NETTALI.COM – Les hommes politiques n’ont même pas fini de pleurer le dernier des mohicans, Dansokho qu’ils ont repris leur jeu favori, l’adversité sur fond de querelles. C’est en effet l’effervescence en ce moment sur le terrain politique sénégalais. Et ce ne sont pas les journalistes qui vont s’en plaindre, friands qu’ils sont de joutes verbales. Même le dialogue national dont on a si souvent chanté les vertus, se fait sur fond de querelles.

Barth le sniper pro qui décoche ses flèches contre le parti Rewmi. C’est ce que la plupart des titres a relaté ces jours derniers. Il reproche à Idrissa Seck, son comportement aphone depuis un certain temps sur la gestion des affaires publiques, avec à la clef, le bénéfice du statut de chef de l’opposition agrémenté d’un pactole de 2 milliards. La révélation sur le projet d’accorder ce montant est signée Mamadou Lamine Diallo. Un statut au chef de l’opposition, cela a été bel et bien voté lors du référendum. Lui accorder un budget, pourquoi pas ? Mais quel va être au juste le contenu de sa mission ? Il y a en effet une nécessité à bien y réfléchir de manière à allouer des ressources en conséquence. L’allocation ne devrait en aucun cas être un moyen de ferrer de l’opposant ou de le réduire au silence. Le projet devrait même être étendu au financement des partis politiques qui le méritent. Il permettrait du coup d’épurer le champ politique des partis sans envergure et aussi de permettre leur épanouissement. Ce serait en effet une aubaine pour la démocratie sénégalaise.

Ass Babacar Guèye du parti Rewmi précisera que dans le cadre du dialogue national, ce point relatif au statut du chef de l’opposition n’étant pas encore abordé, il ne voit pas comment il peut être négocié en douce. Réponse du berger à la bergère, les jeunes de Rewmi ont apporté la riposte au partisan de Khalifa Sall. Barthélémy aura beau chercher à préciser sa pensée, question de tempérer ses propos, le mal est déjà fait.

Pendant ce temps, au Pur, le parti dahira au socle religieux bien profond, avec comme guide moral, Serigne Moustapha Sy, c’est une croisade contre Issa Sall qui est menée. On trouve subitement des défauts au candidat du parti lors de la présidentielle passée. Le différend était latent.

Le Parti démocratique sénégalais n’échappe pas à l’opposition interne. Le vent de la restructuration a soufflé. On réfute à la seule constante d’hier, de vouloir opérer des changements. Mais Me Wade n’en a cure, il a effectué un grand chamboulement dans les instances du parti et des ténors tels El Hadji Amadou Sall, Babacar Gaye et Oumar sont nommés à des postes de moindre importance. L’on a fini de conclure que c’est en faveur des karimistes. Au Pds, on s’étripe. La communication entre en scène. Oumar Sarr en prend pour son grade. C’est une attaque à l’arme lourde qu’a déclenchée Tafsir Thioye, lors d’une récente sortie à « Faram facce » sur la TFM. C’est à peine si le nouveau porte-parole du Pds n’a pas traité Oumar Sarr de traître pour avoir révélé sur la place publique, la teneur de conversations avec Karim Wade ; pour avoir négocié sur le dos du parti ; et surtout pour avoir participé au dialogue national, malgré l’opposition du PDS. Dans le même temps, Oumar Sarr, El Hadji Amadou Sall et Mamdou Diop Decroix sont accusés d’avoir été discrètement reçus par le Président Sall. Decroix aura beau démentir, le doute s’est installé dans certains esprits. Un journal de la place a annoncé Karim Wade qu’on a annoncé au Rwanda. Tafsir Thioye a relayé un démenti du concerné. C’est bien la guerre des tranchées au PDS.

Ousmane Sonko l’électron libre, fidèle à son fond de commerce – les révélations explosives pour occuper le devant de la scène – en a fait une récente. Les mines de fer de la Falémé auraient déjà été filées aux Turcs. Il est immédiatement accusé de faire diversion sur l’histoire des 94 milliards pour laquelle il est accusé d’avoir dit des contrevérités et de vouloir allumer un contre-feu afin d’éviter le sujet. Me El Hadji Diouf le suit à la trace et l’accule sur tous les plateaux télés, tout bon client des médias qu’il est.

Dans le même temps, Macky Sall, considéré comme le maître du jeu actuel, semble toujours se chercher dans cette quête d’efficacité de son gouvernement surtout en ces périodes de fast track. Il a improvisé un séminaire dans ce sens. La machine ne serait pas suffisamment huilée. Tenez, le fast track, parlons-en. Dans le cas du TER, c’est plutôt le low track. Le Ter est toujours à terre au lieu d’être sur les rails, sauf peut-être la nuit. Mountaga Sy nous a expliqué en des termes idylliques à « Jakarloo » de la TFM, ce vendredi 6 septembre, que les délais ont été respectés. Soit les Sénégalais sont alors sourds ou alors ils n’ont pas compris ses explications notamment sur la notion de jalons. De juin 2019, date initialement fixée pour le démarrage des activités, l’on est passé à novembre 2019. Le hic, c’est que les futurs usagers ont surtout envie d’entendre une date claire de démarrage du transport des passagers, plutôt que des « batteries de tests », de « portions électriques » ou autres. La communication est soit claire ou pas ! Sur les chiffres avancés quant au coût du TER, il a annoncé 678 milliards, alors que d’autres font état d’un peu plus de 1000 milliards. Toujours sur la question des coûts (500 trains pour 2000 milliards pour l’Afrique du Sud contre 15 trains pour le Sénégal pour 678 Milliards chiffres officiels), lorsqu’a été évoqué un projet similaire par le même constructeur au bénéfice des sud-africains, il a convoqué des raisons historiques différentes. Lesquelles ? Vivement en tout cas que le TER commence à rouler et tienne ses promesses de durée de 7 minutes entre Pikine et Dakar, selon les termes de Mountaga Sy. Y’en a quand même marre du péage qui est souvent bien plus bouché que la route gratuite.

De détention, il en a été beaucoup question, ces dernières semaines. Les amis de Taïb Socé se cherchent dans un second round de téléthon, n’ayant pas encore réussi à rassembler le montant demandé pour lever sa contrainte par corps. Le téléthon a lieu à la Sen TV et non sur la télé du groupe où Taïb est employé, c’est à dire la TFM. Les célébrités commencent à sortir des bois. On signale enfin sur les réseaux sociaux que Birane Ndour aurait mis la main à la pâte. Le très médiatisé Bouba Ndour aussi.

Oserions-nous quitter l’univers carcéral sans aborder la question des conditions de détention dans les prisons sénégalaises. La mort de deux prisonniers par électrocution a défrayé la chronique, ces derniers temps. Pour une grande première, des manifestations ont eu lieu en faveur de meilleures conditions. Grande a été la surprise de découvrir, à la stupéfaction générale que la nouvelle prison de Sébikotane n’aura qu’une capacité de 400 places. Une sorte de goutte d’eau dans la mer face à la surpopulation carcérale de la seule prison de Rebeuss qui loge plus de 2000 personnes. Ce qui est loin de régler un quelconque problème.  Cela repose la question des mandats de dépôt systématiques, d’une réforme judiciaire qui introduirait le juge des libertés dans le système judiciaire sénégalais et bien d’autres mesures.

Comment occulter le débat sur la laïcité, alors que sont exclues d’une école privée catholique, des filles parce qu’elles sont voilées. L’on s’attendait en réalité à ce que la question du voile soit soulevée en France, pays où le débat refait sans cesse surface. La France, cette terre à tradition chrétienne où l’Islam semble faire peur à bon nombre de gens, lorsqu’ils ne sont lui sont tout simplement pas hostiles. Un tel débat, on ne l’attendait vraiment pas au Sénégal ! Beaucoup y ont d’ailleurs vu une forme d’intolérance nouvelle, là où d’autres trouvent une seule solution, celle pour ces filles de quitter l’école. Mais d’aucuns plus avertis peut-être, y voient des forces tapies dans l’ombre qui cherchent à allumer une mèche dans un contexte de découverte de pétrole, de zircon, de fer, de gaz, etc au Sénégal. Simple vue de l’esprit ou information recoupée ? Bouba Ndour qui a effleuré le sujet à “Jakarloo” de vendredi, pourrait en dire plus car il doit certainement être dans les secrets. Mais en attendant, laissons au ministère de l’Education nationale, le soin de trancher la question.

Sur le terrain sportif, le football et le basket, sports les plus pris au sérieux au Sénégal, les déconvenues s’accumulent. En effet, lors de cette dernière coupe du monde de football, les Lions sont éliminés au 1er tour ; en coupe d’Afrique des Nations de Football, ils ont perdu la coupe de justesse. Ce n’est pas en effet le Pérou, le sport sénégalais par les temps qui courent. Les campagnes se suivent et se ressemblent. Toujours la même ritournelle : remises de drapeau, discours pour galvaniser les Lions, annonce des moyens mis à la disposition de la préparation, du séjour, mais toujours l’élimination au bout du compte. Si nos équipes avaient le mental et une détermination suffisantes, ça se saurait.

L’expérience nous montre à chaque campagne, les limites des équipes sénégalaises. Ces dernières manquent d’adresse lorsqu’il s’agit de tirs aux buts et en général de balle arrêtées. C’est en effet la troisième fois d’affilée que les U 20 du football sont battus aux tirs aux buts dans des compétitions internationales. Sur le plan du jeu au foot, jamais de liant entre le milieu et l’attaque. Sur le basket qui est bien plus récent, l’on a noté cette défaite des Lionnes imputable à un manque de sérénité, face à des adversaires, qui au regard de la prestation livrée, n’était pas supérieure. Mais qu’est-ce qu’elle était perméable la défense des Lionnes ! La participation des Lions du Basket à la Coupe du monde, elle, a été des plus calamiteuses. Se faire éliminer en autant de matches par autant de défaites, il y a de quoi rentrer la tête baissée. Dans cette participation, l’on ne pouvait raisonnablement pas s’attendre à des miracles au regard des conditions de préparation désastreuses pointées du doigt par Maurice Ndour, capitaine des Lions qui a révélé toute l’indigence de l’équipe. L’entraineur Adidas, viré comme un malpropre à près d’un mois du mondial, cela laissait entrevoir l’hécatombe. Que pouvait faire Moustapha Gaye en si peu de temps ?

Des situations et des expériences pour le moins ubuesques qui amènent d’ailleurs à se demander si nos coachs ont réellement le niveau mondial pour pouvoir prétendre aller loin dans ces compétitions. Il est peut-être temps de changer de paradigme. Plutôt que de gérer des campagnes, ne devrions-nous pas mener des politiques sportives en passant par la petite catégorie, à une politique d’infrastructures appropriées et à de la formation dans le long terme. Sinon, c’est l’argent du contribuable qui continuera à être inutilement dilapidé dans des primes point méritées, dans de l’hébergement dans des hôtels de luxe et l’achat de billets d’avion.