NETTALI.COM - Alors que les députés ont entamé le mardi 28 avril 2026, l’examen de la proposition de loi visant à modifier le Code électoral, les débats ont rapidement tourné à la confrontation directe. L'opposition, portée par le groupe parlementaire Takku Wallu, dénonce une manœuvre législative destinée à réintégrer Ousmane Sonko dans la course électorale de 2029, au détriment des traditions de consensus qui ont longtemps régi la démocratie sénégalaise.

Dès l’ouverture de la séance plénière, Abdou Mbow, président du groupe parlementaire de l’opposition Takku Wallu, a vivement fustigé une proposition de loi qu’il juge « taillée sur mesure» par le parti Pastef au pouvoir, afin de permettre à son «guide spirituel » Ousmane Sonko de se présenter à l’élection présidentielle de 2029.

Le parlementaire a vertement interpellé la majorité en déclarant : « Vous le faites dans le mauvais sens, parce que jamais dans l'histoire politique du Sénégal, une modification du Code électoral n'a été précédée d'un dialogue et la recherche d'un consensus. Vous avez rompu tout ce que nos devanciers ont réussi en matière de processus électoral inclusif, en imposant votre majorité pour adopter ce texte, taillé sur mesure, pour permettre à votre guide spirituel (Ousmane Sonko) d'être candidat en 2029 ».

Abdou Mbow a également dirigé ses critiques vers le chef de l’État, le Président Diomaye Faye, lui reprochant de n’avoir « pas eu le courage d'assumer ses responsabilités » en ne s’opposant pas formellement à ce projet de loi.

Selon l’opposant, le silence du chef de l’exécutif est révélateur : « Il n’a pas exprimé clairement (un avis contraire). Dès lors, le Président de la République, Diomaye Faye, devient complice de cette forfaiture électorale ». Il a par ailleurs affirmé que le duo au sommet de l’État « est en train de détricoter» les fondements économiques et les acquis démocratiques du pays.

Cette initiative législative portée par le Pastef se concentre principalement sur la refonte des articles L.29 et L.30 du Code électoral. Le projet suggère de restreindre les motifs d'inéligibilité à une liste limitative de délits graves, tels que le blanchiment de capitaux, le détournement de deniers publics ou la corruption.

Au cœur des débats, la modification du controversé article L.30 vise à supprimer la disposition qui écarte actuellement de la compétition électorale tout citoyen condamné à une amende excédant 200 000 FCFA.