NETTALI.COM – La reconversion de Ismaïla Madior Fall et de Mame Mbaye Niang au Palais, les pressions prêtées à Amadou Bâ, prédisposent à croire que Macky Sall, qui avait promis « le resserrement », peine à réaliser son objectif de rationalisation. Si bien qu’on se demande si le nombre de ministres ne va pas augmenter.

A la veille de la formation du gouvernement, le président de la République a, dans plusieurs sorties, usé du champ lexical de la rationalisation pour annoncer un « resserrement » visant une meilleure efficacité de l’action gouvernementale, avec pour objectif, d’accélérer le rythme de réalisation des projets du quinquennat.

Pour dégager une forte impression, 300 conseillers, chargés de mission et assimilés, travaillant au Palais et dont les contrats étaient arrivés à terme, avaient été remerciés, si on en croit une certaine presse. La suppression de la Primature était même rangée dans ce registre.
A notre grande surprise, on se rend compte qu’en lieu et place du grand chamboulement annoncé, le nombre de ministres n’a diminué que de quatre membres, passant de 39 à 35 (si on y inclut les secrétaires d’Etat).

En outre, les lenteurs notées, préalablement à la formation de cette équipe, laissent penser que Macky Sall n’avait pas les coudées franches pour mettre en application, sans antagonisme, sa philosophie du « resserrement ». Des journaux de la place dakaroise rapportent qu’Amadou Ba, qui aurait mal digéré le saucissonnage de son fromage, a migré vers les Affaires étrangères – département prestigieux mais bien moins que les finances – après avoir exercé une pression sur le chef de l’Etat, qui voulait le maintenir au département du ministère des finances. Vrai ou faux, force est de faire remarquer que remanier n’a pas été une tâche aisée pour le président Sall.

C’est la sempiternelle image du partage du gâteau à l’africaine qui revient. Sous le président Abdoulaye Wade, on a vu des militants brûler des pneus après la défenestration de leur mentor. En septembre 2017, non-reconduit, l’ancien secrétaire d’Etat Youssou Touré s’était illustré par un comportement antirépublicain.

Les Sénégalais, très attentifs au discours sur la rupture, ont en un moment donné, crû au coup de balai quand les noms de Ismaïla Madior Fall, et de Mame Mbaye Niang n’ont pas figuré sur la liste du nouveau gouvernement. Mais avec la reconversion subite de ces deux symboles à la Présidence de la République, l’un comme ministre d’Etat, l’autre comme chef de cabinet, on se demande si d’autres pontes ne vont pas gonfler les rangs des conseillers du chef de l’Etat. Il y a eu encore et par la suite, la nomination  d’Augustin Senghor comme Directeur de cabinet.

C’est en tout cas ce qu’on a connu lors du dernier septennat. Le candidat Macky Sall, qui avait promis de former un gouvernement de 25 ministres, a, au lendemain de son accession au pouvoir, distribué les nominations à une vitesse exponentielle pour se retrouver avec, comme s’est signalé supra, 39 ministres et 300 membres de son cabinet.

En définitive, il est à craindre, qu’en perspective des prochaines élections locales, on compte dans le gouvernement d’autres personnalités de la majorité, d’autant plus qu’on a noté des messages diplomatiques au chef de l’Etat, des clins d’oeil. En effet sur beaucoup de pages facebook ou twitter, on peut lire des remerciements au Chef de l’Etat et sa disponibilité à servir l’Etat.