NETTALI.COM – L’idée d’accorder une libération temporaire à Hissène Habré n’emporte pas l’adhésion de l’Organisation des Nations Unies. Les rapports de la commission mise en place à cet effet estiment que le maintien en détention de M. Habré est essentiel pour lui permettre de répondre à des graves crimes qu’il a commis et pour garantir l’accès des victimes à la justice et à la réparation, tout en assurant l’intégrité physique du détenu.

Des rapporteurs sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition, sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, sur le droit à la santé et sur la torture, de l’organisation internationale, ont saisi le Sénégal pour s’opposer à l’idée d’accorder une libération temporaire à l’ancien président de la République tchadienne.

” Nos plus graves préoccupations quant à la libération temporaire de l’ancien président du Tchad, dans le contexte de la pandémie Covid-19, sans justification apparente de santé publique, en violation des normes internationales concernant la responsabilité des violations flagrantes des droits de l’homme. Nous soulignons que le maintien en détention de M. Habré est essentiel pour lui permettre de répondre à des graves crimes qu’il a commis et pour garantir l’accès des victimes à la justice et à la réparation, tout en assurant l’intégrité physique du détenu”, écrivent-ils, dans une missive.

C’est au moment où le juge d’application des peines, saisi par les avocats de Hissène Habré, examine leur requête portant sur une autorisation de sortie de prison de six mois.

Mes Ibrahima Diawara et François Serres ont motivé leur demande par l’état de santé de leur client, qui serait “préoccupant”. Entre autres arguments, ils ont souligné que l’ancien chef de l’État tchadien, “en raison de son âge et du temps froid qu’il fait dans son lieu de détention et de l’humidité, enchaîne grippe, rhume et angine. Cette situation met en exergue des risques patents qui s’il se voyait contaminé (par la Covid-19), comporteraient des risques considérables sur sa vie.”