NETTALI.COM – Ces dernières semaines et leur cortège de polémiques sur le sentiment de glissement subtil et progressif de l’homosexualité dans notre société, ont donné du répit à Aliou Sall, dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Petro Tim.

En effet depuis cette manifestation interdite dans laquelle, une jonction devait être faite entre des syndicats et « Aar Li nu Book », un petit essoufflement du mouvement en faveur de la transparence sur la gestion du pétrole sénégalais, a été noté. Il n y a plus autant foule que lors de ce fameux vendredi de mobilisation massive qui n’avait pas manqué de donner des frissons au pouvoir. Fait marquant, toutes ces actualités ont tourné autour de la moralisation de la société sénégalaise.

C’est d’abord le khalife des mourides qui fait une sortie en présence du Président Sall pour interdire, entre autres mauvais comportements dans la cité religieuse, le port des habits serrés, aussi bien chez les femmes que les hommes. Un moment de communication largement médiatisé qui n’est d’ailleurs pas sans lien avec la question du port vestimentaire de certains jeunes qui laisse parfois un sentiment bien équivoque sur leurs tendances homosexuelles ; ou tout simplement de fashion victims subissant les effets de mode, juste par mimétisme, inconscients qu’ils sont de le connotation d’un certain code vestimentaire à l’exemple ces fameux « pinw » (pantalons au bas très effilé et serré sur le corps) ou ces t-shirt moulant et laissant apparaître distinctement leurs pectoraux et biceps.

L’exposition aux médias et aux réseaux sociaux jouent en effet un grand rôle dans l’évolution négative des mœurs sénégalaises. Ces jeunes sont en effet poreux à tous les souffles. Ils ingurgitent tout ce qu’ils reçoivent, surtout venant des stars de la même génération et dont ils s’inspirent allègrement.

Et justement en parlant de médias voire de réseaux sociaux, c’est le canal qu’utilise le jeune Waly Seck, chanteur et fils du non moins connu chanteur Thione Seck. Ce dernier est un musicien à succès de la même époque que Youssou Ndour, Omar Pène, Ismaël Lo et Baba Maal. Reconnu comme un parolier hors pair qui aimait prêcher la bonne parole, toujours chanter la vertu et arborer des références bien de chez nous, Thione Seck est de nos jours méconnaissable. Il a presque disparu de la scène musicale mais continue d’exister médiatiquement, pour d’autres raisons moins positives.

Le fils a suivi les traces de son père en devenant chanteur. Adulé par les jeunes de sa génération, il fait parler de lui, de manière toujours aussi équivoque et peu glorieuse. Waly aime les médias et le buzz. Il n’a certes pas le talent de son père, mais il a du succès. Il soulève l’hystérie des nymphes et groupies, lors de ses concerts et apparitions publiques. Le contraste est bien frappant entre Thione Seck et lui, tant Waly chante des thèmes dont la vacuité est loin d’être un secret. Il mime et amuse son monde dans un Mbalax qui n’est pas loin d’être un plagiat de celui son père qui a toujours composé un mélange de Mbalax et d’influences indiennes.

Waly Seck chante les pères, cousins, grands-parents d’un tel ou d’un tel autre. Bref, il est le fruit d’une époque d’inculture des jeunes distraits par les réseaux sociaux et qui vivent l’instant de l’internet et de la mode comme un monde réel, sans recul, ni distance critique. Et c’est justement là où se trouve le problème.

Dans cette actualité sur des tendances homosexuelles qu’on lui prête, Waly Seck n’est pas du tout innocent. Il a beau faire des sorties pour exprimer son courroux, il est totalement fautif. Dans des vidéos, où il s’exprime, il ne peut être pris au sérieux tant il donne l’impression d’être en plein dans la comédie, le jeu de rôle. Il manifester son courroux d’être traité d’homosexuel, son expression ne semble pas du tout sincère. Il n’est pas à dire vrai, à son premier coup d’essai. En justice, on aurait dit un récidiviste ou même multirécidiviste. Depuis ce sac à main féminin en passant par ce t-shirt moulant jusqu’à ce t-shirt avec des inscriptions qui ne sont rien d’autre que les étendards des homosexuels (LGBT), la coupe est bien pleine. La question est dès lors de savoir ce qu’il cherche à travers ses provocations et ses pieds de nez à la société sénégalaise. Que dire de ses images bien équivoques sur internet où on le voit à côté d’hommes ! Loin de dire qu’il est homosexuel, son  comportement global et ses provocations, laissent un sentiment bien équivoque.

Recherche de buzz ou de sympathie de la part des LGBT ? En tout cas Waly leur fait une propagande d’enfer, tant son public semble le suivre dans ses délires qu’on peut appeler tout simplement des dérives. Où est son père dans tout cela ? Le parolier et moralisateur d’antan cherche des excuses à son rejeton ! Lui aussi, voit sa bonne image d’alors, s’effriter de jour en jour, mêlé qu’il a été à des affaires peu catholiques, même si la justice le blanchira par la suite. Il commet, ce cher Thione, d’incroyables sorties de route. Comment peut-il par exemple inviter tous ceux qui traitent son fils d’homosexuels, à présenter leurs filles à Waly Seck ? Le reste se passe de commentaires. Argument oh combien irresponsable et même irrespectueux pour un homme de son rang et de sa dignité.

Waly Seck fait ses conneries et présente des excuses. Il a beau découper en morceaux, son sac, il passe rapidement à une autre bévue. Ces moments sont des moyens pour attirer les projecteurs sur lui. Sacré Waly, il a toujours une longueur d’avance sur ses détracteurs. Des excuses, ses excuses, en tout cas récurrentes de sa part qu’on finit par se rendre compte qu’il fait exprès. Le buzz n’est jamais absent de ses actes ? Il devient sa marque de fabrique. Telle Queen bizz ! Il commet des actes répréhensibles, s’excuse en sachant que son message est passé. Il en commet un autre et recommence quelques temps après. Ainsi va Waly.

Un comportement récurrent qui l’a mis aux prises avec l’Imam Kanté dans l’affaire de ce fameux T-shirt à l’effigie Gay Arc en ciel avec qui, il devait d’ailleurs s’expliquer au tribunal. Cet Imam qui ne l’accuse certes pas d’être un homosexuel mais qui lui dénie le droit de faire la promotion de l’homosexualité et de ses valeurs. Traduit en justice, cet Imam ne veut d’ailleurs point de médiation. Mais le jeune homme conscient qu’il ne tirera rien d’un tel procès, a préféré tout bonnement retirer sa plainte.

L’exposition de ce t-shirt, à son concert hyper médiatisé dans un contexte d’euphorie de la CAN, avec la présence massive de jeunes à la place de la Nation, ne peut être considérée comme une simple coïncidence, surtout à 2, 3 jours de la Gay pride, ce fameux défilé des gays ou plus précisément ce qu’ils appellent LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres)

Le jeune chanteur a beau être défendu par Bijou Ngoné, une animatrice faisant partie de son staff, les arguments utilisés par celle-ci sont d’une vacuité sidérale : propos Irréfléchis, inconsistants, Bijou est à côté de la plaque. Sur « Sen Buzz » où elle a été interrogée en wolof, elle a répondu dans un français bien approximatif et parfois ponctué de wolof. Elle s’est même permise d’inventer des expressions qui n’existent que dans son lexique : « sortir de ses gants » pour dire « sortir de ses gonds » ; le comble, c’est lorsqu’elle dit « Waly ne peut être au Sénégal et méprendre tout ce qui est l’homosexualité ». Où a-t-elle a appris le français, celle-là ? Dans son rôle d’avocate, elle a même cherché à faire un parallèle avec une couleur qu’elle a portée pour l’occasion, le noir en l’occurrence. « le noir, c’est la couleur du deuil chez les chrétiens, je peux porter du noir sans être en deuil (elle avait porté du noir). », dira t-elle. Entre arguments stupides et vacuité du raisonnement, Bijou a cherché à sauver les meubles de manière fort lamentable, mais surtout irrespectueuse. « Ils ne sont pas plus imams que moi, les vrais imams sont dans leur coin et ne s’occupent pas d’actualité. Ces genres d’Imams ne connaissent pas le Coran mieux que moi, ils ne l’écrivent pas mieux que moi… » Elle peut certes avoir appris le Coran, mais par rapport à ce qu’elle cherche à défendre, on a bien compris, que la vertu décrite par le Coran, n’est pas le socle de son raisonnement.  De toute façon, elle n’est pas attendue sur l’exégèse du Coran et encore moins sur un exposé relatif à la vie du prophète Mohamed (PSL). Qu’elle cherche d’abord à être une bonne animatrice ! Elle finira par conclure : « ces couleurs n’appartiennent pas aux gays, ces couleurs n’appartiennent à personne. Waly n’est pas censé tout connaître comme ces couleurs qui appartiendraient aux gays » Bon, on avance.

Avec cette sortie de Bijou Ngoné, on peut se rendre à l’évidence que Waly Seck a du souci à se faire. Entre sa chargée de production Bijou et un père qui utilise des arguments aussi peu décents pour le défendre, il devrait être inquiet.

Et le rappeur Mollah MorGun fait bien d’ailleurs de souligner que dans l’entourage de Waly Seck, il n y a que des incultes, des batteurs de tam-tam ou de joueurs de bongo. Il pense même qu’il doit changer son encadrement, changer son port vestimentaire, ses habits serrés. Plus grave, le rappeur conseille à Waly Seck de « changer sa tête », de se cultiver un peu plus et intégrer dans son entourage, des personnes d’un niveau supérieur.

Pour le Mollah, dès les débuts de Waly Seck, on a voulu le comparer à Youssou Ndour. Le rappeur pense même que celui-ci veut, par tous les moyens percer le milieu international. Une raison supplémentaire pour cibler le lobby gay, s’appuyant sur le fait qu’il joue du mbalax, ne parle pas un bon français. Bref tout cela, est un moyen pour le rappeur de faire remarquer que le jeune chanteur n’a pas beaucoup d’atouts qui pourraient le propulser sur la scène mondiale. Sacré Mollah. Le rappeur en veut pour preuve qu’il s’habille comme eux, ne vend pas des centaines de milliers d’albums avant de l’enfoncer comme pour dire que l’argument de l’ignorance ne peut point prospérer : « Il est au courant de tout, il voyage » « Waly n’a pas plus de talent que Pape Diouf, Viviane, pourquoi serait-on jaloux de lui, qu’a-t-il de plus que les autres. Il n y a rien de spécial dans ses chansons, que des platitudes dans ses thèmes de chanson… », lancera même le rappeur dans une vidéo à l’endroit de ceux qui pensent à de la jaloux vis-à-vis de lui.

Un épisode polémique sur le t-shirt de Waly qu’on ne peut pas ne pas lier à l’affaire Oxfam-Elimane kane. Tout se passe comme il y avait une sorte de planification et de coordination dans ces affaires qui tombent au même moment. Y a-t-il une déferlante communicationnelle sur le sujet ? L’affaire nous renseigne en tout cas sur le fait que des ONG internationales sont dans une logique de promotion de l’homosexualité et de tout ce qui s’y apparente. Elles n’en ont cure de nos lois, de nos moeurs, notre culture, ces ONG. Elles se savent puissantes et riches et se permettent tout, face à des gouvernants qui ne sentent de menace que lorsqu’il est question de leur propre pouvoir. Mais heureusement que l’inspection du travail s’est opposée au licenciement d’Elimane Kane, l’employé d’Oxfam qui œuvre aussi pour les droits de l’homme à Legs Africa et qui a refusé de promouvoir ces valeurs de protection et de promotion des LGBT.

L’enseignement qu’on tire de ce moment médiatique sur un sujet aussi sensible, est qu’au finish, un coup de maître a été réussi par ces promoteurs, à savoir faire connaître en si peu de temps, l’univers de couleurs des gays et faire éclore un débat sur un sujet jadis considéré comme tabou. La méthode est très efficace et permet à tous ces jeunes d’intégrer progressivement l’homosexualité comme une réalité banale au Sénégal.

Ces dernières semaines nous ont de toute façon ouvert les yeux sur le fait que l’Etat doit plus que jamais assumer son rôle de protecteur des êtres vulnérables tels que les jeunes, afin d’éviter qu’ils ne soient pas happés par d’autres courants extérieurs. Les cahiers des charges des médias doivent à ce titre être clairement revus, notamment par rapport aux productions extérieures : télénovas, films occidentaux, dessins animés qui nous viennent d’ailleurs. Nous relèverons que tout ce qui a été interdit par le Khalife des mourides, l’est aussi par la loi et la religion musulmane. Il importe dès lors que l’Etat applique la loi, mène des campagnes de communication pour sensibiliser les populations sur ces méfaits rampants dans notre société. Nos femmes, devraient-elle ressembler à des Brésiliennes, des Américaines ou des Indiennes en posant des tignasses sur leurs têtes ? Assurément non. Pourquoi devraient-elles se dépigmenter la peau ? Mais pour ressembler à qui ? La dépigmentation, la promotion des produits éclaircissants et leur importation, devraient être interdites. Elles posent une vraie question de santé publique. Le Kahlife l’a rappelé alors que cela devrait être le rôle des gouvernants.

De même la prise de parole dans les médias doit être réfléchie et canalisée, surtout en termes de renforcement des capacités des journalistes et des animateurs qui y officient. Sous prétexte d’invoquer l’argument de la promotion des jeunes dans les médias, on ne peut continuer à confier la conduite d’émissions de grande écoute, à des journalistes immatures, insuffisamment formés, à la culture déficiente ou à des animateurs ou animatrices incultes. Les médias sont à ce point sérieux qu’on ne peut se suffire d’invoquer le simple argument de ce que les gens aiment ou n’aiment pas ou encore, la course à l’audimat. La première mission des médias est d’éduquer le citoyen, même si le divertissement fait partie de celle-ci.

Le ver est bien logé dans le fruit et si on n’y prend pas garde, le fruit finira par tout simplement pourrir. Sinon, nous risquons d’être maintenu dans une logique d’éternelles réactions sous le coup de l’émotion. C’est à l’heure de l’internet que les pouvoirs publics comme les familles doivent être encore plus vigilants.