Le Sénégal sera plus un producteur de gaz que de pétrole. L’affirmation émane de l’autorité gouvernementale Mouhamadou Makhtar Cissé, ministre du Pétrole et des Energies, dans un contexte de polémique émanant d’un reportage réalisé par BBC Afrique sur une supposée affaire de corruption sur le pétrole sénégalais. Dans cet entretien exclusif avec Le Soleil, le ministre dresse un état des lieux exhaustif qui permet de saisir, à sa juste mesure, le potentiel considérable dont peut se prévaloir le Sénégal dans les domaines des énergies, en particulier le pétrole et le gaz. Celui-n’a pas manqué de se prononcer sur la polémique avant d’évoquer les perspectives sur ces ressources, surtout à l’endroit des jeunes générations et les enfants. “Notre pays sera plus un futur pays gazier que pétrolier”, a t-il fait remarquer dans cet entretien réalisé par Mamadou GUEYE

 

Monsieur le Ministre, la question du pétrole et du gaz cristallise aujourd’hui les débats. En atteste le reportage de la BBC sur l’attribution des licences d’exploitation d’hydrocarbures au Sénégal jugée non transparente. Que vous inspirent ces allégations ? Le Système est-il transparent ?

Je vous remercie pour l’occasion que vous me donnez en tant que ministre du Pétrole et des énergies de me prononcer sur cette question. Ce que je puis dire est qu’on ne peut reprocher au Président Macky Sall un manque de transparence dans la gestion du pétrole et du gaz découverts récemment aux larges de nos côtes. J’en veux pour preuve toutes les dispositions mises en place, bien avant même les découvertes de ces ressources. Notre pays a en adhéré volontairement à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) depuis 2013. Pour sa première évaluation à travers son rapport 2016, le Sénégal a obtenu la note « progrès satisfaisants » le consacrant ainsi comme le premier pays africain à avoir une telle note, et le 4ème au monde. Je rappelle que le rapport de l’Itie fait le recoupement des différents paiements intervenus entre les diverses parties prenantes notamment l’Etat, les industries extractives et les populations.

En 2016, lors du référendum, le Président de la République a pris sur lui l’initiative d’inscrire le droit de propriété du peuple sur les ressources naturelles. Nous sommes l’un des rares pays au monde à avoir inscrit cette disposition dans notre loi fondamentale. Il y a eu ensuite la création du Comité d’orientation stratégique sur le pétrole et le gaz (COSPETROGAZ) que le Président a décidé depuis le 28 mai d’ouvrir à la société civile et aux membres de l’opposition. A cela s’ajoute l’adoption d’un nouveau Code pétrolier conforme au nouveau contexte du pays, dont les ressources en hydrocarbures sont désormais prouvées. Tout en cherchant à conserver l’attractivité de notre bassin sédimentaire pour les investisseurs, la nouvelle législation renforce la sauvegarde des intérêts du pays dans tous les domaines de la chaîne pétrolière. Elle renforce la transparence dans la gestion des ressources pétrolières, notamment dans l’attribution des blocs qui se fera désormais par appel d’offres et la création d’une commission élargie pour assurer le suivi et l’évaluation des contrats.

A côté du nouveau Code Pétrolier, une loi sur le contenu local dans le secteur des hydrocarbures a été adoptée, pour placer l’industrie et la main d’œuvre locales au cœur de la chaîne de valeur pétrolière et gazière. En sus de cela, il faut noter que le gouvernement est sur le point d’adopter une loi sur la répartition des revenus issus de l’exploitation des ressources d’hydrocarbures. L’application de cette loi permettra d’assurer une gestion durable et équilibrée avec une part réservée aux générations futures à travers le fond intergénérationnel.

Vous conviendrez donc avec moi que toutes les dispositions nécessaires ont été prises par le Président de la République, pour assurer la transparence dans la gestion du pétrole et du gaz. Il faut cependant constater que les hydrocarbures suscitent par le monde, passions et débats ; y compris au Sénégal. Notre défi, à nous sénégalais, est de mener ces débats et cette gestion dans un climat apaisé et inclusif.

Cela étant dit, c’est heureux que le procureur de la République ait été saisi pour l’ouverture d’une information judiciaire sur les allégations de corruption relayées par la BBC relativement à l’attribution de licences d’exploration d’hydrocarbures au Sénégal. Cela ne fait que confirmer la démarche de transparence de l’Etat dans cette affaire, pour éclairer l’opinion publique.

Nous allons continuer la réflexion et le partage de manière inclusive, avec l’ensemble des acteurs du secteur, pour que les retombées du pétrole et du gaz profitent au maximum à l’ensemble de nos compatriotes. C’est dans ce sens d’ailleurs que nous allons tenir une grande rencontre sur les questions du contenu local le 2 juillet prochain, avec l’ensemble des acteurs. Le Président de la République a d’ores et déjà accepté de présider ce grand atelier national.

Le reportage en question avance un montant sur une commission que l’Etat aurait dû encaisser. Est-ce qu’on peut parler de commission en phase d’exploration et si commission il y a, qui doit la supporter ?

Ce n’est pas le seul amalgame à relever dans ce reportage. Il convient de distinguer ce qui relève du public de ce qui relève du privé. Le Code pétrolier de 1998 encadre très clairement les conditions de demande, d’attribution, de cession et de retrait des titres miniers. Les opérations de cession de participation et d’intérêts sont très courantes dans l’industrie pétrolière. En effet, les investissements peuvent aller jusqu’à des centaines de millions de dollars et les risques y sont très élevés, surtout en début d’exploration où les probabilités de succès sont faibles. Pour partager ces risques, les compagnies optent pour des opérations de cession.

La compagnie British Petroleum (BP) a donné sa réponse sur cette question en affirmant avec force que s’il devrait y avoir des royalties, c’est BP elle-même qui les supporterait.

L’Etat du Sénégal, encore une fois, a mis en place tous les mécanismes nécessaires d’une gestion transparente afin que les ressources qui seront tirées de l’exploitation du pétrole et du gaz profitent à la communauté nationale. La clé de répartition qui est définie dans le contrat pour le partage des revenus garantit les intérêts du peuple sénégalais, propriétaire des ressources. Si on consulte le modèle financier de l’exploitation du projet GTA que nous avons en commun avec la Mauritanie, à la fin du processus, l’Etat se retrouvera avec 67 % des revenus dont 58 % pour l’Etat lui-même et 9 % pour Petrosen. Les revenus de l’Etat sont stabilisés. Le reste relève du rapport entre privé.

Comment avez vécu tout ce bruit deux mois seulement après votre nomination ?

Je l’ai vécu comme un rappel dans la sérénité qui seule permet de distinguer le bon grain de l’ivraie, dans le soutien efficace au Président de la République, dans la confiance aux institutions de mon pays. La sérénité du Président de la République inspire confiance.

Comment avez vécu tout ce bruit deux mois seulement après votre nomination ?

Je l’ai vécu comme un rappel dans la sérénité qui seule permet de distinguer le bon grain de l’ivraie, dans le soutien efficace au Président de la République, dans la confiance aux institutions de mon pays. La sérénité du Président de la République inspire confiance.

Le Sénégal est considéré aujourd’hui comme faisant partie des pays africains les plus riches en pétrole et gaz. Concrètement, au regard des découvertes actualisées, peut-on avoir une mesure du potentiel exploitable ?

Je voudrais tout d’abord préciser que sur la base des découvertes faites au Sénégal en hydrocarbures, notre pays sera plus un futur pays gazier que pétrolier. Les découvertes pour le gaz sont, en effet les plus importantes. Le potentiel est de l’ordre de 32,5 TCF, soit environ 910 milliards de mètres cubes.

Nous avons 20 TCF (environ 560 milliards de mètres cubes) du gisement dénommé « Grand Tortue/Ahmeyin), à cheval entre le Sénégal et la Mauritanie, à partager entre les deux pays, soit 10 TCF (environ 280 milliards de mètres cubes) pour chaque pays avec un début de production prévu en 2022.

Concernant le bloc de Cayaar Offshore Profond, nous avons respectivement 15 TCF (environ 420 milliards de mètres cubes) de ressources récupérables sur le gisement Yakaar, et 5 TCF (environ 140 milliards de mètres cubes) sur le gisement de Teranga.

Enfin, nous avons 2,5 TCF (environ 70 milliards de mètres cubes) de gaz naturel associé et non-associé pour le gisement de Shelf Nord Edge (SNE), à 90 km environ des côtes dakaroises, avec un début de production de gaz prévu à partir de 2024.

Pour ce qui concerne le pétrole, les ressources en place sont estimées à environ 3,7 milliards de barils de pétrole pour SNE dont 2,5 milliards de barils de pétrole pour FAN-1.

Depuis 2014, SNE a fait l’objet d’évaluation (avec 8 puits d’exploration forés puis rebouchés). Les ressources récupérables sont évaluées à environ 563 millions de barils avec le démarrage de la production prévu en 2022.

Il reste plusieurs autres pièges à tester par forage sans compter le potentiel probable en onshore (terre ferme), qui n’est pas encore exploré.

En définitive, les ressources gazières, de classe mondiale, découvertes au large du Sénégal, nous classent au 5ème rang en Afrique et au 27ème rang mondial (sur la base des données de la revue statistique BP) dans le monde. Globalement, nos ressources en hydrocarbures (pétrole et gaz réunis) placeraient notre pays au 7ème rang en Afrique et au 25ème rang niveau mondial. C’est dire, effectivement, qu’avec la mise en production de ces différentes découvertes, le Sénégal entrera dans la cour des grands pays producteurs d’hydrocarbures en Afrique, particulièrement de gaz.

Combien le Sénégal va-t-il effectivement gagner dans l’exploitation de ces ressources, face aux compagnies internationales qui se bousculent au portillon ?

L’exploitation des ressources va permettre à l’Etat de gagner parts suivant trois canaux principaux : la part de l’Etat dans le partage du profit pétrolier (après déduction des investissements et coûts opératoires), la part de PETROSEN au titre de sa part de participation ainsi que les impôts et taxes.

A titre d’exemple, notre pays va gagner entre 66 et 68 % du profit sur le gisement Grand Tortue Ahmeyim et entre 53 et 55 % sur le champ SNE.

De plus, avec le nouveau Code pétrolier, cette part variera systématiquement entre 65 et 75 %, grâce à l’augmentation des parts de participation de PETROSEN, la limitation des taux annuels de recouvrement des coûts pétroliers, l’introduction de la redevance sur la production, etc.

A cela, il faudra ajouter, le paiement d’un bonus de signature, non recouvrable, au profit de l’Etat et versé au Trésor public. Le nouveau Code va donc permettre d’optimiser les profits de l’Etat dans l’exploitation des hydrocarbures sur tous les plans. A cela il faut également rajouter les gains indirects que le Sénégal tirera de l’exploitation des hydrocarbures à travers le Contenu local. Ainsi, de nouvelles entreprises seront créées qui généreront des milliers d’emplois.

Une certitude, les ressources naturelles du Sénégal profiteront d’abord et surtout aux populations.

Quelle est la place de l’Institut national du Pétrole et du Gaz ?

L’Institut national du pétrole et du gaz (INPG) a été créé pour développer l’expertise nationale et favoriser l’emploi des sénégalais et sénégalaises dans les secteurs pétrolier et gazier. Il fait donc partie des mécanismes mis en place par l’Etat pour assurer une bonne formation de nos ressources humaines, afin qu’elles s’intègrent beaucoup plus facilement dans l’industrie pétrolière, qui requiert des connaissances assez spécifiques .

L’Institut est chargé, entre autres, de spécialiser nos ingénieurs, techniciens et autres opérateurs dans les métiers du pétrole et du gaz, de renforcer les capacités des administrations, de l’industrie, et des chercheurs sur les connaissances pédagogiques et les techniques industrielles liées au pétrole et au gaz. Nous avons besoin d’une expertise fin prête avant l’exploitation des premiers barils à l’horizon 2022.

De plus, les métiers intermédiaires comme les mécaniciens, les soudeurs, les plombiers, les maçons, etc. sont pris en compte pour les conformer aux standards internationaux qui existent dans l’exploitation du pétrole et du gaz. C’est au niveau de ces métiers d’ailleurs que l’industrie pétrolière et gazière va absorber le plus de main d’oeuvre. Nous aurons donc besoin d’une main d’oeuvre locale qualifiée, pour occuper les différents métiers qui existent dans la chaîne de valeur de l’industrie pétrolière et gazière. L’impact réel de l’exploitation du pétrole et du gaz passera, entre autres, par ces métiers, dans le cadre du contenu local.

Quelle sera la place de la SAR dans le futur dispositif de valorisation de nos ressources pétrolières ?

La Société africaine de raffinage (SAR) occupe déjà une place de choix dans notre secteur pétrolier en ce sens qu’elle couvre près de 45% de nos besoins en produits pétroliers. Par ailleurs elle assure l’approvisionnement en fuel-oil de toutes les centrales électriques et la moitié de nos importations en gaz butane.

Dans la perspective de l’exploitation de nos ressources pétrolières, la Sar a déjà entamé un programme de rénovation et d’extension de ses installations pour traiter le pétrole brut de Sangomar. Ainsi dans le court terme 33.000 barils/jour pourront être raffinés au niveau de ses installations, soit quasiment le tiers de la production attendue de SNE. Une telle stratégie sera payante vu l’économie sur le temps de trajet des tankers et par conséquent sur le coût du fret ; la sécurisation de l’approvisionnement du pays et l’impact sur la balance commerciale du Sénégal.

Par ailleurs, des réflexions sont en cours pour porter la capacité de raffinage du pays à 3,5 millions de tonnes par an avec un double objectif : couvrir l’ensemble des besoins du pays et de la sous-région et répondre aux nouvelles exigences de qualité des produits pétroliers. La sécurité de l’outil industriel est également un enjeu important pour nous. L’environnement immédiat fait peser de gros risques et sur l’usine et sur les populations. Nous nous employons à trouver des solutions.

La découverte du pétrole et du gaz suscite certes de l’enthousiasme mais également des inquiétudes, surtout au sein des communautés de pêcheurs qui craignent que l’exploitation de ces ressources menace leur activité. Ces craintes des pêcheurs mais aussi celles des écologistes sont-elles légitimes ?

Le respect de l’environnement est une des priorités pour toutes les parties concernées par l’exploitation des ressources, particulièrement pour l’Etat du Sénégal.

De plus, avant toute activité de recherche, de développement ou de production, le contractant est tenu, par la loi, de soumettre une étude d’impact environnemental et social à la Direction de l’environnement et des établissements classés. Cette étude doit identifier et évaluer les risques afin de proposer et de convenir avec l’Etat et les populations impactées, des mesures préventives et correctives. Telle est la démarche suivie dans le cadre des zones d’exploitation des ressources halieutiques.

A la suite de ces études, un suivi rigoureux est fait, par les structures compétentes de l’Etat et les compagnies pétrolières, notamment en matière d’impact environnemental et social. Nous avons pris les dispositions nécessaires pour étudier, évaluer et dissiper les craintes des populations des zones impactées, particulièrement les pêcheurs, qui pourront aussi trouver des retombées considérables dans cette activité.

Nous allons d’ailleurs engager des campagnes d’information et de sensibilisation sur ces questions avec les populations des zones concernées et discuter avec elles des opportunités que va leur offrir l’exploitation du pétrole et du gaz.

Malgré les découvertes du pétrole et du gaz, le Sénégal s’est lancé dans une politique de diversification de ses sources d’énergie. Quelles en sont les grandes lignes ?

La politique énergétique définie par l’Etat vise, entre autres, la réduction du coût de production de l’électricité, avec la diversification des sources de production, et l’utilisation accrue d’autres sources telles que le gaz naturel et les énergies renouvelables, tout en exploitant au mieux toutes les possibilités d’interconnexion régionale et sous régionale.

Aujourd’hui, les énergies renouvelables représentent 22 % de la puissance installée de Senelec et notre ambition c’est de porter ce taux à 30 % en 2020.

Pour cette année, il est prévu le renforcement des capacités de production. L’option du mix énergétique va se poursuivre avec la mise en service de la première tranche de 50 MW de la centrale éolienne de Taiba Ndiaye d’une puissance globale de 158 MW, les centrales solaires de 25 MW de Diass et les 60 MW du projet « scaling solar » qui a permis d’avoir le prix de cession du kWh parmi les plus bas au monde.

En plus de ces projets nationaux du plan de production, une importante puissance additionnelle est attendue des projets hydro-électriques, réalisés dans le cadre de la coopération au sein de l’OMVS avec notamment la centrale hydroélectrique de Gouina en cours de construction qui a une puissance de 120 MW et dont la mise en service interviendra dans le premier trimestre de 2020. Toujours dans la dynamique de diversifier les sources de production d’électricité, il me plait de rappeler que notre objectif principal est de baisser les coûts de production d’électricité ; ce qui passera nécessairement par l’utilisation du gaz local à travers les importantes découvertes mentionnées plus haut.

Nous avons réceptionné le 23 mai dernier au port de Dakar, les turbines devant constituer le parc éolien de Taïba Ndiaye. Nous avons déjà inauguré et mis sur le réseau les productions des centrales solaires de Kahone, Bokhol, Malicounda, Sinthiou Mékhé et Ten Merina pour 140 MW de crète. Ces différentes réalisations confirment le choix stratégique de notre pays de diversifier sa production, basée jusque-là sur la thermique et marque notre engagement à respecter les lignes directrices de la COP 21 de Paris pour sauvegarder notre planète. A termes, nous visons un mix énergétique de l’ordre de 30 %, en attendant l’arrivée prochaine du gaz pour diversifier davantage nos sources de production.

Quelle est la politique définie pour que toutes les populations puissent accéder à l’énergie électrique ? A quand l’accès universel à l’énergie ?

La vision du chef de l’Etat s’inscrit dans un objectif d’accès universel, dès 2025, à une énergie compétitive pour les entreprises et à moindre coût pour les populations, particulièrement les plus vulnérables, et peu polluante pour l’environnement.

Les découvertes de pétrole et surtout de gaz, intervenues dans notre pays depuis 2014 vont contribuer à l’atteinte de ces objectifs, à travers notre stratégie « gas to power » pour non seulement un accès universel à l’électricité mais également et surtout pour transformer de manière radicale notre économie nationale.

Cette stratégie, adoptée par l’Etat du Sénégal, aura comme effets, à l’horizon 2022 avec le début de la production du gaz local, la baisse du coût de production, l’augmentation de la capacité de production d’énergie électrique, la sécurisation de l’approvisionnement énergétique et la diminution de l’empreinte carbone générée par la production électrique grâce au remplacement du fioul et du charbon actuellement utilisés, par du gaz dans nos centrales.

En cohésion avec cette stratégie « gas to power », le Sénégal mettra également en oeuvre, un important projet de réseau de distribution dans les localités les plus reculées à travers Senelec, ASER, PNUER, PUMA, etc. pour l’accès universel à l’électricité.

Ainsi, dès 2025, le Sénégal pourrait matérialiser la vision du Chef de l’Etat grâce au gaz naturel local.

Si vous aviez un message à donner aux jeunes par rapport à la promesse du pétrole, lequel serait-il ?

Je voudrais leur dire que les ressources appartiennent aux générations actuelles, mais surtout à celles futures. Le cycle de revenus situe l’exploitation optimale vers la 20ème année sur des durées de 30 à 40 ans. C’est pourquoi un dispositif légal est mis en place, avec la loi sur le partage des revenus pour garantir des retombées au-delà du cycle de vie des projets. Il appartient donc aux jeunes de bien se former pour prendre toute leur place dans le contenu local mais aussi préparer l’avenir de leurs enfants, celui des générations futures. La qualité des ressources humaines fait la différence entre les nations, beaucoup plus que le volume des ressources naturelles. L’avenir leur appartient, il faut le préparer.