NETTALI.COM – Rien de nouveau sous le soleil, personne n’est surpris par la tournure des événements. Au contraire, cette retraite annoncée en grandes pompes l’an dernier, très normale pour la respiration démocratique, avait tourneboulé les consciences averties. Alassane Ouattara jetait un pont vers l’avenir, enjoignant la nouvelle génération à relever le challenge générationnel.

L’agenda divin qui échappe au flair mortel, décide de faire échouer le plan échafaudé autour de l’ancien Premier ministre Coulibaly. Ce dernier fera une chute funeste, que Dieu ait pitié de son âme. Dans son souci de parachever la dynamique qu’il a insufflée à la Côte D’ivoire, le Président Ouattara va surseoir à sa décision initiale. L’homme jure la main sur le coeur, de vouloir sauvegarder la cohésion nationale et préparer son départ au terme d’un autre quinquennat. Il sera candidat à nouveau. Le délai semble très court, pour déceler un successeur “jeune” ayant les compétences d’un leader, façonné pour maintenir l’essor économique entamé depuis deux lustres.
C’est une tragédie, toujours un éternel recommencement. Le présidentialisme en Afrique, saccage, opprime, défait toute ambition qui peut légitimement s’affirmer pour pérenniser le legs. Les hommes qui arrivent au pouvoir creusent un fossé et institutionnalisent une monarchie républicaine”.
Les rares exemples qui ont échappé à ce penchant ressemblent à des extraterrestres. Ils sont scrutés comme des zombis.Comment ceux là ont pu contourner la cuirasse dorée du Pouvoir ? Comment ont ils refoulé en eux toute tentation de conserver le guidon ? Pedro Pirez semble avoir la réponse à l’énigme “Il faut se considérer comme un libérateur et non un conquérant à l’épreuve du pouvoir”.
L’ancien Président du Cap-vert est habité par le sens de l’honneur. A sa suite, l’ex Président du Ghana Rawlings est logé à cette enseigne vertueuse .
Le président ivoirien, en voulant rempiler, pourrait re-précariser le gain pacifique. Cette candidature pourrait réveiller les vieux démons.
Ce pays n’a pas fini de cicatriser ses blessures. Mais au delà de cette réalité interne, c’est un “blanc seing” offert aux paires imbus de ce troisième mandat dans la sous région africaine. Une zone sensible en proie à d’innombrables défis surtout sécuritaires. Un sahel ventre mou et bastion de la criminalité transfrontalière débordant vers le Golfe de guinée . Il faut de l’innovation voire de la créativité pour juguler ces menaces qui neutralisent les efforts de développement consentis. Cela est impossible avec l’usure qui cheville un long séjour au perchoir. Parce qu’on est vite rattrapé par le syndrome de l’homme orchestre, qui fait le vide autour de lui.
Tel chef, ne génère aucune émulation, capable de reprendre le.sacerdoce. C’est un pernicieux stratagème usité. Il arrive à incarner l’horizon indépassable, l’oméga éternel.
Alpha sert malheureusement ce discours creux en Guinée, se mettant à dos son peuple. Il donne la réplique dans les faits à Ado, avant une déclaration officielle. Ces deux personnalités devraient respecter les sacrifices qui ont présidé à leur élection.
L’esprit devrait prévaloir sur la lettre. Celui de divorcer avec tout passé ensanglanté et se tourner vers un avenir radieux, usine féconde de la prospérité en faveur des masses, principalement jeunes. Finalement le drame sur ce continent, est que la constitution est rédigée en encre effaçable et non irriguée par une morale ineffable. Alors, osons franchir le Rubicon. Faut -il déposer dans les poubelles de l’histoire politique, la limitation des mandats ? Pourquoi ne pas ouvrir les boulevards pour les barouds, ce n’est pas une question d’honneur.

Je m’en vais vite ranger ma plume. M’émouvoir de mon environnement immédiat, avant qu’on me fasse la leçon. Ou que je sois accusé d’ingérence dans les affaires d’un Etat tiers. Cela dit, j’assume mon irruption dans la vie publique continentale. Puisque l’histoire et surtout l’époque m’exhortent à la synergie, notre génération aspire à l’intégration africaine. Mais revenant à mon cher pays, le chef de l’Etat Macky Sall a éludé ce débat. Il atermoie son dénouement sine die. Le futur nous édifiera.

Thierno Souleymane Diop Niang, Chercheur en Relations Internationales