NETTALI.COM – Alors que dans son discours post-électoral du 3 avril dernier, le chef de l’Etat, en théoricien d’un style de gestion digne du « next-step management » anglo-saxon, érigeait le Fast-Track » en modèle, il nous parvient les signaux d’une administration qui refuse de dépasser un certain anachronisme.

Cela, du fait d’accointances dangereuses avec les politiciens que la suppression de la Primature, au nom de l’efficacité managériale, peine à éradiquer.

« Le personnel de la Caisse des Dépôts et Consignations fustige les « attaques malsaines » contre Aliou Sall ». C’est qui a été publié hier mardi 4 juin dans la presse.

Quel est le lien entre l’affaire Petro-Tim et le champ de compétence couvert par cette structure ? Le texte, digne d’un communiqué du Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République, est signé par le « personnel » et non un syndicat-maison, défendant des intérêts moraux et matériels des travailleurs. Le monde est à l’envers !

On sait que, par le passé, notamment sous le régime socialiste, il existait, dans les grandes sociétés publiques, des comités d’entreprise affiliés au parti au pouvoir. Une pratique qui a perduré sous le principat de Me Abdoulaye Wade. Mais jamais ces comités n’ont franchi le Rubicond de la sorte dont s’est illustré « le personnel » de la Cdc. Même alors, prêtant allégeance au gouvernement d’Abdou Diouf, la Cnts de Madia Diop ruait dans les brancards quand l’intérêt de la patrie était en jeu, ainsi qu’en témoigne la longue grève de 1993. On parle quand même de milliers de milliards de F Cfa dans cette nouvelle Petrotimgate au retentissement médiatique planétaire !

Il nous semble qu’il est intervenu une exacerbation de cette confusion de rôles depuis 2012. A La Poste, des travailleurs de la boite, membres de l’Apr, ont un jour tenu une manifestation dans les locaux de l’entreprise pour s’ériger en bouclier de Siré Dia, dont la gestion remplissait les pages de rapports d’institutions internationales partenaires de l’Etat du Sénégal.

Au Port autonome de Dakar, Cheikh Kanté, qui se comportait plus en « Baye Fall » du chef de l’Etat qu’en directeur général, s’est rendu coupable de pratiques similaires, avec le recrutement, dépassant toute rationalité administrative, de militants.

Au port, aussi bien qu’à La Poste, on traine un déficit chronique, imputable au manque de rigueur.

Pour en revenir à la Cdc, n’est-il pas plus judicieux d’attendre que la justice fasse son travail avant de prendre faits et causes pour Aliou Sall ?

Etant donné que la Femme de César ne saurait être soupçonnée,  la Caisse des Dépôts et Consignations, qui est des bras financiers de l’Etat, doit afficher un meilleur visage pour ne pas susciter une crise de confiance et confirmer toutes ces accusations qui contribuent à ternir l’image de son directeur général.

L’excès de zèle, comme tous les autres excès, est toujours nuisible à son destinataire. Une faible de La Fontaine enseignerait que tout flatteur vit aux dépens de celui qu’il flatte.