NETTALI.COM – Dans un environnement difficile dans plusieurs marchés africains, le Maroc a été un socle de stabilité pour le groupe Attijariwafa bank au premier semestre 2019. Le dynamisme de l’activité sur son principal marché a permis de compenser les baisses de régime en Tunisie et en Egypte et dans la zone Cemac. Le résultat net part de groupe s’est établi à 2,9 milliards de DH, en hausse de 4,9%. Cela permet d’afficher pour les actionnaires un ROE de 14,6%.

Au-delà des éléments exceptionnels (la contribution sociale de solidarité, l’application de l’IFRS 16, le retraitement IFRS relatifs à l’impact sur le compte de résultat de la décote consentie aux salariés au titre de l’augmentation de capital en décembre 2018) qui ont ralenti la croissance des profits, la contribution de la banque de détail à l’international a décroché de 15%.

Les contre-performances de l’Afrique du Nord (-21%) et de la zone Cemac (-36%) n’ont pu être contrebalancées par la bonne tenue des activités dans l’Uemoa(+18%). Malgré une activité commerciale dynamique en Tunisie, la dépréciation du dinar a pesé alors qu’en Egypte, la baisse des taux a comprimé les marges.

Dans la zone Cemac où le groupe a des intérêts au Gabon, Cameroun et Congo, le resserrement de la réglementation des changes et la situation macroéconomique ont affecté ses performances au premier semestre. Néanmoins, le management du groupe reste serein, surtout après les épisodes bien plus compliqués dans d’autres pays par le passé.

«Attijariwafa bank n’est pas un investisseur opportuniste ni spéculatif. Nous étions amenés à fermer une banque en Côte d’Ivoire pendant trois mois à cause de la guerre civile. Nous avons aussi traversé la révolution en Tunisie. Cela fait partie des risques du métier. Nous sommes sur des projets de long terme dans nos pays d’implantation. Malgré les aléas de la conjoncture dans certains pays, nous restons sereins. Notre stratégie territoriale extrêmement diversifiée et la gestion des risques permettent d’absorber les difficultés passagères. Même si l’apport d’un pays devenait négatif, nous sommes en capacité de l’absorber sans problème. Lorsqu’on réalise 6 milliards de bénéfices, l’on peut facilement absorber un petit accident de parcours de 200 millions de DH par exemple», tempère Mohamed El Kettani, président-directeur général d’Attijariwafa bank lors de la présentation des résultats semestriels.

L’évolution des bénéfices au premier semestre a permis de maintenir les ratios prudentiels à des niveaux assez confortables sur base consolidée comme sociale. Le ratio de solvabilité (consolidé) s’est établi à 12,6% et le Tier 1 à 10% contre un minimum requis de 9%.

En revanche, le ratio de liquidité est sous pression sous l’effet de la hausse de la circulation fiduciaire et du déficit de la balance des paiements. Le besoin de liquidité des banques est passé de 70 milliards de DH en fin 2018 à 78 milliards de DH à fin juin. Le refinancement auprès de la Banque centrale s’est en conséquence accentué.

La pression sur les liquidités provient aussi de la croissance des crédits (ensemble du marché) deux fois plus rapide que celle des dépôts. Pour Attijariwafa bank, le dynamisme des crédits s’est traduit par un bond de 9% de la marge d’intérêt (Banque au Maroc). Les revenus de commissions (+7,9%) et ceux tirés des opérations de marché (+24,7%) sont également bien orientés.

Dans les comptes consolidés, le produit net bancaire s’est amélioré de 4,3% à 11,8 milliards de DH essentiellement sous l’effet de la hausse de la marge d’intérêt (+5,9%). Avec des charges d’exploitation en hausse de 5% à 5,5 milliards de DH, le coefficient d’exploitation s’est dégradé de 0,4 point à 46,8%. Mais il reste parmi les meilleurs du secteur. A fin juin, le groupe a amélioré le coût du risque à 0,54%.

Avec leconomiste.com