NETTALI.COM – Le Sénégal n’est pas à l’abri du phénomène de l’extrémisme violent qui a plongé la région ouest-africaine dans une situation sécuritaire des plus instables, selon une étude réalisée par le Timbuktu Institute.

Le Sénégal et la Guinée peuvent mettre en place une stratégie de prévention de l’extrémisme violent et de la radicalisation. L’étude, réalisée par le Timbuktu Institute, intitulée “Facteur de radicalisation et perception du terrorisme chez les jeunes des zones frontalières du Sénégal et de la Guinée”, révèle que les gouvernants se focalisent, dans la lutte contre le terrorisme, sur les solutions militaires. Ce choix, selon l’étude, a causé une aggravation de la situation, avec la récupération des frustrations, l’enlisement des conflits et l’extension du champ d’action des groupes extrémistes.

Pour le Dr Bakary Samb, Directeur du Timbuktu Institute, il y a une énorme confusion dans l’élaboration des politiques publiques du pays, entre contre-terrorisme (Ct) et prévention de l’extrémisme violent (Cve). “La lutte contre le terrorisme, c’est tous les jours. C’est une méthode sécuritaire visant à éliminer les cibles ; mais la prévention de l’extrémisme s’attaque aux causes structurelles’’, a-t-il déclaré hier, lors de la cérémonie de présentation de l’étude.

La stratégie que propose l’équipe de M. Samb nécessite donc une approche holistique et inclusive devant s’attaquer aux racines du phénomène de la radicalisation. “L’Etat doit certainement gérer les impératifs sécuritaires. Mais il y a un préalable : il ne faut jamais entrer dans un cycle d’intervention militaire sans régler, au préalable, la question d’une stratégie nationale’’, a martelé Dr Samb, dans les colonnes du quotidien EnQuête, ce samedi 14 décembre. Car, selon lui, si la population n’y adhère pas par le billet de la sensibilisation et des séances d’explications, “les autorités risquent d’avoir les mêmes problèmes que les pays de la sous-région où les gouvernants sont contestés dans leur politique sécuritaire’’. Par ailleurs, l’étude a révélé qu’au-delà de la dimension religieuse que l’on évoque très souvent, la vulnérabilité sociale économique des jeunes, l’Internet et la marginalisation sont aussi des facteurs de radicalisation des jeunes.