NETTALI.COM -Cinq personnes interpellées, environ 450 kg de chanvre indien saisis. C’est le gros coup réussi par le commissariat central de Rufisque, ce week-end. Le présumé convoyeur, considéré par les populations comme le “khalife général’’ du trafic dans la vieille ville, est activement recherché

C’est une prise spectaculaire et inédite pour le commissariat central de Rufisque. A Diockoul (commune de Rufisque-Ouest), on ne parle que de ça. La nuit du vendredi 23 au samedi 24 avril, les hommes du commissaire Daouda Bodian ont opéré une descente très musclée dans cette partie de la vieille ville, considérée comme le centre du trafic de drogue à Rufisque. Bilan de l’opération : 450 kilogrammes de chanvre indien saisis, cinq personnes interpellées et placées en garde à vue. Les faits se déroulent entre 2 h du matin et l’aube. En allant en pleine mer récupérer leurs colis, des sacs remplis de chanvre indien, les mis en cause étaient loin de se douter que la police avait une longueur d’avance sur eux. Logés dans les grottes de la plage de Diokoul, derrière le cimetière, les limiers n’attendaient que le moment propice pour agir et appréhender toutes les personnes impliquées dans ce trafic.

Arrivé sur les lieux vers les coups de 3 h, le premier mis en cause a été pris en flagrant délit avec un sac de 100 kg de chanvre qu’il était allé prendre dans une pirogue amarrée en plein océan.

Retour sur le modus operandi

Tout se passe sur l’axe Joal – Rufisque, à bord des pirogues de pêcheurs. Mais les convoyeurs, en provenance de Joal, ne débarquent pas sur la plage rufisquoise. A quelques centaines de mètres de là, ils déchargent leur cargaison dans une autre pirogue et retournent comme ils étaient venus. Mission accomplie pour eux. Charge aux destinataires de venir récupérer leurs marchandises en pleine nuit, quand la plage et les rues de Diokoul se sont totalement vidées de leur monde. Ce jour-là, par on ne sait quel moyen, les limiers semblaient bien informés de ce qui se tramait. Dès 2 h du matin, ils se sont positionnés, attendant les trafiquants, renseignent nos sources. Vers les coups de 3 h, quelqu’un s’est pointé. Après un bref tour d’horizon pour s’assurer qu’il est à l’abri de tous les regards, il a pris une petite embarcation et s’est rendu en mer pour récupérer une partie de la marchandise prohibée. Au retour, alors qu’il trainait seul un sac de 100kg de chanvre indien, il a été appréhendé et son téléphone saisi par les limiers qui savaient que d’autres allaient arriver.

Quelques instants plus tard, un autre arrive et sera arrêté, à son tour, avec le même procédé. Pour le troisième, il n’a pas eu le temps d’aller récupérer son sac. Après un bref échange téléphonique, il a essayé de prendre la tangente, mais sera vite maitrisé par les hommes du commissaire Bodian. Sentant que le reste de la bande avait flairé le piège, les flics décidèrent de boucler l’opération, en allant inspecter la pirogue amarrée à des dizaines de mètres de la plage. Dépourvus de moyens appropriés, ils ont dû prendre des risques, en envoyant des éléments qui savent nager. Lesquels ont dû parcourir environ 150 à 200 m à la nage. Sur place, ils ont enlevé les cordes et leurs collègues ont tiré la pirogue jusqu’à la plage. Ainsi, ont-ils mis la main sur le reste de la cargaison, soit deux autres sacs de 100 kg et un de 50 kg.

Dans la même nuit, les limiers ont procédé à deux autres interpellations. Pour l’un des interpellés, on a retrouvé sa carte d’identité dans la pirogue. Actuellement, le convoyeur est activement recherché. Il faut noter que tout s’est passé très vite dans la nuit, pour éviter que les populations, qui commençaient à être mises au courant, ne puissent gêner l’opération.