NETTALI.COM - Le Front pour la Défense de la Démocratie est monté au créneau pour contester la légalité de l’élection de Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale. Dans une déclaration particulièrement sévère, la coalition de l’opposition parle d’un « coup d’État parlementaire » orchestré par « PASTEF Les Patriotes ».

Selon les responsables du FDR, le processus ayant conduit à l’élection d’Ousmane Sonko a commencé dès le 27 juin 2025 avec la modification du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. L’opposition estime que plusieurs changements introduits à cette occasion avaient pour objectif de préparer le retour de l’ancien Premier ministre au Parlement puis son accession au perchoir. Le FDR vise notamment la réforme de l’article 56 du règlement intérieur, qu’il accuse d’avoir transformé l’Assemblée nationale en une sorte de « tribunal populaire ». Selon la coalition, ces dispositions auraient permis à la majorité parlementaire de convoquer des citoyens, d’auditionner des députés et d’exercer un contrôle direct sur certaines autorités et magistrats.

Le FDR soutient également qu’Ousmane Sonko ne pouvait plus prétendre à la qualité de député. La coalition invoque les règles relatives aux incompatibilités entre fonctions gouvernementales et mandat parlementaire, estimant que son entrée au gouvernement en 2024 avait entraîné la perte définitive de son siège.

L’opposition conteste par ailleurs la modification de l’article 124 du règlement intérieur, qu’elle considère comme un mécanisme conçu spécifiquement pour permettre le retour de Sonko à l’Assemblée nationale après son départ de la Primature. Dans son argumentaire, le FDR affirme que seule une loi organique modifiant le Code électoral pouvait légalement encadrer un tel retour au Parlement.

Selon la coalition, la majorité a privilégié une modification du règlement intérieur afin de contourner les dispositions légales existantes. Le Front pour la Défense de la Démocratie estime que les récents événements traduisent une volonté de concentration du pouvoir autour du leader de Pastef.

Selon ses responsables, les députés de la majorité auraient été motivés par la volonté d’offrir à Ousmane Sonko une immunité parlementaire au moment où plusieurs procédures et enquêtes suscitent des débats dans l’espace public.

Le FDR s’est également attaqué au discours prononcé par le nouveau président de l’Assemblée nationale lors de son installation. La coalition reproche à Ousmane Sonko d’avoir davantage parlé au nom de son parti qu’au nom de l’institution parlementaire qu’il est désormais chargé de diriger. Pour l’opposition, cette attitude constituerait une remise en cause de la neutralité attendue du président de l’Assemblée nationale et pourrait fragiliser le fonctionnement régulier des institutions républicaines.