NETTALI.COM - Suite à son renvoi par l’Assemblée nationale, devant la Haute cour de justice, Me Moussa Bocar Thiam contre- attaque. L’avocat et ancien ministre de la Communication informe avoir saisi le Bâtonnier de l’Ordre des avocats pour décerner un veto aux poursuites annoncées contre lui.

L’ancien ministre et avocat à la cour, Moussa Bocar Thiam, a officiellement saisi le Bâtonnier de l’Ordre des avocats ce mardi 3 mars 2026. Par cette démarche, il demande l’exercice d’un droit de veto contre les poursuites engagées à son encontre, invoquant des violations graves de la Constitution et des procédures parlementaires. Cette saisine repose sur le privilège de juridiction et les protections spécifiques liées à la profession d’avocat, stipulant qu'aucun membre du barreau ne peut être arrêté ou détenu sans une consultation préalable de son bâtonnier.

L'argumentaire de l'ancien ministre repose d'abord sur une absence manifeste de base légale au sein de l’Assemblée nationale. Selon lui, le Règlement intérieur actuel de l'institution est devenu inapte à régir une mise en accusation devant la Haute Cour de Justice. Il rappelle que le Conseil Constitutionnel, dans sa décision du 24 juillet 2025, avait censuré les dispositions relatives à cette juridiction d'exception. En réaction, les députés auraient choisi de supprimer purement et simplement ces articles plutôt que de les corriger, créant ainsi un vide juridique qui rendrait toute procédure de renvoi irrégulière et abusive.

Au-delà des textes, Moussa Bocar Thiam pointe une irrégularité flagrante lors des débats à l'hémicycle. Il invoque l'article 18 de la loi organique sur la Haute Cour de Justice qui interdit aux députés siégeant dans ladite cour de participer aux débats ou aux votes concernant une mise en accusation. Or, il affirme que cette règle a été bafouée, citant notamment la participation active du député Abdou Mbow aux discussions. Pour l'avocat, cette présence illégale vicie la délibération de l'Assemblée nationale et rend la décision de poursuite caduque au regard de la loi.

Enfin, sur le fond des accusations de détournement de deniers publics, l’ancien ministre dénonce des allégations sans fondement matériel. Il souligne qu’aucun audit des corps de contrôle ne remet en cause sa gestion ministérielle entre septembre 2022 et avril 2024. Il précise également que les fonds liés au projet Sénégal Connect Park, au cœur de la controverse, ne sont pas des fonds publics issus du Trésor et ne figuraient sur aucune ligne budgétaire de son département. En rappelant que le ministre n'est pas ordonnateur des dépenses dans les structures autonomes, Moussa Bocar Thiam exhorte le Bâtonnier à émettre un avis défavorable pour stopper une procédure qu'il qualifie de purement politique.