NETTALI.COM - Le fossé continue de se creuser entre le pouvoir et l’Alliance pour la République (APR). Dans un communiqué publié mardi, l’ancien parti au pouvoir a annoncé qu’il ne participera pas aux consultations prévues du 21 au 31 du mois courant par le président Bassirou Diomaye Faye dans le cadre du Dialogue national. L’APR dit ne pas se reconnaître dans la formule choisie par le chef de l’État.

Là où les précédentes éditions du Dialogue national réunissaient partis politiques, coalitions, société civile et autres composantes de la vie nationale autour d’échanges publics, le pouvoir actuel privilégie cette fois des audiences individuelles avec certaines personnalités. Une méthode que le parti de Macky Sall considère comme une rupture avec “une tradition de dialogue républicain, transparent et inclusif” installée depuis une décennie.

Dans son communiqué, le Secrétariat exécutif national critique surtout ce qu’il perçoit comme une sélection ciblée des participants.

L’APR regrette que des acteurs politiques majeurs aient été “délibérément ignorés” et dit s’interroger sur les véritables objectifs de ces rencontres.

Le parti soulève également plusieurs interrogations sur le contenu de ces consultations : quels sujets seront réellement abordés ? Pourquoi ce timing ? Quels critères ont guidé le choix des personnes invitées ? Et surtout, quelles conclusions concrètes sont attendues à l’issue de ces échanges ?

Pour l’APR, ces consultations sont “très largement en deçà” du cadre défini par le décret de 2016 qui organise le Dialogue national et consacre le 28 mai comme journée officielle dédiée à cette concertation républicaine.

En conséquence, le parti annonce qu’il n’enverra “aucun mandataire” à ces rencontres. Cette décision risque de relancer les tensions politiques autour du Dialogue national, au moment où le président Bassirou Diomaye Faye affirme vouloir consulter plusieurs anciens Premiers ministres, exministres, notabilités et représentants des forces vives sur les grands défis économiques, sociaux et sécuritaires du pays.