protégeant la liberté d’expression. Au-delà de cet environnement déjà difficile, la régulation des réseaux sociaux ne répond pas aux standards régionaux et internationaux portant sur la liberté d’expression ».

Sur ces entrefaites, elles recommandent au gouvernement de limiter son ingérence dans la Gouvernance des médias sociaux et réformer les dispositions liberticides du code pénal et de la presse ainsi que la politique actuelle de régulation des médias. Mieux, elles lui demandent de promouvoir des mécanismes inclusifs et participatifs d’auto-régulation et l’éducation des citoyens à la communication numérique pour améliorer la modération du contenu, garantir la liberté d’expression et le droit à l’information en ligne.

En sus, elles exhortent au Gouvernement à respecter les normes internationales des droits humains, y compris celles liées à la transparence, lorsqu’il s’agit de réglementer ou influencer l’expression sur des plateformes de médias en ligne et de saisir cette occasion pour améliorer de manière significative la liberté d’expression sur internet et pour promouvoir une vision ambitieuse de la protection du droit à la liberté d’expression.

Ces organisations invitent ainsi le Gouvernement de se garder de mettre en place tout dispositif liberticide ou anti-démocratique qui serait une voie ouverte à la mise en place d’une politique répressive de la liberté d’expression sur internet et de veiller à ce que les droits de l’homme soient respectés en ligne et hors ligne, notamment le droit à la vie privée et à la protection des données à caractère personnel.