NETTALI.COM - L'Alliance pour la République a passé au crible le dernier exercice du Premier ministre à l'Assemblée nationale. À travers un communiqué, l'APR relève “d’innombrables faiblesses dans la prestation du Chef du gouvernement”.

Le Secrétariat Exécutif National de l’Alliance pour la République (APR) ne s'est pas fait prier. De bon coeur, il est revenu sur la dernière question d'actualité à laquelle s'est livré le chef du gouvernement. D'abord sur le sujet qui occupe le devant de la scène, l'homosexualité, Abdou Mbow et Cie ont rappelé “la position constante et courageuse de l'ancien Chef de l'État, Macky Sall. Devant les plus grandes puissances du monde, y compris face au Président Barack Obama, et sur les plateaux de télévision internationaux comme France 2.

Ils estiment que le Président Macky Sall a toujours tenu un “discours de fermeté et de dignité.” Mieux encore, selon cette frange de l'opposition, M. Sall a toujours mis en garde les diplomates sénégalais accrédités en Occident et ailleurs dans le monde contre toute “signature de documents ou tout engagement international qui pourrait compromettre les valeurs fondamentales de notre société.”

À travers leur communiqué, les apéristes soulignent que la position ferme de l'ancien président de la République contraste avec celle du Premier ministre Ousmane Sonko “qui passe d’une promesse de criminalisation au durcissement de la loi pénalisant l’homosexualité.

Poussant l'accusation plus loin, Seydou Guèye et ses camarades affirment que “la loi en question n’est ni plus ni moins qu’une protection déguisée des personnes LGBTQ.” La missive ajoute : “Ce projet de loi, dans sa rédaction actuelle, offre une forme de protection et de couverture légale à des pratiques que nous réprouvons.

Gestion des documents confidentiels : Aucune leçon à recevoir

Sur la question de la confidentialité, l'APR a émis le commentaire suivant : “Le Premier ministre a également menacé de poursuivre quiconque publierait les bulletins de santé des homosexuels faisant l’objet d’enquête pour transmission volontaire du VIH. Cette posture est non seulement une atteinte à la liberté de la presse, mais aussi une entrave à la transparence, d’autant qu’elle touche à la santé publique.

Les lieutenants de Macky Sall estiment que le patron du Pastef est mal placé pour évoquer un sujet pareil. “En matière de documents classés confidentiels et de respect des procédures, Ousmane Sonko n'a aucune leçon à donner. Nous lui rappelons que la gestion d’un document sensible relève de l'éthique républicaine. Peu importe la nature du document en question.

Supporters détenus au Maroc

Dans le communiqué, on constate nettement que le dernier passage d’Ousmane Sonko devant la représentation nationale n’a manifestement pas convaincu l’opposition. Pour l’APR, les déclarations du Premier ministre agissent comme un révélateur des carences d'une gouvernance qui substitue l’esbroufe à l’action d’État. Le dossier des dixhuit supporters sénégalais détenus au Maroc est cité comme le premier symbole de cette impuissance.

En déclarant que le Sénégal ne peut pas “forcer le Maroc” à libérer nos compatriotes, le Premier ministre a, selon l'opposition, “reconnu son impuissance et l'inefficacité de notre diplomatie.” L’APR fustige ce manque de cohérence : “Comment peut-il manquer de respect à nos institutions judiciaires nationales et espérer ensuite obtenir le moindre respect de la part des juges du Royaume chérifien ?

Le mirage des chiffres face à la détresse paysanne

Sur le front économique, le contraste est tout aussi frappant entre le discours officiel et la réalité du terrain. Si le gouvernement s’enorgueillit de chiffres de collecte records pour l’arachide, l’APR dénonce une tentative de “se retrancher derrière des chiffres pour masquer une sombre réalité.

Dans le bassin arachidier, la situation serait critique. Le parti interpelle directement le chef du gouvernement sur le sort des “milliers de cultivateurs qui stockent leur production chez eux, faute de points de collecte disponibles.” L’opposition s'insurge contre l'usage du terme “couacs” par le gouvernement “quand il s'agit de la survie de nos populations rurales” et exige un plan d’urgence immédiat pour l’écoulement des récoltes.

L'université et l'école, l'autre front

L'APR souligne que le climat social est également assombri par la crise universitaire et le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba. Si Ousmane Sonko a déclaré assumer la responsabilité du gouvernement, sa méthode suscite l’indignation. Le projet de créer un commissariat au coeur du campus est perçu comme une “dangereuse provocation,” l'APR rappelant fermement que “l'université doit être un lieu de savoir, pas une caserne.

Ensuite, le parti politique condamne la détermination du Premier ministre à privilégier la force au dialogue. En affirmant n’avoir eu aucun regret en ordonnant à la police de franchir les limites du campus et en lançant un glacial “Si c’était à refaire, je le referais,” Ousmane Sonko ferait preuve, selon ses détracteurs, d'une “irresponsabilité accablante.

In fine, l'Alliance pour la République estime que cette tension se propage jusqu'au corps enseignant, qui se sent aujourd'hui trahi. Alors que des engagements avaient été pris pour corriger le système de rémunération, les enseignants font face à des “ponctions sévères sur leurs salaires, allant jusqu'à deux cent mille francs CFA.” “Comment peut-on promettre et trahir de la sorte ?”, s'interroge l'APR, qui se range aux côtés des syndicats.

En conclusion, le parti de Macky Sall dresse le portrait d'un Premier ministre qui “gouverne par l'esbroufe, la menace et la division,” appelant les forces vives à se mobiliser pour défendre “un Sénégal de justice et de liberté.