NETTALI.COM - Invité de l’émission Tolluwaay sur Seneweb, Alioune Tine a livré son analyse de la situation politique actuelle. Le fondateur d’Afrikajom Center estime qu’il n’existe pas de rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, mais plutôt un problème d’entente politique. Il considère toutefois que le leader de Pastef a commis une erreur stratégique en acceptant la présidence de l’Assemblée nationale, une fonction qui, selon lui, ne lui apporte aucun avantage dans sa perspective présidentielle.

Le fondateur du think tank Afrikajom Center, Alioune Tine, s’est prononcé sur les récentes évolutions de la scène politique sénégalaise, marquées par le départ d’Ousmane Sonko de la Primature et son élection à la tête de l’Assemblée nationale.

Invité de l’émission Tolluwaay sur Seneweb, l’ancien défenseur des droits humains a d’abord relativisé les tensions apparues ces dernières semaines entre les deux principales figures de l’exécutif issu de l’alternance de 2024.

« Je ne pense pas qu’il y ait un divorce entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. Je pense qu’il y a plutôt un manque d’entente », a-t-il déclaré.

Pour Alioune Tine, la principale erreur commise par le leader de Pastef réside dans son choix d’accepter la présidence de l’Assemblée nationale après son éviction de la Primature. « Si j’étais proche de lui, je ne lui aurais jamais conseillé de prendre la tête de l’hémicycle. C’est une erreur », a-t-il affirmé. Selon lui, Ousmane Sonko aurait davantage gagné à prendre du recul après son départ du gouvernement afin de se consacrer à la restructuration et à l’animation de son parti.

« Son ambition, c’est d’être président de la République. Après son départ de la Primature, il aurait dû s’écarter un peu, gérer son parti et laisser les Sénégalais le porter à la tête du pays en 2029 », estime-t-il.

Alioune Tine a également salué le travail accompli par El Malick Ndiaye à la présidence de l’Assemblée nationale avant sa démission. À ses yeux, l’ancien président de l’institution avait réussi à incarner pleinement la fonction. « Qu’on le veuille ou non, El Malick Ndiaye faisait un très bon travail. Il avait incarné ce poste et faisait ce que tout le monde attendait de lui », a-t-il soutenu. Cette appréciation renforce son analyse selon laquelle le remplacement d’El Malick Ndiaye n’était pas nécessaire sur le plan institutionnel.

Le membre de la société civile considère par ailleurs que la présidence de l’Assemblée nationale n’apporte aucun avantage politique supplémentaire à Ousmane Sonko. Selon lui, le leader de Pastef disposait déjà d’une influence déterminante sur la majorité parlementaire sans avoir besoin d’occuper officiellement le perchoir. « Les députés sont acquis à sa cause. Il n’avait même pas besoin d’être président de l’Assemblée nationale pour que les parlementaires fassent ce qu’il attend d’eux », a-t-il expliqué.

Alioune Tine estime qu’Ousmane Sonko aurait pu conserver son leadership politique sur la majorité tout en laissant El Malick Ndiaye poursuivre son mandat à la tête de l’institution. « Il aurait pu diriger l’Assemblée nationale à distance, tout en laissant El Malick Ndiaye continuer le travail qu’il abattait », a-t-il ajouté.

Pour Alioune Tine, le véritable enjeu pour le leader de Pastef demeure moins la conquête d’une fonction institutionnelle que la préparation de son avenir politique et la consolidation de son leadership au sein de son parti.