NETTALI.COM – Le leader historique de la LD a été l’hôte d’un débat d’intellectuels, dans le cadre d’une série de conférences en ligne organisées par le Collectif pour le renouveau africain (Cora). Abdoulaye Bathily a fait le bilan de 60 ans d’indépendances, pour en conclure que “les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs’’.

Toujours enclin à faire un clin d’œil à l’histoire, l’ex-enseignant au Département d’histoire à l’Ucad a rappelé la vision du nationalisme africain des années 50 de mettre fin à ce désordre et de reconstruire le continent à travers les mouvements d’indépendance. “De bâtir une Afrique nouvelle, maîtresse de son destin. Soixante ans après, nous voyons que les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs’’, se désole-t-il.

Pour renverser cette tendance, il conseille, dans les colonnes du quotidien Enquête, de mettre en place des sociétés démocratiques appliquant “une gouvernance des citoyens par des élus au service des citoyens pour le bien de la communauté. Que chaque citoyen soit considéré comme un individu à part entière’’. Il est primordial, ajoute le Pr. Bathily, de mettre fin à la crise de leadership pour réaliser l’unité du continent et mettre fin à ce désordre. “Mettre fin au pacte colonial que symbolise tous ces partenariats dans lesquels l’Afrique est engagée. La mise en synergie des ressources naturelles et humaines dans tous les domaines, pourrait créer une nouvelle ère d’autonomie pour le continent. Il y a de quoi nourrir les Africains et le potentiel énergétique est suffisant pour porter la croissance du continent’’, assure-t-il.

La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), entrée en vigueur en janvier dernier, est, selon le spécialiste des questions africaines et internationales, un petit pas dans la bonne direction. “Mais cela ne suffit pas. L’intégration commerciale doit suppléer l’intégration de la production. Il nous faut créer une classe d’entrepreneurs transfrontaliers qui vont construire les petites et moyennes entreprises pour stopper la dépendance vers l’extérieur’’, analyse-t-il.