NETTALI.COM-Le trafic de stupéfiants demeure l’une des infractions les plus jugées devant les tribunaux sénégalais entre 2017 et 2018. Selon  le magistrat Boubacar Ndiaye Fall,  il a représenté 22,3%.

 Pour d’aucuns, les infractions sexuelles dominent les rôles des tribunaux. Mais, d’après les chiffres fournis par le magistrat Boubacar Ndiaye Fall, il s’agit d’une fausse perception, car sur les 21363 affaires pénales jugées par les tribunaux sénégalaises, les infractions sexuelles ne  représentent que 565 cas, soit 2,6 %. Alors que pour le trafic de drogue, il y a eu 4755 cas, soit 22,3%.

Après le trafic de stupéfiants, il y a les homicides involontaires avec 2166 cas. Il s’ensuit l’abus de confiance avec 1946 cas, soit 9,1%. L’escroquerie arrive avec  1466 cas et 176  cas pour les meurtres, soit 0,8% des dossiers.

Le magistrat intervenait à la conférence-débat  sur le thème : « Insécurité et justice privée : Quelle lecture à l’aune de l’actualité récente au Sénégal ?», organisée ce samedi par la Ligue sénégalaise des droits humains.

Revenant sur le thème, le juge au Tribunal de grande instance de Dakar a laissé entendre qu’il y a une absence de statistiques pour évaluer l’ampleur de la justice privée. Mais le constat est que celle-ci a pris des proportions inquiétantes. “Le pire, elle aggrave l’insécurité”, se désole-t-il.

Comme solutions, Boubacar Ndiaye Fall préconise l’éducation des masses afin que les populations comprennent qu’on ne peut pas se faire justice soi-même sous peine de subir les rigueurs de la loi. Car, souligne le panéliste, la vengeance est souvent disproportionnée par rapport à l’attaque et il arrive souvent qu’un voleur soit lynché à mort à cause d’une banale histoire de téléphone portable. C’est pourquoi, le juge estime également que les lyncheurs doivent subir les foudres de la justice. ” Il faut faire des efforts dans ce sens car ils bénéficient souvent de la complicité de la foule”, conclut-il.