NETTALI.COM- Le Premier ministre a profité du Conseil des ministres de ce mercredi 4 mars 2026 pour tracer les contours d'une transformation profonde du secteur primaire, tout en posant les jalons d'un bouclier économique national. Entre l'ambition de souveraineté alimentaire, la lutte urgente contre le gaspillage des récoltes, le gouvernement sénégalais engage une course contre la montre pour l'horizon 2050.
Lors du Conseil ministres de ce mercredi 4 mars 2026, le Premier ministre a d’abord dressé un bilan positif, bien qu’exigeant, des dernières campagnes agricoles. Malgré les défis persistants, les exercices 2024/2025 et 2025/2026 ont bénéficié d'un soutien financier sans précédent, avec des enveloppes de subventions atteignant respectivement 120 et 130 milliards FCFA. Selon le chef du gouvernement, ces résultats satisfaisants reposent sur une gestion rénovée des intrants et une digitalisation accrue, mais surtout sur une volonté politique de faire de l'agriculture le moteur de la croissance.
Un nouveau référentiel pour la souveraineté alimentaire
C’est dans cette dynamique que s’inscrit la nécessité de reformuler une nouvelle politique agricole et agro-industrielle. Selon le communiqué, ce futur référentiel, en parfaite adéquation avec la loi d’orientation agrosylvopastorale, doit devenir la boussole de l'Agenda national de Transformation, « Sénégal 2050 ».
Par rapport aux attentes de l’exécutif, Ousmane Sonko a déclaré avoir demandé aux ministres concernés de lui soumettre, d’ici le 30 avril 2026, un document finalisé « axé sur la modernisation agricole, le développement durable et la souveraineté alimentaire ». Cette stratégie devra impérativement intégrer une note d’orientation sur les réformes nécessaires pour accélérer la mutation des systèmes agroalimentaires nationaux.
La lutte contre les pertes post-récoltes comme levier stratégique
Un autre chantier prioritaire concerne la sécurisation de la production, notamment pour les filières oignon et pomme de terre, où le manque d'infrastructures de stockage plombe littéralement les efforts des producteurs. Le Premier Ministre a exprimé son regret face à des pertes post-récoltes qu'il juge inacceptables, soulignant qu’elles « oscillent entre 30 et 40 % » de la production totale. Pour remédier à cette faille de l’écosystème, il a instruit le ministre du Commerce de présenter une stratégie globale d’absorption des besoins de stockage répartie sur les huit pôles territoires du pays.






