NETTALI.COM - Depuis que le Burundi a officiellement décidé, pour le compte de l’Union africaine, de porter la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU, le débat change de nature. Il ne s’agit plus seulement d’un homme, ni même d’un ancien président. Il s’agit désormais d’un enjeu d’État et de positionnement diplomatique pour le Sénégal.
Si les autorités du Sénégal estimaient que Macky Sall ne devait pas briguer cette fonction au regard de son bilan ou de considérations politiques internes, l’action devait intervenir en amont : discussions discrètes, démarches diplomatiques, mobilisation au sein de l’Union africaine, concertations avec les partenaires internationaux. En diplomatie, ce qui n’est pas anticipé est souvent subi.
Aujourd’hui, la candidature est déposée. La question devient donc stratégique : le Sénégal peut-il se permettre de rester spectateur d’un processus qui engage son image et son influence ?
Qu’on l’apprécie ou pas, Macky Sall demeure un ancien chef de l’État sénégalais. Sa nomination éventuelle sans implication active de Dakar, pourrait être interprétée comme un signal de désengagement ou de déclassement diplomatique du pouvoir actuel puisque dans les relations internationales, les symboles comptent autant que les décisions.
À l’inverse, soutenir ouvertement cette candidature, soulève d’autres enjeux. Un tel appui pourrait être perçu, sur le plan intérieur comme une forme de réhabilitation politique ou de normalisation d’un héritage contesté. S’y opposer frontalement exposerait, quant à lui, les divisions internes du pays sur la scène internationale.
Le dilemme est réel : entre cohérence politique interne et continuité diplomatique, la marge de manœuvre reste étroite.
D’autant que la désignation des hauts responsables des Nations unies dépasse largement les considérations nationales. Elle se joue dans les équilibres du Conseil de sécurité, dans les rapports de force géopolitiques et dans les dynamiques africaines au sein des instances internationales. Dans ce contexte, l’absence de stratégie claire pourrait réduire la capacité d’influence du Sénégal.
Une question qui dépasse donc au fond, la personne de Macky Sall. Elle renvoie à la capacité du Sénégal à défendre ses intérêts, préserver son rang diplomatique et projeter une image cohérente de sa politique extérieure.
Entre morale politique et réalisme d’État, le choix n’est jamais simple. Mais une constante demeure : en diplomatie, la neutralité passive est rarement une stratégie durable. Anticiper, peser et protéger les intérêts supérieurs du pays, reste l’exigence fondamentale.
Le reste relève du calcul stratégique.






