NETTALI.COM – Une trentaine de chefs d’Etats africains sont attendus ces 23 et 24 octobre 2019 à Sotchi en Russie. Vladimir Poutine et son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, organisent un sommet Russie-Afrique inédit censé marquer le grand retour de la Russie sur le continent africain. Voilà pourtant près de vingt ans que ce retour est amorcé, après une décennie de désengagement.

Mars 2006. Vladimir Poutine vient d’entamer son deuxième mandat à la tête de la Russie. La visite est courte, une journée, mais elle est fructueuse. Le président russe est en Algérie et signe des contrats mirobolants. Plus de six milliards de dollars d’armement qu’Alger s’engage à acheter en échange de l’annulation de sa dette évaluée à près de 5 milliards de dollars. Quatre mois plus tard, les géants gaziers russe et algérien, Gazprom et Sonatrach concluent un accord de prospection et d’extraction.
La Russie se propose également de remettre à neuf le réseau algérien de gazoducs . Cet épisode vieux de quinze ans préfigure ce que sera, au cours des années suivantes, le retour de la Russie sur le continent africain.
Dès 2001, Vladimir Poutine, déjà lui, avait envoyé le président de la chambre de commerce et d’industrie de Russie, l’ancien Premier ministre Evgueny Primakov, effectuer une tournée en Afrique du Sud, en Angola, en Namibie et en Tanzanie.
Au cours de cette même décennie 2000, le président russe tentera de reproduire -sans grand succès- avec la Libye de Mouammar Kadhafi les accords conclus avec Alger en 2006.
L’année 2013 sera ensuite marquée par d’énormes contrats d’armement entre Moscou et l’Egypte. La Russie se chargera aussi de construire près d’Alexandrie la première centrale nucléaire égyptienne, chantier estimé à près de 25 milliards de dollars sous la forme d’un prêt.

Dès lors, peut-on parler, en octobre 2019, d’une “reprise” des relations entre la Russie et l’Afrique ? Le sommet de Sotchi sera surtout l’occasion de montrer aux autres acteurs internationaux présents en Afrique qu’il faut aussi compter avec Moscou. Des acteurs au premier rang desquels la Chine, premier partenaire commercial du continent, très friande de grands sommets, à l’image du forum Chine-Afrique qui s’est tenu en septembre 2018 à Pékin en présence d’une cinquantaine de dirigeants.
Les relations entre la Russie et l’Afrique ont bien connu un trou d’air. Mais il fût assez bref. Une décennie environ. Le désengagement débute avec la fin de l’Union soviétique il y a une trentaine d’années

Avec tv5monde.com