NETTALI.COM – Assane Diouf élu président de l’Association des parents d’élèves de l’école 12 de Pikine. L’on nous apprend que l’insulteur public doit cette consécration au fait d’avoir » « payé les factures d’eau de l’école, refait le mur de clôture, repeint les salles de classes et aménagé un joli espace public devant l’école pour permettre aux élèves d’avoir un espace de jeu ».

C’est à se demander « où va le Sénégal ? », pour reprendre une formule qui souleva des vagues à la fin des années 60, consécutivement aux troubles post-Mai 68.

Certes, comme tout Sénégalais, Assane Diouf a le droit de se prononcer sur la marche de la nation, dénoncer les nombreux scandales qui éclaboussent le régime, bref, il a le droit d’exprimer ses opinions. Mais le gars est devenu tristement célèbre en faisant de l’insulte une arme privilégiée. Une pratique qui ne reflète pas la bienséance à la sénégalaise. A cet égard, il est légitime de se demander comment un tel individu, qui avoue avoir fumé des joint de cannabis dans une de ses très courues vidéos, peut-il être offert en modèle à l’école sénégalaise. D’autant plus que l’école est le lieu, par excellence, de transmission, non seulement du savoir, mais aussi du savoir-être ; c’est l’endroit, avec la famille, où se déroule le processus de socialisation.

A vrai dire nous ne devons pas être surpris.  Qui ne se souvient de cette photo, quand le président Abdoulaye Wade posait fièrement avec Assane Diouf, qui rentrait fraichement des Etats-Unis, continuant à débiter des insanités sur tout le monde ? Durant les premières années du régime de Macky Sall, un ancien ministre de l’Education nationale menait une campagne de sensibilisation avec le lutteur Modou Lô. Dans cette société qui a subi les contrecoups de la mondialisation, on assiste à une vraie dépravation des valeurs. Les modèles sont des saltimbanques, stars du système Lmd (lutte-musique-danse). Les attaques de Rangou contre Makhtar Gueye de Jamra, les coups de poing entre députés à l’Assemblée nationale, les déballages entre personnalités du pouvoir, tout cela indique que nous sommes loin du rigorisme d’Etat senghorien, quand le port du jean ou de certains habits indécents dans les locaux des institutions de la République était systématiquement interdit. C’est dans ce contexte que le leader de la section locale d’Amnesty International, Seydi Gassama, propose la dépénalisation de la consommation du cannabis, qui serait la cause indirecte de plusieurs meurtres atroces et de la déperdition scolaire.

A la télé, on ne fait presque plus la promotion de lumières comme Cheikh Anta Diop, Ousmane Sembène, Birago Diop…L’émission Génies en herbes, qui créait une sorte d’émulation entre lycéens du Sénégal, a disparu de la lucarne depuis belle lurette. En lieu et place, ce sont des séries aux relents salaces, qu’on montre quotidiennement aux écoliers.

Comme pour compliquer la chose, les réseaux sociaux jouent leur partition. Pendant ce temps, aucune politique n’est réellement menée pour endiguer cette offensive de perversion sur les bonnes mœurs.

Et dire que les enfants sont l’avenir de la Nation…