NETTALI.COM - À l’issue de plusieurs heures d’audition à la Section de recherches de la Gendarmerie nationale, Thierno Alassane Sall a livré de nouvelles accusations dans le dossier ASER-AEE Power. Le leader de République des Valeurs affirme que sur les 37 milliards de francs CFA engagés dans ce contrat, seuls 7 milliards auraient effectivement été utilisés au Sénégal, le reste ayant transité vers des destinations étrangères via des circuits financiers encore sous enquête.
Le président de République des Valeurs (RV), Thierno Alassane Sall, est sorti de son audition à la Section de recherches avec de nouvelles révélations sur le dossier ASER-AEE Power, une affaire qui continue d’alimenter le débat public.
L’ancien ministre de l’Énergie a indiqué avoir été entendu pendant plusieurs heures par les enquêteurs, dans le cadre de l’enquête ouverte à la suite de ses dénonciations concernant la gestion d’un contrat portant sur 37 milliards de francs CFA.
Face à la presse, le député a expliqué avoir répondu aux questions des enquêteurs durant une longue séance de travail, qu’il justifie par l’importance des éléments examinés. Il a salué « le professionnalisme » et « la capacité d’écoute » des agents de la Section de recherches, tout en soulignant la complexité du dossier. Selon lui, les documents récemment obtenus d’Espagne ont permis d’apporter de nouveaux éclairages sur les flux financiers liés à cette opération.
Thierno Alassane Sall affirme que les informations recueillies auprès de ses correspondants en Espagne révèlent qu’une faible partie des fonds aurait effectivement bénéficié aux activités prévues dans le cadre du projet. Selon ses déclarations, environ 7 milliards de francs CFA seulement auraient transité vers le Sénégal, principalement pour couvrir certaines dépenses liées à la SONA. Le reste des ressources financières aurait été transféré à l’étranger. « L’argent n’a pas été perdu pour tout le monde », a-t-il lancé, suggérant que des bénéficiaires précis auraient profité de l’opération.
Le député affirme également que les autorités espagnoles auraient signalé depuis plusieurs années des soupçons d’irrégularités concernant l’utilisation des fonds liés au contrat. Selon lui, ces alertes n’auraient pas été suivies d’effets suffisants au niveau national. Ces éléments constitueraient aujourd’hui une pièce importante du dossier examiné par les enquêteurs sénégalais.
Dans sa déclaration, Thierno Alassane Sall a également évoqué l’existence de complicités présumées au sein de l’appareil d’État. Sans citer de noms, il a accusé certaines personnalités occupant ou ayant occupé de hautes fonctions d’avoir empêché l’ouverture d’investigations internes. Le leader de RV leur reproche notamment d’avoir produit des rapports qu’il qualifie de trompeurs et d’avoir tenté de présenter l’exécution du projet sous un jour favorable malgré les difficultés constatées.
Selon l’ancien ministre, les éléments actuellement entre les mains des enquêteurs permettraient désormais d’identifier les différents circuits empruntés par les fonds.
Il estime que la Section de recherches dispose des informations nécessaires pour retracer les comptes bancaires concernés, les sociétés intermédiaires impliquées ainsi que les bénéficiaires finaux des transactions. « Les enquêteurs sont désormais en mesure de boucler rapidement leur travail », a-t-il affirmé.
Thierno Alassane Sall a enfin indiqué avoir remis de nouveaux documents aux enquêteurs au cours de son audition. Ces pièces viendraient compléter le dossier déjà constitué et pourraient contribuer à approfondir les investigations en cours. L’enquête devra désormais déterminer la réalité des faits dénoncés, établir les responsabilités éventuelles et préciser le sort exact des fonds mobilisés dans le cadre du contrat entre l’ASER et la société espagnole AEE Power.





