NETTALI.COM - Le député Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, a comparu devant la commission ad hoc de l’Assemblée nationale chargée d’examiner la demande de levée de son immunité parlementaire. À l’issue d’échanges marqués par des tensions et des débats juridiques nourris, la commission a voté majoritairement en faveur de la procédure.
L’Assemblée nationale a franchi une nouvelle étape dans le dossier politico-judiciaire impliquant le député Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom.
Selon nos informations, l’élu a été extrait de sa cellule pour comparaître physiquement devant la commission ad hoc chargée d’examiner la demande de levée de son immunité parlementaire.
L’audition, très attendue, s’est déroulée dans une atmosphère jugée lourde et solennelle, marquée par des échanges parfois tendus entre les parties.
Le maire des Agnam (Matam), également responsable de l’Alliance pour la République (APR) au Fouta, s’est présenté en personne devant les onze députés membres de la commission, comme il l’avait demandé. Arrivé avant l’ouverture de la séance, vêtu d’un boubou blanc et escorté par des agents de sécurité, il aurait affiché une attitude calme et déterminée.
L’audition s’est tenue dans la salle Marie Joséphine Diallo sous la conduite du rapporteur Youngar Dione, qui a été le seul à interroger le député.
Au centre des échanges figuraient notamment l’introduction présumée de téléphones dans sa cellule et leur contenu. Selon le quotidien, Farba Ngom a soutenu que la loi sanctionne l’introduction d’objets prohibés et non leur réception, affirmant qu’il n’avait pas quitté sa cellule. Il a également déclaré être resté plusieurs jours sans accès à son téléphone.
La ligne de défense du député a été appuyée par son avocate, Me Aïssata Tall Sall, également présidente du groupe parlementaire Takku Wallu (opposition). Celle-ci a dénoncé une procédure qu’elle juge « illégale et infondée », demandant son annulation pure et simple.
Les débats ont donné lieu à des arguments et contre-arguments nourris. Un membre du groupe majoritaire aurait même exprimé des réserves sur la régularité de la procédure, évoquant une possible violation.
Avant le vote final, le président du groupe majoritaire, Ayib Daffé, a sollicité une suspension de séance afin de consulter les membres de son camp.
À l’issue des délibérations, la commission ad hoc s’est prononcée en faveur de la levée de l’immunité parlementaire du député :
- 8 voix pour,
- 2 voix contre,
- 1 abstention.
Cette abstention, attribuée à un député de la majorité selon le journal, révèle des divergences internes autour de la gestion de ce dossier sensible.
Placée sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025, Farba Ngom est poursuivi pour des faits présumés d’association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux et d’escroquerie portant sur des deniers publics.
L’adoption de la procédure en commission constitue une étape importante, mais le processus doit encore suivre les prochaines étapes institutionnelles. Cette évolution intervient dans un climat politique déjà marqué par de fortes tensions autour des dossiers de reddition des comptes.






