NETTALI.COM- Lors de l'examen ce mardi 28 avril 2026 de la proposition de loi n°11/2026 modifiant les articles L29 et L30 du Code électoral, le député non-inscrit Tafsir Thioye a interpellé le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, afin d’obtenir l’ajournement des débats et le report de l’examen du texte. Cette requête a toutefois fait l'objet d'une fin de non-recevoir de la part de l'institution.
S'appuyant sur les dispositions de l'article 83 du règlement intérieur, Tafsir Thioye a soutenu qu'il était impossible de délibérer en l'état. « J’ai demandé à prendre la parole conformément aux dispositions de l'article 83 pour demander à ce qu'on n'ait pas la possibilité de délibérer aujourd'hui (…) Parce que la procédure a été biaisée. Et une procédure biaisée annule cette procédure », a-t-il martelé devant ses collègues. Selon ses explications, les conditions strictes régissant l'engagement de la procédure d'urgence n'auraient pas été respectées.
Tafsir Thioye a rappelé que celle-ci ne peut être activée que par le Président de la République ou par un groupe de députés représentant au moins le dixième des membres de l’Assemblée.
Il a ainsi précisé que, dans cette seconde hypothèse, la demande doit être immédiatement soumise au vote et que l’Assemblée doit ensuite fixer sans délai le calendrier des travaux. Estimant que ces formalités ont été ignorées, il a conclu : « Dès lors, il y a une violation manifeste de notre règlement intérieur. C’est pourquoi je demande formellement l’ajournement du débat et le report de l’examen de ce texte ».
En réponse, le président de la Commission des lois et député de Pastef, Me Abdoulaye Tall, a opposé un démenti catégorique à ces griefs. Il a affirmé que le règlement intérieur a été « scrupuleusement observé » à chaque étape, tant par le bureau que par la commission et les députés à l'origine de l'initiative. Pour lui, les réserves de l'opposition s'apparentent davantage à une manœuvre dilatoire qu'à un réel contentieux juridique.
Me Tall a conclu en soulignant que cette proposition de loi demeure « une affaire ordinaire comme toutes les autres affaires qui ont l'habitude à être examinées ». Suite au rejet de l'exception soulevée par Tafsir Thioye, les parlementaires ont entamé les débats de fond en séance plénière.






